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Histoires vécues

Cette rubrique se veut être une base de connaissance des histoires de nos championnes et champions, des témoignages de rameuses et de rameurs qui nous disent eux-mêmes, non pas ce qu'ils o­nt gagné ou perdu, mais ce qu'ils o­nt vécu, comment ils o­nt mené de front entraînements et études, entraînements et travail, et puis ce qu'ils o­nt réussi à devenir ensuite... Note : Vous pouvez nous communiquer vos témoignages en 2 ou 3 pages par mail adressé à : contact@rameurs-tricolores.fr
 

Les histoires vécues

L'aviron est un beau sport. Merci de l’avoir recommandé.

publié le 9 oct. 2018 à 01:18 par AIA Rameurs-Tricolores

Retrouvailles entre Bertrand Vecten et Bernard Saillant.(voir article "L'aviron est un beau sport. Merci de l’avoir recommandé." sur notre site.
Vendredi dernier (5/10/18), j’ai eu le bonheur de rencontrer avec un grand monsieur du sport français. Il n’a pas eu une carrière de champion, ni d’entraîneur ni même de dirigeant, il n’en demeure pas moins une célébrité du sport tricolore. En effet, ce médecin du sport a soigné de nombreux sportifs français et étrangers au cours de ces 30 dernières années. Mais Laissez-moi vous raconter mon histoire.

J’avais 10-11 ans et je me plaignais de mon genou. Le médecin de famille qui me dirige vers un spécialiste à Paris. Une fois le rendez-vous pris, nous nous préparons pour aller voir ce docteur parisien, sans vraiment savoir de qui il s'agissait vraiment. 

Arrivé dans son cabinet, Il m’ausculte, réfléchit, hésite un peu et finit par dire à maman : "Si c’était mon fils je ne l’opérerai pas. Il est en pleine croissance et cela pourrait s’arranger avec le temps. Par contre, voici une dispense de sport pour l’année scolaire. Revenez me voir l’an prochain." Un an plus tard, Même discours et nouvelle dispense de sport. "Revenez me voir l’an prochain." Enfin en juin 1985, après deux années sans faire de sport au collège, il lève la dispense et me recommande fortement de pratiquer un sport. "Tu choisis entre le vélo, la natation ou l’aviron." Mystérieusement il ajoute ceci : "Il y a un club d’aviron à Compiègne. C’est un beau sport."

Le lendemain, je prenais ma première licence d’aviron au SN Compiègne et 11 ans plus tard je décrochais une médaille d’argent aux Jeux Olympiques d'Atlanta en quatre sans barreur avec mes trois équipiers au terme d’une course assez extraordinaire sur le lac Lanier. Entre temps, j'ai réalisé que ce médecin du sport spécialiste du genou n'était autre que le Professeur Saillant en personne. Même si on peut aisément supposer qu'il ait suivi les Français aux JO, il est peu probable qu’il ait fait le lien entre le petit garçon qu’il avait ausculté entre 1983 et 1985 et cette médaille olympique en 1996. Aujourd’hui j’ai pu le remercier en affirmant qu’un bout de cette médaille lui revenait. 

Vous aviez raison Professeur, l'aviron est un beau sport. Merci de l’avoir recommandé.

Bertrand Vecten
Vice champion Olympique et du monde 96-97 en quatre sans barreur

Aiguebelette, une longue histoire.

publié le 18 août 2018 à 09:29 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 18 août 2018 à 09:39 ]

https://sites.google.com/site/rameurstricolores/home/Tout_histoires-vecues/_draft_post/2018-08-18-Article%20Lac%20Aiguebelette-Andre%CC%81%20Quoex.jpg
Alors que nos rameuses préparent les championnats du Monde seniors 2018 de Plovdiv (Bulgarie) à Aiguebelette, il est toujours bon de nous rappeler l’histoire de ce magnifique plan d’eau très souvent employé pour nos stages ainsi que pour de nombreuses compétitions, y compris les championnats du Monde 2015.

