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Histoires vécues

Cette rubrique se veut être une base de connaissance des histoires de nos championnes et champions, des témoignages de rameuses et de rameurs qui nous disent eux-mêmes, non pas ce qu'ils o­nt gagné ou perdu, mais ce qu'ils o­nt vécu, comment ils o­nt mené de front entraînements et études, entraînements et travail, et puis ce qu'ils o­nt réussi à devenir ensuite... Note : Vous pouvez nous communiquer vos témoignages en 2 ou 3 pages par mail adressé à : contact@rameurs-tricolores.fr
 

Les histoires vécues

La triplette du renouveau en 1961

publié le 9 janv. 2019 à 06:36 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 13 janv. 2019 à 00:59 ]

« Je vous parlerais d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître »

En ce temps-là, les bateaux étaient de bois, les leviers des avirons ne se réglaient pas encore, et l’empirisme présidait aux programmes d’entraînement. 
Les championnats du monde n’existaient pas et les finales des championnats d’Europe n’avaient que 5 lignes d’eau. Il faut noter que les championnats d’Europe accueillaient les USA, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Union soviétique.
L’aviron international subissait la domination d’un entraîneur « prophète » Karl Adam de Ratzbourg.

La situation de l’aviron français, dans la fin des années 50, n’était pas brillante et elle se termina par « l’annus horribilis » de 1959, où les Championnats d’Europe se déroulaient à Mâcon et dont les résultats pour les équipes de France furent catastrophiques. 
Les équipes de France étaient constituées sur des bases de bateaux de clubs et les stages se limitaient à 2 à 3 semaines avant le championnat. L’objectif espéré des équipages français, à cette époque, était seulement d’entrer en finale.

Il faut dire que notre sport ne faisait pas exception et tous les sports français étaient en difficulté, à tel point qu’aux JO de Rome en 1960 la France reviendra avec seulement 5 médailles tous sports confondus (2 d’argent et 3 de bronze). En 2016, la France en a obtenu 42 !!

Devant cette situation le Général de Gaulle, lui même, déclencha un grand programme pour redresser le sport français. Le dessinateur Faizant afficha en première page du Figaro le dessin célèbre, résumant la situation en montrant le général De Gaulle, en survêtement, prêt pour conquérir les podiums.
Le général De Gaulle fit appel à un Délégué Général du sport français, un militaire le Colonel Marceau Crespin. Il n’y avait pas de Ministre des sports, le premier fut Maurice Herzog mais seulement en 1963.

À la fin 1959, la FFSA, sous l’instigation de son Président Christian Querre, constitua la « triplette » Pierre Sauvestre, Jean Tarcher et Ernest Cherrier.
C’est à partir de cette période que les équipes de France furent construites par des individualités, de clubs différents.
Dès les Jeux de Rome, les effets se firent sentir puisque parmi les 2 médailles françaises d’argent figuraient Michel Jazy et notre quatre barré (Guy Nosbaum, Claude Martin, Robert Dumontois et Jacques Morel, barreur Klein). Le 8+ et le double scull Duhamel - Monnereau finissaient à la 4 ème place.
En une seule saison, le redressement était engagé.

Devant ce succès, M. Crespin officialisa à la Direction de l’Equipe de France un homme à poigne : Pierre Sauvestre. Il le fit pour montrer aux autres sports français qu’avec un patron on pouvait se redresser rapidement. 
Pierre Sauvestre compléta sa triplette avec Jean Tarcher et Ernest Cherrier.
L’objectif des équipages devint le podium.
En 1962 lors des premiers Championnats du monde de l’histoire qui se déroulaient à Lucerne, l’aviron français se plaça au niveau de 3 ème nation au classement derrière l’Allemagne et l’URSS.
o Médaille d’or Duhamel Monnereau 
o 2 médailles d’argent le 4+ et 4- 
o Le 8+, médaille de bronze, encore, à ce jour le seul 8+ français qui soit monté sur le podium des Championnats du monde. 
Le huit était constitué de rameurs de 6 clubs différents, le 4+ médaille d’argent l’était de 4 clubs et le 4- médaille d’argent de 2 clubs différents.

La triplette était construite de 3 personnalités très originales et très complémentaires. S’enrichir de ses différences est générateur de cohésion solide. Il y avait le patron, Pierre Sauvestre la force du verbe, Jean Tarcher la force tranquille et Ernest Cherrier la force par la programmation.

Entraineurs équipes de France 1964 :1) Ernest CHERRIER 2) Georges DEMAISON (représentant FFSA) 3) Jean TARCHER 4) Pierre SAUVESTRE
Pierre Sauvestre
est issu du CN Vichy au sein duquel il conquit, en 1937, son premier titre de champion de France avec Alphonse Bouton en 2 +. Il poursuivit sa carrière de rameur à la SN Basse Seine, il obtint 13 titres de champion de France et il fut membre de l’équipe de France au sein du 8+ aux JO de Londres en 1948.
Il prolongea sa passion pour l’aviron, en devenant l’entraîneur de la SNBS et il fit, de ce club, la référence du 8+.
Ce fut la cause pour laquelle on lui confia la Direction de l’Equipe de France.
Il était bénévole, car il était professionnellement représentant en produits de beauté féminins dans toute la France. Lors des stages préparatoires aux grands championnats qui se déroulaient à la SN Marne, on attendait l’arrivée de Pierre, qui, à bord de sa voiture grand sport, sillonnait la France, mais il faisait en sorte d’être à l’heure le soir, pour assumer sa mission d’entraîneur. Les contrôles radar n’existaient pas encore sur le réseau routier.
Au-delà de sa superbe carrière au sein de notre sport, c’est le personnage qu’il faut admirer.
Il faut avoir assisté à l’ultime séance de motivation d’une équipe juste avant la montée en bateau pour se rendre au départ. Pierre, souvent cigare à la bouche, se lançait dans des invectives qui ouvraient la porte à toutes les possibilités. Le trac et les inquiétudes de chacun se transformaient en une envie irrésistible de vaincre.