Nous avions publié l’article de Charles Imbert nous racontant la belle historie du Lac d’Aiguebelette, un article qui raconte l'histoire vécue au niveau des équipes de France : http://www.rameurs-tricolores.fr/home/Tout_histoires-vecues/labellehistoiredubassindeaiguebelette

Toutefois, cette histoire avait commencé bien avant, dès 1957 pour la Ligue Dauphiné-Savoie qui recherchait alors un plan d’eau régulier et abrité. Pour aller plus loin dans cette belle histoire, voici l’article "Aviron au Lac d'Aiguebelette" écrit par notre ami haut savoyard, André Quoex, et dont on peut lire l'intégralité sur ce lien : https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=ZGVmYXVsdGRvbWFpbnxyYW1ldXJzdHJpY29sb3Jlc3xneDo3MTJiOGExZTczYzI4NzJh

«  Tout d’abord, un peu d’histoire : 
« De tous temps, la Ligue Dauphiné-Savoie recherchait un plan d’eau régulier, abrité. 
« En 1957, après une visite sur les bords de notre lac et une rencontre avec le maire de No- valaise intéressé par le projet, Monsieur CHEVA- LIER, président de la Ligue Dauphine Savoie et quelques notabilités du pays, Messieurs GUTTIN VEYSIN et BOST entre autres, jettent quelques bases d’un accord. 
«  C’est en avril 1958 que le Club Nautique d’Aiguebelette le Lac a été officiellement créé, le (5 et 6/05 parution des statuts au J.O) : le Club Nautique d’Aiguebelette le Lac a été officielle- ment créé avec la comtesse de Chambost comme marraine du club. 

...

«  La Direction départementale de Jeunesse et Sports, en 1976, envisage de créer sur les rives de notre lac, sur un terrain racheté antérieu- rement par le SMALA, la création d’un centre de sport d’aviron. 
«  La ligue accepte avec empressement. 

...

«  1977 : Le Directeur Départemental de Jeunesse et Sports charge son CTD, Gérard Bi- chet, d’étudier un projet d’installation d’un bas- sin de compétition à Aiguebelette. 
«  1979 (05/02) : Les Maires des communes riveraines votent à l’unanimité (moins une voix) l’organisation des premiers stages de rameurs régionaux, mais aussi des équipes nationales en préparation de rencontres internationales.1980 : Le Conseil Général fait établir, par le SMALA (Syndicat Mixte d’Aménagement du Lac d’Aiguebelette), sous la présidence de Bernard VEUILLET, un avant-projet chiffré d’installation d’une base d’aviron. 
«  Mais c’est seulement en 1980 que le Conseil Général fait établir, par le SMALA (Syn- dicat Mixte d’Aménagement du Lac d’Aiguebe- lette), sous la présidence de Bernard VEUILLET, un avant-projet chiffré d’installation d’une base d’aviron. 


Note Info74 - Damien PIQUERAS - A propos de la reconversion des rameurs.

publié le 16 juin 2018 à 04:07 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 16 juin 2018 à 04:07 ]

Damien Piqueras
Nous remercions le Comité Départemental d'Aviron de Haute-Savoie de nous autoriser à publier ce très intéressant éditorial paru dans sa note d'information n°15 du mois de juin 2018 et proposé par Damien Piqueras (international poids-légers double champion du monde en 4X et récemment retraité). La question de l'accompagnements athlètes vers leur reconversion et de cette reconversion est clairement soulevée.

Je n’ai jamais eu la plume fine, et pour moi écrire un édito est une vraie épreuve ( je crois que je préfère encore faire un test ergo .) 

Toutefois si, après 8 mois un peu déconnecté du monde de l’aviron, je devais parler de ce sport, ce serait pour sensibiliser les jeunes, les entraineurs et aussi des professionnels à la « reconversion » des rameurs. 

Pour moi celle-ci se prépare dès l’entrée dans les études supérieures. Les entraineurs de club se confrontent de plus en plus à des jeunes rameurs qui font le choix des études après le bac, au détriment de la compétition et du haut niveau. Un peu comme si ces deux mots étaient antagonistes... 