Jean Tarcher : la force tranquille, il avait une très belle carrière sportive au CN Paris et avait été membre du 8+ français vainqueur aux Championnats d’Europe de 1931 qui se tenaient sur la Seine à Courbevoie.
C’était le technicien du coup d’aviron, il pouvait suivre une équipe pendant de longues sorties et sans jamais s’exprimer. Par contre au retour, dans le vestiaire, il faisait un compte-rendu technique remarquable, en dégageant tous les coups d’aviron mal appliqués. Il avait un sens inné de la constitution des équipages.
Ces qualités, sur sa fin de carrière, il les mis au profit de l’aviron espagnol à Bañolas, période au cours de laquelle l’équipe d’Espagne a brillé sur les bassins internationaux.

Ernest Cherrier : la force de la programmation, il n’a jamais ramé, il était enseignant de culture physique. Il s’est intéressé à l’aviron avec Nosbaum Martin qu’il mena au plus haut niveau. Il était particulièrement efficace pour mettre au point des programmes d’entraînement, et il faut reconnaître que, pour l’époque, il réussissait à amener ses équipages au meilleur niveau le jour J. Il conservait des datas sur tous les rameurs, ayant un potentiel.
Le personnage était cocasse, tenue vestimentaire rustique, casquette et short, un vélo qui n’avait jamais du être neuf et un organe vocal d’une puissance telle qu’il pouvait couvrir tout un bassin de course d’aviron.

En fait si on considère les caractéristiques de ces 3 personnages, on pourrait en faire la définition d’un coach idéal.
Le miracle se trouve dans le fonctionnement de cette triplette constituée de 3 forts egos qui se sont soumis au collectif. Ils concrétisaient l’oxymore suivant « l’ego collectif ».

L'aviron français d'après la guerre jusqu'à la fin du 20ième siècle connut 3 « grandes périodes » qui ont toutes pour point commun la présence d'un patron à la tête des équipes de France :
- M. Jean Cottez :1952 Jeux Olympiques d’Helsinski (une en or, Salles Mercier barreur B Malivoire) une en argent (Pierre Blondiaux, Jacques Guissart, Marc Bouissou, Roger Gautier).
M. Pierre Sauvestre et sa triplette : 1962 Championnats du monde à Lucerne (4 médailles).
- M. Eberhard Mund :1993 Championnats du monde à Roudnice en Tchéquie (3 médailles d’or en moins de 2 heures dont le 2- féminin Hélène Cortin et Christine Gossé, première médaille d’or mondiale féminine pour l'aviron français.
M. Mund permit l’éclosion d’une période fructueuse pour les équipes de France, affirmée jusqu’aux JO de Sydney de l’an 2000 (2 médailles d’or : Jean-Christophe Rolland Michel Andrieux en 2- et le 4- poids légers Laurent Porchier, Jean-Christophe Bette, Yves Hocdé et Xavier Dorfman et une médaille de bronze pour le 2XPL Pascal Touron et Frédéric Dufour).

La triplette de Pierre Sauvestre a permis à l’aviron français d’entrer dans le concert de l’aviron international moderne et il faut reconnaître la qualité des athlètes de cette période.

Les feux du 20ème siècle se sont éteints et une nouvelle ère ouvrait le 21ème siècle, mais la règle qui restera, immuable, pour notre sport collectif constitué d’individualités, sera : « Au chef il faut des hommes et aux hommes il faut un chef ».

Daniel Forget

Photos : 
  • Dessin Michel Faizant
  • Ernest Cherrier, Georges Demaison (FFSA, Jean Tarcher et Pierre Sauvestre)


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Interview de Jean-Christophe Bette 20 après Cologne 1998

publié le 19 déc. 2018 à 02:16 par AIA Rameurs-Tricolores

https://sites.google.com/site/rameurstricolores/home/Actus/_draft_post/En%201998%20a%CC%80%20Cologne-En%20treck%202.JPG
Avec sa médaille d'or olympique, ses 6 titres de champion du monde, un titre de champion d'Europe, 5 médailles d'argent et 2 de bronze, le palmarès impressionnant de Jean-Christophe Bette le place aujourd'hui à la 3ième place en nombre de médailles de l'histoire de l'aviron français derrière Jérémie Azou et Gaston Delaplane. Il se raconte 20 ans après son premier titre de champion du monde.

En 1998 à Cologne (Allemagne) vous avez remporté avec panache le titre de champion du monde en 2-PL. Aujourd'hui, que signifie pour vous ce titre mondial ?

Encore aujourd’hui je garde un souvenir impérissable de ce moment. Moment qui a été tout aussi mémorable pour de nombreuses personnes qui me sont chères et qui étaient présentes ce jour comme bien sûr mes parents mais aussi tous les fidèles du club de Compiègne.
Cela restera un titre à part pour moi car tout simplement c’est le premier.

On ne peut pas dire que l’on s’y attendait avec Vincent même si au fil des courses de ces championnats, on effaçait petit à petit nos complexes vis-à-vis de nos ainés et on se sentait capable d’aller chercher cette première place.

Plus personnellement, cette médaille m’a fait prendre conscience que beaucoup de choses étaient possibles et en particulier pour les Jeux Olympiques. Cela a été pour moi l’un des socles de ma confiance qui m’a suivie pendant de longues années après.

Quand avez-vous rangé vos avirons tricolores ?

J’ai commencé l’aviron en 1989 à Compiègne où je suis toujours licencié (même si je ne rame plus). J’ai été champion de France pour la première fois en 1993 en 4+ cadet, à l’époque c’était de jeunes seniors du club tel que Bertrand VECTEN qui nous conduisaient aux régates…

J'ai ensuite pu participer et gagner la Coupe de la Jeunesse à 2 reprises sans réussir à intégrer le groupe A chez les juniors.

1998-Championnats du Monde - Vincent Montabonel et Jean-Christophe Bette champions du monde 2_SHPL.
En 1996 j’ai choisi de rejoindre le pôle France de Lyon et c’est à ce moment que je fis connaissance avec Vincent et que notre paire s’est construite.
Nous participons ensemble aux Championnats du Monde -23 en 4-PL à 3 reprises en terminant une fois 2ème et deux fois 1er avant notre 1ère participation aux championnats du Monde en 1998 avec le succès que l’on connait.
En 1999 la saison s’annonce compliquée, Vincent est écarté du groupe et je suis appairé à Jean-Baptiste DUPY pour les Championnats du Monde en 2-PL où nous finissons 4ème.

Pour la suite, la blessure en cours de saison de Jean-David BERNARD me donnera l’opportunité de prouver ma valeur au sein du 4-PL pour le JO et de remporter le titre Olympique.
Sur la lancée, je termine 3ème en 4-PL et 1er en 8PL aux championnats du Monde 2001.
2002 et 2003 seront des années compliquées avec une non-qualification pour les JO de 2004.
Puis 2005 et la construction d’un nouveau 4-PL performant avec lequel je gagnerai un titre de champion du Monde et 2 de vice-champion avant de terminer 4ème aux JO de 2008.
Pour terminer, retour au 2-PL avec Fabien TILLIET où nous remportons deux titres de champion du Monde et une 3ème place.
En 2012 je décide de raccrocher les pelles et je ne suis jamais remonté en bateau depuis.

C’était une décision mûrement réfléchie et assumée car j’avais envie de passer à autre chose.

Quels conseils donneriez-vous aux rameurs venant de remporter un grand succès international ?

Jusqu’à présent, notre sport a su construire des hommes (dans le sens large du terme) avec une tête bien faite et représentant des valeurs pleines d’humanisme. Je n’ai pas de conseil particulier à donner à part peut-être celui d’en profiter et de le partager.

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Quand avez-vous pensé à votre après-carrière sportive et comment l’avez-vous organisée ? 

J’y avais pensé un peu lors de la reprise de la saison après les JO de 2008, mais n’étant pas encore prêt à arrêter, j’avais tout projeté pour un arrêt en 2012 quoi qu’il se passe.

Côté professionnel je n’avais pas trop de souci à me faire car j’occupais déjà un poste chez EDF que je devais prendre à plein temps et côté sportif, j’avais pleins de projets que me tenaient à cœur et que je n’avais pas eu le temps de réaliser pour mon autre passion, la montagne.
J’ai donc tout organisé pour me rapprocher des montagnes ce que j’ai pu faire dès 2015.

Ramez-vous toujours ? Si non, pratiquez-vous un autre sport ?

Non, comme je l’ai dit précédemment, je ne suis pas remonté dans un bateau depuis 2012 et cela ne me manque pas.
Je pratique, en plus du vélo, tout sport de montagne comme le trail running, le ski de fond et plus assidûment le ski-alpinisme.

Êtes-vous investi dans votre club ?

Non, principalement par le fait que j’habite loin de mon club.

Et aujourd'hui, que faites-vous de la vie ? (métier, famille, sport...). L'aviron a-t-il influencé votre orientation professionnelle ?

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Ma vie s’articule toujours autour de la pratique du sport qui est quotidienne. De préférence en extérieur et en montagne. J’ai choisi à l’époque d’intégrer l’entreprise EDF car cela me permettait de continuer le sport et d’avoir un métier, aujourd’hui ce choix me permet en plus d’avoir un métier qui me plait, en lien lui aussi avec la montagne et l’eau (je travaille au Groupement de Maintenance Hydraulique Alpes).

Pensez vous que la pratique de l’aviron a développé chez vous des qualités, des compétences ou des comportements particuliers qui seraient indispensables à la réussite ? Quels seraient-ils et comment vous en êtes vous servi après, dans votre vie professionnelle ?

La pratique de l’aviron m’a construit c’est certain, d’une part par la confiance en moi que cela m’a permis d’acquérir mais aussi par l’appréhension du relationnel humain qui me sert dans la vie de tous les jours et au travail aussi.

Mener de front haut niveau sportif et formation est souvent difficile en aviron. Quels sont les 2 ou 3 conseils que vous donneriez aux jeunes rameurs et rameuses qui, comme vous, ont choisi cette voie ? 

Je dirai que le plus difficile c’est de trouver sa voie, de savoir pourquoi on fait tout cela et pourquoi en s’investit autant. Une fois que l’on a répondu à ces questions, on peut tout faire !
  
Racontez une anecdote, une histoire, un entraînement, une course, un fait qui vous a marqué.

Une chose qui ne se fait plus maintenant d’après ce que j’en sais, et qui m’avait bien plu à l’époque : le bizutage par les rameurs PL pointe du groupe A.
Nous étions regroupés ensemble sur le même lieu de stage à Temple sur Lot et les rameurs du groupe A qui étaient au même nombre que nous les B nous avaient concoctés un programme sympa. Chacun avait un parrain pour la soirée et après un quiz-apéro c’était direction resto en ferme-auberge. Certains comme moi n’ont pas tenu jusqu’au plat principal… Je garde vraiment un très bon souvenir de cette soirée, qui malgré ce que l’on peut en penser, a permis de casser certaines frontières entre le groupe A et B et su créer une belle émulation chez les PL par la suite.

Palmarès international de Jean-Christophe Bette
  •  1998 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     1ier
    4-SHPL-Champion Olympique Xavier Dorfman, Yves Hocdé, Jean-Christophe Bette, Laurent Porchier Entraîneur : Bruno Boucher.
  •  1999 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     4ième
  •  2000 Jeux Olympiques SHPL 4-                          1ier
  •  2001 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     3ième
  •  2001 Championnat du Monde seniors SHPL 8+    1ier
  •  2002 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     6ième
  •  2003 Championnat du Monde seniors SHPL 4-   14ième
  •  2004 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     5ième
  •  2005 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     1ier
  •  2006 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     2ième
  •  2007 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     2ième
  •  2008 Jeux Olympiques SHPL 4-                          4ième
  •  2009 Championnat d'Europe seniors SHPL 4-       1ier
  •  2009 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     1ier
  •  2010 Championnat d'Europe seniors SHPL 2-       1ier
  •  2010 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     1ier
  •  2011 Championnat du Monde seniors SHPL 8+    4ième
  •  2012 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     3ième
(Propos recueillis par Bertrand Vecten)

L'aviron est un beau sport. Merci de l’avoir recommandé.

publié le 9 oct. 2018 à 01:18 par AIA Rameurs-Tricolores

Retrouvailles entre Bertrand Vecten et Bernard Saillant.(voir article "L'aviron est un beau sport. Merci de l’avoir recommandé." sur notre site.
Vendredi dernier (5/10/18), j’ai eu le bonheur de rencontrer avec un grand monsieur du sport français. Il n’a pas eu une carrière de champion, ni d’entraîneur ni même de dirigeant, il n’en demeure pas moins une célébrité du sport tricolore. En effet, ce médecin du sport a soigné de nombreux sportifs français et étrangers au cours de ces 30 dernières années. Mais Laissez-moi vous raconter mon histoire.