Je ne vais pas vous citer le parcours professionnel de l’ensemble des rameurs de l’équipe de France sur ces dernières années ( j’aurai peur
d’en oublier), mais il y avait de tout : kinés, ingénieurs, ergothérapeute, entraineur, médecin, école de droit, de commerce, technicien supérieur... bref, rare sont ceux qui n’ont pas passé quelques heures à réviser durant les stages. Preuve que ce double projet est possible. 

Oui mais voilà, les cadets, juniors, n’y sont aujourd’hui pas assez sensibilisés. Si nous souhaitons les voir évoluer en sénior, il faut le plus tôt possible leur expliquer les démarches à suivre pour intégrer un cursus « aménagé » et arriver à leur faire comprendre que cela est clairement un plus dans le monde professionnel. Je pense parfois la question si ce ne serait pas les parents des rameurs qu’il faudrait sensibiliser à ces possibilités. 

Quoi qu’il en soit, avec du recul je trouve (pour l’avoir vécu) que l’on n’est pas assez informés sur ces éléments. 

Puis vient le temps de parler de l’intégration du rameur (pendant sa carrière) dans le monde professionnel. C’est là un sujet compliqué sur lequel il faudra se pencher dans les années à venir sous peine de voir un à un les meilleurs internationaux ranger les pelles. 

L’aviron et les études m’ont énormément apporté et m’ont permis de vivre des expériences mémorables et je souhaite que d’autre gamin puisse un jour vivre les mêmes. 


PALMARÈS
  • 2017 1er en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Sarasota (USA)
  • 2016 2e en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Rotterdam (Pays-Bas)
  • 2015 1er en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Aiguebelette (France)
  • 2014 16e en skiff poids léger (LM1x) au Championnat du Monde à Amsterdam (Pays-Bas)
  • 2013 2e en deux de couple poids léger (BLM2x) au Championnat du Monde des moins de 23 ans à Linz (Autriche)
  • 2012 2e en quatre de couple poids léger (BLM4x) au Championnat du Monde des moins de 23ans à Trakai (Lituanie)
  • 2011 2e en deux de couple poids léger (BLM2x) au Championnat du Monde des moins de 23ans à Amsterdam (Pays-Bas)
  • 2009 10e en quatre de couple (JM4x) au Championnat du Monde Junior à Brive-la-Gaillarde (France)

Stany Delayre : Le bleu en moins…

publié le 11 févr. 2018 à 06:37 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 11 févr. 2018 à 06:56 ]


Stany Delayre nous a autorisé à publier ce bel articles rédigé suite à l'annonce de sa retraite internationale, début février 2018. Nous l'en remercions vivement et lui souhaitons de tout coeur une belle et heureuse vie, loin des bassins internationaux.

Le bleu en moins…
(STANY DELAYRE·VENDREDI 9 FÉVRIER 2018)

Il n'y a finalement pas tant de moments où l'on doit prendre une décision qui orientera profondément le reste de sa vie. Certains s'imposent à nous, comme une évidence. Et c'est plus "le dire" qui rend l'instant particulier car, en fait, on le savait un peu, déjà.

J'ai souvent porté les couleurs de mon pays et de mon club durant ces seize dernières années. Du rouge, du blanc, du bleu. Source de fierté ; j'ai connu tant de chose au travers de l'aviron. Aujourd'hui, je décide de laisser le "bleu" sur le bord de ma route. Alors non, je ne me lèverai plus tous les matins en pensant d'abord à ce que va dire la balance mais je n'entendrai plus Martin Cross parler de "Stani Delaheire" au micro de World Rowing. Alors non, le "Père Noël" ne passera plus autour du mois d'Avril sur les berges d'un lac gersois mais je n'entendrai plus résonner la Marseillaise drapé dans un étendard tricolore. Alors non, je n'aurai plus régulièrement à me demander si c'est le troisième ou le deuxième C2 mais je ne parcourrai plus le monde avec une belle bande de copains.