J’avais 10-11 ans et je me plaignais de mon genou. Le médecin de famille qui me dirige vers un spécialiste à Paris. Une fois le rendez-vous pris, nous nous préparons pour aller voir ce docteur parisien, sans vraiment savoir de qui il s'agissait vraiment. 

Arrivé dans son cabinet, Il m’ausculte, réfléchit, hésite un peu et finit par dire à maman : "Si c’était mon fils je ne l’opérerai pas. Il est en pleine croissance et cela pourrait s’arranger avec le temps. Par contre, voici une dispense de sport pour l’année scolaire. Revenez me voir l’an prochain." Un an plus tard, Même discours et nouvelle dispense de sport. "Revenez me voir l’an prochain." Enfin en juin 1985, après deux années sans faire de sport au collège, il lève la dispense et me recommande fortement de pratiquer un sport. "Tu choisis entre le vélo, la natation ou l’aviron." Mystérieusement il ajoute ceci : "Il y a un club d’aviron à Compiègne. C’est un beau sport."

Le lendemain, je prenais ma première licence d’aviron au SN Compiègne et 11 ans plus tard je décrochais une médaille d’argent aux Jeux Olympiques d'Atlanta en quatre sans barreur avec mes trois équipiers au terme d’une course assez extraordinaire sur le lac Lanier. Entre temps, j'ai réalisé que ce médecin du sport spécialiste du genou n'était autre que le Professeur Saillant en personne. Même si on peut aisément supposer qu'il ait suivi les Français aux JO, il est peu probable qu’il ait fait le lien entre le petit garçon qu’il avait ausculté entre 1983 et 1985 et cette médaille olympique en 1996. Aujourd’hui j’ai pu le remercier en affirmant qu’un bout de cette médaille lui revenait. 

Vous aviez raison Professeur, l'aviron est un beau sport. Merci de l’avoir recommandé.

Bertrand Vecten
Vice champion Olympique et du monde 96-97 en quatre sans barreur

Aiguebelette, une longue histoire.

publié le 18 août 2018 à 09:29 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 18 août 2018 à 09:39 ]

https://sites.google.com/site/rameurstricolores/home/Tout_histoires-vecues/_draft_post/2018-08-18-Article%20Lac%20Aiguebelette-Andre%CC%81%20Quoex.jpg
Alors que nos rameuses préparent les championnats du Monde seniors 2018 de Plovdiv (Bulgarie) à Aiguebelette, il est toujours bon de nous rappeler l’histoire de ce magnifique plan d’eau très souvent employé pour nos stages ainsi que pour de nombreuses compétitions, y compris les championnats du Monde 2015.

Nous avions publié l’article de Charles Imbert nous racontant la belle historie du Lac d’Aiguebelette, un article qui raconte l'histoire vécue au niveau des équipes de France : http://www.rameurs-tricolores.fr/home/Tout_histoires-vecues/labellehistoiredubassindeaiguebelette

Toutefois, cette histoire avait commencé bien avant, dès 1957 pour la Ligue Dauphiné-Savoie qui recherchait alors un plan d’eau régulier et abrité. Pour aller plus loin dans cette belle histoire, voici l’article "Aviron au Lac d'Aiguebelette" écrit par notre ami haut savoyard, André Quoex, et dont on peut lire l'intégralité sur ce lien : https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxyYW1ldXJzdHJpY29sb3Jlc3xneDo3MTJiOGExZTczYzI4NzJh

«  Tout d’abord, un peu d’histoire : 
« De tous temps, la Ligue Dauphiné-Savoie recherchait un plan d’eau régulier, abrité. 
« En 1957, après une visite sur les bords de notre lac et une rencontre avec le maire de No- valaise intéressé par le projet, Monsieur CHEVA- LIER, président de la Ligue Dauphine Savoie et quelques notabilités du pays, Messieurs GUTTIN VEYSIN et BOST entre autres, jettent quelques bases d’un accord. 
«  C’est en avril 1958 que le Club Nautique d’Aiguebelette le Lac a été officiellement créé, le (5 et 6/05 parution des statuts au J.O) : le Club Nautique d’Aiguebelette le Lac a été officielle- ment créé avec la comtesse de Chambost comme marraine du club. 

...

«  La Direction départementale de Jeunesse et Sports, en 1976, envisage de créer sur les rives de notre lac, sur un terrain racheté antérieu- rement par le SMALA, la création d’un centre de sport d’aviron. 
«  La ligue accepte avec empressement. 

...

«  1977 : Le Directeur Départemental de Jeunesse et Sports charge son CTD, Gérard Bi- chet, d’étudier un projet d’installation d’un bas- sin de compétition à Aiguebelette. 
«  1979 (05/02) : Les Maires des communes riveraines votent à l’unanimité (moins une voix) l’organisation des premiers stages de rameurs régionaux, mais aussi des équipes nationales en préparation de rencontres internationales.1980 : Le Conseil Général fait établir, par le SMALA (Syndicat Mixte d’Aménagement du Lac d’Aiguebelette), sous la présidence de Bernard VEUILLET, un avant-projet chiffré d’installation d’une base d’aviron. 
«  Mais c’est seulement en 1980 que le Conseil Général fait établir, par le SMALA (Syn- dicat Mixte d’Aménagement du Lac d’Aiguebe- lette), sous la présidence de Bernard VEUILLET, un avant-projet chiffré d’installation d’une base d’aviron. 


Note Info74 - Damien PIQUERAS - A propos de la reconversion des rameurs.

publié le 16 juin 2018 à 04:07 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 16 juin 2018 à 04:07 ]

Damien Piqueras
Nous remercions le Comité Départemental d'Aviron de Haute-Savoie de nous autoriser à publier ce très intéressant éditorial paru dans sa note d'information n°15 du mois de juin 2018 et proposé par Damien Piqueras (international poids-légers double champion du monde en 4X et récemment retraité). La question de l'accompagnements athlètes vers leur reconversion et de cette reconversion est clairement soulevée.

Je n’ai jamais eu la plume fine, et pour moi écrire un édito est une vraie épreuve ( je crois que je préfère encore faire un test ergo .) 

Toutefois si, après 8 mois un peu déconnecté du monde de l’aviron, je devais parler de ce sport, ce serait pour sensibiliser les jeunes, les entraineurs et aussi des professionnels à la « reconversion » des rameurs. 

Pour moi celle-ci se prépare dès l’entrée dans les études supérieures. Les entraineurs de club se confrontent de plus en plus à des jeunes rameurs qui font le choix des études après le bac, au détriment de la compétition et du haut niveau. Un peu comme si ces deux mots étaient antagonistes... 

Je ne vais pas vous citer le parcours professionnel de l’ensemble des rameurs de l’équipe de France sur ces dernières années ( j’aurai peur
d’en oublier), mais il y avait de tout : kinés, ingénieurs, ergothérapeute, entraineur, médecin, école de droit, de commerce, technicien supérieur... bref, rare sont ceux qui n’ont pas passé quelques heures à réviser durant les stages. Preuve que ce double projet est possible. 

Oui mais voilà, les cadets, juniors, n’y sont aujourd’hui pas assez sensibilisés. Si nous souhaitons les voir évoluer en sénior, il faut le plus tôt possible leur expliquer les démarches à suivre pour intégrer un cursus « aménagé » et arriver à leur faire comprendre que cela est clairement un plus dans le monde professionnel. Je pense parfois la question si ce ne serait pas les parents des rameurs qu’il faudrait sensibiliser à ces possibilités. 

Quoi qu’il en soit, avec du recul je trouve (pour l’avoir vécu) que l’on n’est pas assez informés sur ces éléments. 

Puis vient le temps de parler de l’intégration du rameur (pendant sa carrière) dans le monde professionnel. C’est là un sujet compliqué sur lequel il faudra se pencher dans les années à venir sous peine de voir un à un les meilleurs internationaux ranger les pelles. 

L’aviron et les études m’ont énormément apporté et m’ont permis de vivre des expériences mémorables et je souhaite que d’autre gamin puisse un jour vivre les mêmes. 


PALMARÈS
  • 2017 1er en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Sarasota (USA)
  • 2016 2e en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Rotterdam (Pays-Bas)
  • 2015 1er en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Aiguebelette (France)
  • 2014 16e en skiff poids léger (LM1x) au Championnat du Monde à Amsterdam (Pays-Bas)
  • 2013 2e en deux de couple poids léger (BLM2x) au Championnat du Monde des moins de 23 ans à Linz (Autriche)
  • 2012 2e en quatre de couple poids léger (BLM4x) au Championnat du Monde des moins de 23ans à Trakai (Lituanie)
  • 2011 2e en deux de couple poids léger (BLM2x) au Championnat du Monde des moins de 23ans à Amsterdam (Pays-Bas)
  • 2009 10e en quatre de couple (JM4x) au Championnat du Monde Junior à Brive-la-Gaillarde (France)

Stany Delayre : Le bleu en moins…

publié le 11 févr. 2018 à 06:37 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 11 févr. 2018 à 06:56 ]


Stany Delayre nous a autorisé à publier ce bel articles rédigé suite à l'annonce de sa retraite internationale, début février 2018. Nous l'en remercions vivement et lui souhaitons de tout coeur une belle et heureuse vie, loin des bassins internationaux.

Le bleu en moins…
(STANY DELAYRE·VENDREDI 9 FÉVRIER 2018)

Il n'y a finalement pas tant de moments où l'on doit prendre une décision qui orientera profondément le reste de sa vie. Certains s'imposent à nous, comme une évidence. Et c'est plus "le dire" qui rend l'instant particulier car, en fait, on le savait un peu, déjà.

J'ai souvent porté les couleurs de mon pays et de mon club durant ces seize dernières années. Du rouge, du blanc, du bleu. Source de fierté ; j'ai connu tant de chose au travers de l'aviron. Aujourd'hui, je décide de laisser le "bleu" sur le bord de ma route. Alors non, je ne me lèverai plus tous les matins en pensant d'abord à ce que va dire la balance mais je n'entendrai plus Martin Cross parler de "Stani Delaheire" au micro de World Rowing. Alors non, le "Père Noël" ne passera plus autour du mois d'Avril sur les berges d'un lac gersois mais je n'entendrai plus résonner la Marseillaise drapé dans un étendard tricolore. Alors non, je n'aurai plus régulièrement à me demander si c'est le troisième ou le deuxième C2 mais je ne parcourrai plus le monde avec une belle bande de copains.

Je suis heureux de cette décision. Celle-là, je la subis aussi, mais elle est la mienne. Depuis le dernier stage terminal de 2017, j'ai laissé les choses venir, tant sur le plan physique que mental. Le titre de Sarasota a montré que tout était bien en place. Et puis le temps de la reprise est venu, sans véritable envie. J'avais un sentiment d'usure globale ; pas forcément pour faire mais pourquoi le faire ? Tout semblait me dire qu'il était temps. La fin d'un cycle, d'une formidable tranche de vie, d'une aventure rare dont je garde le sentiment précieux du travail bien fait. Pas parfait, non, quelques objectifs manquent à l'appel (c'est toujours un peu "chiant" la perfection, n'est-il pas ? ^^). Mais j'ai eu l'indéniable chance de croiser des gens qui m'ont permis d'atteindre l'excellence dans une discipline sportive qui demande engagement, rigueur et sacrifices au quotidien. Lorsque Jérémie m'annonça qu'il ne renchainerait pas, quelques hypothèses reculèrent l'échéance dans mon esprit. Mais le chemin vers Tokyo paraissait finalement toujours aussi lointain et finalement pas plus rectiligne. C'était l'heure : place aux jeunes !

Mon sport est ainsi. Tu saisis ta chance, on te passe le flambeau d'un bateau, tu fais tout pour le faire évoluer dans le meilleur du possible puis, à ton tour, tu le transmets. Il n'y a pas de "deuxième division" ou de "retraite dorée" en aviron. On doit couper court. J'ai fait partie d'une belle génération de rameurs. Des guides m'ont montré que la victoire était possible si on s'en donnait les moyens. J'ai eu des coéquipiers de grande qualité sportive et humaine. J'ai eu l'honneur de participer à l'émergence et au succès d'une embarcation performante aux côtés d'un type,… comment dire ?..., y'a pire ! Je ne suis pas inquiet pour la suite. Personne n'est indispensable et je suis certain que ceux qui seront appelés à revêtir la combinaison "bleu-blanc-rouge" auront à cœur de faire comme nous l'avons fait : de leur mieux. Alors oui, le palmarès compte et je n'ai pas à rougir du mien. Mais je leur souhaite avant tout de pouvoir le faire dans le même esprit (#LXMen).