Je suis heureux de cette décision. Celle-là, je la subis aussi, mais elle est la mienne. Depuis le dernier stage terminal de 2017, j'ai laissé les choses venir, tant sur le plan physique que mental. Le titre de Sarasota a montré que tout était bien en place. Et puis le temps de la reprise est venu, sans véritable envie. J'avais un sentiment d'usure globale ; pas forcément pour faire mais pourquoi le faire ? Tout semblait me dire qu'il était temps. La fin d'un cycle, d'une formidable tranche de vie, d'une aventure rare dont je garde le sentiment précieux du travail bien fait. Pas parfait, non, quelques objectifs manquent à l'appel (c'est toujours un peu "chiant" la perfection, n'est-il pas ? ^^). Mais j'ai eu l'indéniable chance de croiser des gens qui m'ont permis d'atteindre l'excellence dans une discipline sportive qui demande engagement, rigueur et sacrifices au quotidien. Lorsque Jérémie m'annonça qu'il ne renchainerait pas, quelques hypothèses reculèrent l'échéance dans mon esprit. Mais le chemin vers Tokyo paraissait finalement toujours aussi lointain et finalement pas plus rectiligne. C'était l'heure : place aux jeunes !

Mon sport est ainsi. Tu saisis ta chance, on te passe le flambeau d'un bateau, tu fais tout pour le faire évoluer dans le meilleur du possible puis, à ton tour, tu le transmets. Il n'y a pas de "deuxième division" ou de "retraite dorée" en aviron. On doit couper court. J'ai fait partie d'une belle génération de rameurs. Des guides m'ont montré que la victoire était possible si on s'en donnait les moyens. J'ai eu des coéquipiers de grande qualité sportive et humaine. J'ai eu l'honneur de participer à l'émergence et au succès d'une embarcation performante aux côtés d'un type,… comment dire ?..., y'a pire ! Je ne suis pas inquiet pour la suite. Personne n'est indispensable et je suis certain que ceux qui seront appelés à revêtir la combinaison "bleu-blanc-rouge" auront à cœur de faire comme nous l'avons fait : de leur mieux. Alors oui, le palmarès compte et je n'ai pas à rougir du mien. Mais je leur souhaite avant tout de pouvoir le faire dans le même esprit (#LXMen).

De mon côté, beaucoup de changements mais pas de révolution. Mon engagement auprès de mon club peut désormais prendre toute sa place. Là encore, une histoire de transmission. Même si je connais le job, même si j'ai eu quelques années d'observation, j'ai de nombreuses choses à apprendre dans le cadre de mes fonctions sportives au sein du Sport Nautique de Bergerac. L'héritage est magnifique et ma joie est grande de pouvoir faire ce que j'aime en restant dans ma ville, sur les rives de la Dordogne. C'est un privilège et j'espère être à la hauteur. Là encore, il me faudra trouver la bonne voie. Sur un plan plus personnel, je dois bien avouer que ne plus avoir à se soucier du moindre petit effet contradictoire avec le planning d'entraînement, le poids ou la forme physique est source d'un actuel sentiment de grande liberté. Profiter des choses simples, de ma famille, mes amis, d'être chez soi me donne un peu le sentiment de retrouver un costume de monsieur "tout-le-monde" et ça, ça me plait bien.

J'espère vous retrouver bientôt au bord de l'eau. Pour soutenir les rameurs du SNB, pour de bons souvenirs à échanger et puis aussi pour s'aligner au départ de quelques belles courses. Tant que mon physique, mon emploi du temps et mes coéquipiers me l'autoriseront, j'enfilerai sans hésiter la combinaison des dragons bergeracois. Pour partager, transmettre, contribuer et parce que filer sur l'eau à la seule force des avirons : c'est mon plaisir !

Je ne listerai pas ici tous ceux qui, de près ou de loin, ont joué un rôle dans cette période de ma vie. J'ai la chance qu'ils soient trop nombreux. Qu'ils sachent simplement que je ne les oublie pas.
Parallèlement, j'en profite pour envoyer un grand "MERCI" à toutes celles et à tous ceux qui m'ont adressé dernièrement de sympathiques témoignages.