De mon côté, beaucoup de changements mais pas de révolution. Mon engagement auprès de mon club peut désormais prendre toute sa place. Là encore, une histoire de transmission. Même si je connais le job, même si j'ai eu quelques années d'observation, j'ai de nombreuses choses à apprendre dans le cadre de mes fonctions sportives au sein du Sport Nautique de Bergerac. L'héritage est magnifique et ma joie est grande de pouvoir faire ce que j'aime en restant dans ma ville, sur les rives de la Dordogne. C'est un privilège et j'espère être à la hauteur. Là encore, il me faudra trouver la bonne voie. Sur un plan plus personnel, je dois bien avouer que ne plus avoir à se soucier du moindre petit effet contradictoire avec le planning d'entraînement, le poids ou la forme physique est source d'un actuel sentiment de grande liberté. Profiter des choses simples, de ma famille, mes amis, d'être chez soi me donne un peu le sentiment de retrouver un costume de monsieur "tout-le-monde" et ça, ça me plait bien.

J'espère vous retrouver bientôt au bord de l'eau. Pour soutenir les rameurs du SNB, pour de bons souvenirs à échanger et puis aussi pour s'aligner au départ de quelques belles courses. Tant que mon physique, mon emploi du temps et mes coéquipiers me l'autoriseront, j'enfilerai sans hésiter la combinaison des dragons bergeracois. Pour partager, transmettre, contribuer et parce que filer sur l'eau à la seule force des avirons : c'est mon plaisir !

Je ne listerai pas ici tous ceux qui, de près ou de loin, ont joué un rôle dans cette période de ma vie. J'ai la chance qu'ils soient trop nombreux. Qu'ils sachent simplement que je ne les oublie pas.
Parallèlement, j'en profite pour envoyer un grand "MERCI" à toutes celles et à tous ceux qui m'ont adressé dernièrement de sympathiques témoignages.

A bientôt,
Stany

..."The Phoenix is still alive"...

La Croix : La belle aventure des "X-men" de l'aviron

publié le 8 janv. 2018 à 06:45 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 5 févr. 2018 à 02:05 ]

https://sites.google.com/site/rameurstricolores/home/Tout_histoires-vecues/lacroixlabelleaventuredesx-mendelaviron/2017-12-26-LaCroix-La%20Belle%20Aventure%20des%20LX-Men.jpg
Dans une série "Champions anonymes" en cette fin d'année 2017, voici un article très intéressant, écrit par Jean-Luc Ferré et publié par La Croix le 27 décembre dernier, à propos de l'équipe de France poids-légers d'aviron et qui contribuera à conserver la mémoire du meilleur groupe mondial de cette catégorie depuis plusieurs année. Nous remercions ce média pour nous avoir autorisé à le publier.

La belle aventure des "X-men" de l'aviron

Pendant les fêtes, La Croix revient sur des performances sportives réalisées en 2017 et qui n’ont pas eu l’écho médiatique qu’elles méritent.

En septembre dernier, l’équipe du 4 de couple poids légers tricolore a conquis son deuxième titre mondial en Floride, confirmant l’excellence depuis trois ans d’une spécialité qui rame trop souvent dans l’ombre.

Et au bout du bout de leur effort, sur leurs deux derniers coups de rame, ils coiffent sur le fil l’équipage britannique. Pour 17 petits centièmes de seconde, ils sont champions du monde au terme d’une finale de 4 de couple poids léger emballée comme des chefs par les Bleus de l’aviron Stany Delayre, Maxime Demontfaucon, Damien Piqueras et François Teroin.

C’était le 29 septembre dernier aux Mondiaux de la discipline à Sarasota (Floride), une nouvelle consécration pour l’un des collectifs majeurs du sport tricolore, aussi expert qu’anonyme, ou quasiment. Car pour le grand public, l’aviron ne pointe le bout de ses embarcations qu’une fois tous les quatre ans, à l’heure des Jeux olympiques, quand le soleil des médailles médiatiques éclaire les champions.

Même pas au programme olympique
Seulement voilà : chez les poids légers (moins de 70 kg pour la moyenne des rameurs d’un bateau), le 4 de couple n’est même pas au programme olympique, seul le 2 de couple ayant droit à la fête. Autant dire que « le 4» rame après la notoriété. Et c’est bien dommage, car il dévoile toute la singularité d’une équipe qui depuis trois ans maîtrise son sujet.

Il faut dire que son histoire est celle d’une saine mais terrible concurrence. À chaque début de saison, les 8 membres du groupe sont rivaux et bagarrent pour « monter » sur le bateau-phare du 2 de couple. En 2015, la place est occupée par le roi incontesté de la spécialité Jérémie Azou, en tandem avec Stany Delayre. Les suivants embarquent sur le 4.

Sans prendre l’affaire comme un lot de consolation, et c’est une des forces de cette équipe qui regorge de talents, tellement qu’ils se sont baptisés les « X-men ». La référence aux super-héros américains n’est pas une plaisanterie de mômes. Les Mondiaux d’aviron se déroulent cette année-là en France, sur le lac d’Aiguebelette (Savoie), et le collectif ne manque pas le rendez-vous. La paire Azou-Delayre s’impose sur le 2 de couple et le quatuor Pierre Houin-Maxime Demontfaucon, Damien Piqueras et Morgan Maunoir enlève l’or sur le 4. Tous les « légers » des autres catégories grimpent également sur les podiums.

Un groupe extrêmement soudé
« C’est mon meilleur souvenir d’aviron, souligne Damien Piqueras. Nos entraîneurs Jérôme Deschamps et Alexis Besançon ont vraiment réussi à créer un groupe extrêmement soudé ». Le collectif peut varier, l’excellence reste dans son sillage. En 2016, sur le 2, Jérémie Azou associé cette fois à Pierre Houin décroche l’or à Rio et le 4, privé de Jeux, réussit tout de même une médaille d’argent aux championnats du monde de Rotterdam. Rebelote cette année en Floride, où le 2 et le 4 se sont appliqués à dorer leur réputation nautique.

« Nous sommes évidemment tous motivés par une sélection olympique, raconte Maxime de Montfaucon. C’est ce qui nous pousse et explique l’excellence du groupe, qui peut ensuite s’exprimer sur un 4 que personne ne prend pour autant à la légère. Dans notre spécialité, les différences physiques sont ténues et la concurrence internationale reste très dense. La médaille mondiale, il faut vraiment aller la chercher ».

Il suffit de voir le contraste entre l’apparente fluidité et l’impression de facilité sur l’eau et l’état dans lequel les rameurs arrivent, ravagés par l’intensité de l’effort, pour imaginer la dose de sacrifices consentis avec des semaines à vingt heures d’entraînement. Pour des clopinettes de reconnaissance au final ? « On sait bien que même aux Jeux, l’aviron n’est pas le sport qui profite le plus du feu des projecteurs, philosophe Maxime Demontfaucon. On fait avec, même si c’est un peu frustrant ».

Des moyens trop limités
Pour Damien Piqueras, le problème est ailleurs : dans les moyens qui parfois manquent, obligeant à jongler avec des contraintes incompatibles avec la performance. À 26 ans, le rameur d’Annecy vient de décider de lâcher l’affaire pour privilégier son métier d’ingénieur. « J’aurais bien continué, mais avec de bonnes garanties pour pouvoir mener de front un travail et l’entraînement, explique-t-il. Mais ça n’a pas été possible. Je me suis lassé de devoir me battre pour obtenir des aides ou des primes de médaille ».

Avec la retraite des uns et la défection des autres, l’aventure des X-men est en train de s’achever. Un nouveau groupe est à reconstruire, sur le 2 de couple comme sur le 4. Pour l’aviron tricolore, une page se tourne. Mais restent, indélébiles, de belles lignes écrites au fil de l’eau.

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Une équipe à reconstruire

Il a tiré sa révérence en octobre dernier, après plus de dix ans de bons et loyaux services d’un choix de vie qui gomme tout le reste. Jérémie Azou a beaucoup donné à l’aviron tricolore – quatre médailles d’argent et deux d’or au Mondiaux, plus un titre olympique à Rio – et sa retraite à 28 ans pourrait surprendre, n’était l’usure contre laquelle le bonhomme ne se voyait plus lutter.

À 30 ans, Stany Delayre est lui encore en pleine réflexion sur la suite à donner à sa carrière. Se projeter sur les Jeux de Tokyo, peut-être en double avec Pierre Houin, désormais leader des Bleus ? Réponse en début d’année. « La priorité est de construire un 2 de couple performant », commente Maxime Demontfaucon qui, à 24 ans, repart donc pour un tour en espérant enfin toucher le Graal olympique. Certitude : l’équipe du 4, après le départ de Damien Piqueras qui en constituait un des piliers, est elle aussi à reconstruire.

Jean-Luc Ferré

Le liens vers l'article original : https://www.la-croix.com/Sport/belle-aventure-X-men-laviron-2017-12-26-1200902016

Qui dit nouvelle olympiade, dit aussi retraite sportive.

publié le 26 mars 2017 à 02:34 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 8 janv. 2018 à 06:47 ]

4XSH - Médaille de bronze
Qui dit nouvelle olympiade, dit nouvelle génération de rameuses et de rameurs, mais aussi retraite sportive pour la génération précédente. 

Ce n’est pas avec une certaine nostalgie hier que nous apprenions sur les réseaux sociaux et par la presse que Julien Bahain et Cédric Berrest se retirent du sport de haut niveau. Et ils ne sont pas les seuls. D'autres l'ont fait avec plus ou moins de discrétion depuis quelques mois. Un peu plus de 40% de rameuses et rameurs de 2016 n’apparaissent plus dans la liste des quotas DTN 2017. Combien l’avaient quitté dans l’année qui a précédé les Jeux de Rio, donc plus tôt que ne le prévoyait leur plan de carrière olympique ? Et il est probable que ces derniers l’aient plus mal vécu que ceux qui sont allés au bout. 

4-SH Médaille de Bronze
Comme pour toute carrière professionnelle, une retraite de champion de haut-niveau se prépare. Le plus souvent, s’investir dans le sport passe très souvent avant le reste. La rupture brutale avec cette vie rythmée par les entraînements, les contrôles, les stages, les compétitions, les célébrations, a de fortes chances de mal se passer (dépressions, alcoolisme, drogue,...).
Après quelques semaines de repos mérité, la baisse d’activité physique se paiera par des réactions et des changements physiologiques (besoin d’exercice, prise de poids, …) voire avec un impact psychologique non négligeable. Le changement de rythme pourra laisser une sensation de trou difficile à combler. Le statut particulier du sportif de haut-niveau n’étant plus, il faudra se recréer rapidement un statut social avec des activités qui compenseront le passage dans « l’autre monde ».

Championnats du Monde Aiguebelette 2015Finale B : Deux sans barreur femme (W2-) Marie Le Nepvou, Noémie Kober – 4ème (qualifié pour les JO)
Contrairement à d'autres nations qui professionnalisent leurs rameuses et leurs rameurs, le sport français dont l’aviron tend vers une politique incitatrice à se construire un futur professionnel au fil de la carrière, ceci au travers du double projet (voir liens ci-après).
Pour preuve, Jérémie Azou ou Franck Solforosi qui partagent (non sans contraintes) leur métier de santé avec une carrière sportive pleine de réussite. Et ils ne sont pas les seuls. D’autres comme Pierre Houin ou Augustin Mouterde (entre autres) poursuivent leurs études, ce qui ne les empêche pas d’accumuler les médailles et les titres. Toutefois, leur mode de vie reste organisé autour de leur vie sportive (entraînements quotidiens, stages, déplacements, …). Et cela se terminera un jour. 

Sont-ils tous dans la même situation ? La question se pose depuis toujours, mais avec quelles solutions.
  • Est-ce que l’on s’est penché sur ceux qui sont « tombés » pendant l’olympiade, ceux qui ont quitté la sélection un soir de régate malheureuse ou de championnat du monde loupé ? Les médaillés ne sont pas les seuls concernés par la situation, bien au contraire. Et comment cela se passe-t-il maintenant pour eux ?
  • Existe-t-il une commission de suivi de « L’après » et qui fasse en sorte que personne ne soit oublié après avoir rendu de fiers services plusieurs années durant à notre discipline et à nos couleurs ?
  • Pourquoi les membres de notre Association des Internationaux d'Aviron ne pourraient-ils pas mettre à disposition leurs expériences vécues au fil des olympiades ?
Notre pays pourraient s’enorgueillir, non pas d’être une des meilleurs nations au monde au niveau des médailles, mais d’être l’une des meilleures en matière d’accompagnement et de réussite de nos « sportifs retraités ».

Pour en savoir plus :
Dans la vie réelle :

Et à l'étranger :

La belle histoire du bassin de Aiguebelette

publié le 21 févr. 2017 à 02:27 par AIA Rameurs-Tricolores

Charles Imbert, ex rameur international et ex entraineur national, avait publié dans la Revue des entraineurs une série d'articles sur les plans d'eau d'aviron. Ces bassins d'aviron furent le lieu de nombreux championnats où s'affrontèrent nos rameuses et nos rameurs pendant plusieurs décennies.
Second article de la série : La belle histoire de Aiguebelette (article publié en 2015)

Championnats du Monde Aiguebelette 2015Finale A : Quatre de couple poids léger (LM4x) Morgan Maunoir, Pierre Houin, Damien Piqueras et Maxime Demontfaucon – 1er (médaille d’or)
Le bassin d’Aiguebelette, utilisé pour l’aviron et le canotage depuis la fin du XIXe siècle, avait déjà fait l’objet d’études en 1957 comme bassin de compétition, de la part notamment des Aixois.
À partir de 1979, les équipes de France, sous l’impulsion de Jean-Pierre Drivet et Yannick Le Saux, y réaliseront leurs premiers stages.
En 1982 et 1983 , ceux-ci vont se multiplier à la satisfaction de tous et Aiguebelette servira en 1984 de base de préparation des Jeux Olympiques de Los Angeles. Heureuse époque, malheureusement révolue, où il était possible d’embarquer directement de l’hôtel et de naviguer sur tout le lac sans restrictions ni surveillance.

1985 : Tempête de neige sur le lac !!
En 1985, la Direction Technique Nationale avait eu la bonne idée d’organiser, les 15 et 16 mars à Aiguebelette, les « Grandes journées nationales de présélection ». Celles-ci tourneront court après un premier parcours contre le montre, une tempête de neige s’étant invitée au rendez vous.
Les rares détracteurs du site se régaleront de cet épisode climatique exceptionnel et en feront des «gorges chaudes» pendant des décennies.
L’inauguration officielle par le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Alain Calmat, aura lieu le 21 juin de la même année, sous le soleil cette fois.
Le site d’Aiguebelette est maintenant prêt à accueillir de grandes régates nationales, telle que la mythique régate de Savoie, et internationales.

Les grandes manifestations
1987 : Le Match des Seniors : Première consécration d’Aiguebelette
Le Match des Seniors est la première régate de grande audience internationale qui est confiée à Aiguebelette par les délégués du Comité du Match des Seniors. Bien que la FISA ne reconnaisse pas encore cette épreuve, le président Thomas Keller et les principaux dirigeants de la Fédération Internationale seront présents et attentifs suite à l’attribution des championnats du Monde junior pour 1990.



Championnats du Monde Aiguebelette 2015Finale A : Deux de couple homme poids léger (LM2x) Jérémie Azou, Stany Delayre – 1er (médaille d’or)

Bref historique du bassin de Bled

publié le 12 févr. 2017 à 02:30 par AIA Rameurs-Tricolores

Charles Imbert, ex rameur international et ex entraineur national, avait publié dans la Revue des entraineurs une série d'articles sur les plans d'eau d'aviron. Ces bassins d'aviron furent le lieu de nombreux championnats où s'affrontèrent nos rameuses et nos rameurs pendant plusieurs décennies.
Premier article de la série : le bassin de Bled (article publié en 2013)

https://picasaweb.google.com/109153224870056939507/2011ChampionnatDuMondeBledSLO#6386165216096442450
Sans doute moins connu que le mythique bassin du Rotsee, où se déroule chaque année un événement majeur, Bled a organisé quatre championnats du monde entre 1966 et 2011, soit autant que Lucerne.
Avant de laisser la place aux bilans de cette saison, nous vous proposons une rétrospective succincte de ces différents championnats.
Cette brève analyse des manifestations organisées à Bled, nous permet de percevoir quelques aspects de l’évolution de l’aviron mondial

La Slovénie et Bled
La Slovénie, qui a obtenue son indépendance le 25 juin 1991, est l’un des plus petits et aussi l’un des plus jeunes pays européens. Il est entré dans l’Union Européenne en mai 2004 et a été le premier, parmi les dix nouveaux États membres qui ont rejoint l’Union cette année là, à introduire l’euro comme monnaie officielle en janvier 2007. La Slovénie est située au carrefour de quatre paysages européen bien différents - les Alpes, la plaine Pannonienne, les montagnes Dinariques et la Méditerranée. Ces caractéristiques inoubliables et uniques du pays sont dues à l’imbrication de ces paysages. Ljubljana en est la capitale.
Les débuts de l’aviron en Slovénie remontent à l’année 1887, lorsque le premier club d’aviron fut fondé dans la ville côtière de Piran. Seulement un an plus tard, le SC Libertas a été fondé dans les environs de Koper. Les compétitions d’aviron sont apparues un peu plus tard dans la capitale, Ljubljana, ainsi qu’à Bled. La tradition d’aviron slovène a été enrichie par de nombreux succès inter- nationaux, en particulier le titre olympique de Cop et Špic en double à Sydney et 4 titres de champion du monde. Istok Cop à lui seul a obtenu 3 médailles olympiques et 12 aux championnats du monde. La population de la Slovénie se situe autour de 2 millions d’habitants dont environ 5200 vivent à Bled.

À propos du lac de Bled
Il y a deux ans Bled a célébré le centenaire de la première régate organisée sur le lac. Le pre- mier événement majeur organisé à Bled fut le championnat national yougoslave en 1930. Bled a accueilli les championnats du monde de la FISA en
1966, 1979 et 1989. Bled a également organisé un championnat d’Europe en 1956 et un championnat du monde juniors en 1971.

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