A bientôt,
Stany

..."The Phoenix is still alive"...

La Croix : La belle aventure des "X-men" de l'aviron

publié le 8 janv. 2018 à 06:45 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 5 févr. 2018 à 02:05 ]

https://sites.google.com/site/rameurstricolores/home/Tout_histoires-vecues/lacroixlabelleaventuredesx-mendelaviron/2017-12-26-LaCroix-La%20Belle%20Aventure%20des%20LX-Men.jpg
Dans une série "Champions anonymes" en cette fin d'année 2017, voici un article très intéressant, écrit par Jean-Luc Ferré et publié par La Croix le 27 décembre dernier, à propos de l'équipe de France poids-légers d'aviron et qui contribuera à conserver la mémoire du meilleur groupe mondial de cette catégorie depuis plusieurs année. Nous remercions ce média pour nous avoir autorisé à le publier.

La belle aventure des "X-men" de l'aviron

Pendant les fêtes, La Croix revient sur des performances sportives réalisées en 2017 et qui n’ont pas eu l’écho médiatique qu’elles méritent.

En septembre dernier, l’équipe du 4 de couple poids légers tricolore a conquis son deuxième titre mondial en Floride, confirmant l’excellence depuis trois ans d’une spécialité qui rame trop souvent dans l’ombre.

Et au bout du bout de leur effort, sur leurs deux derniers coups de rame, ils coiffent sur le fil l’équipage britannique. Pour 17 petits centièmes de seconde, ils sont champions du monde au terme d’une finale de 4 de couple poids léger emballée comme des chefs par les Bleus de l’aviron Stany Delayre, Maxime Demontfaucon, Damien Piqueras et François Teroin.

C’était le 29 septembre dernier aux Mondiaux de la discipline à Sarasota (Floride), une nouvelle consécration pour l’un des collectifs majeurs du sport tricolore, aussi expert qu’anonyme, ou quasiment. Car pour le grand public, l’aviron ne pointe le bout de ses embarcations qu’une fois tous les quatre ans, à l’heure des Jeux olympiques, quand le soleil des médailles médiatiques éclaire les champions.

Même pas au programme olympique
Seulement voilà : chez les poids légers (moins de 70 kg pour la moyenne des rameurs d’un bateau), le 4 de couple n’est même pas au programme olympique, seul le 2 de couple ayant droit à la fête. Autant dire que « le 4» rame après la notoriété. Et c’est bien dommage, car il dévoile toute la singularité d’une équipe qui depuis trois ans maîtrise son sujet.

Il faut dire que son histoire est celle d’une saine mais terrible concurrence. À chaque début de saison, les 8 membres du groupe sont rivaux et bagarrent pour « monter » sur le bateau-phare du 2 de couple. En 2015, la place est occupée par le roi incontesté de la spécialité Jérémie Azou, en tandem avec Stany Delayre. Les suivants embarquent sur le 4.

Sans prendre l’affaire comme un lot de consolation, et c’est une des forces de cette équipe qui regorge de talents, tellement qu’ils se sont baptisés les « X-men ». La référence aux super-héros américains n’est pas une plaisanterie de mômes. Les Mondiaux d’aviron se déroulent cette année-là en France, sur le lac d’Aiguebelette (Savoie), et le collectif ne manque pas le rendez-vous. La paire Azou-Delayre s’impose sur le 2 de couple et le quatuor Pierre Houin-Maxime Demontfaucon, Damien Piqueras et Morgan Maunoir enlève l’or sur le 4. Tous les « légers » des autres catégories grimpent également sur les podiums.

Un groupe extrêmement soudé
« C’est mon meilleur souvenir d’aviron, souligne Damien Piqueras. Nos entraîneurs Jérôme Deschamps et Alexis Besançon ont vraiment réussi à créer un groupe extrêmement soudé ». Le collectif peut varier, l’excellence reste dans son sillage. En 2016, sur le 2, Jérémie Azou associé cette fois à Pierre Houin décroche l’or à Rio et le 4, privé de Jeux, réussit tout de même une médaille d’argent aux championnats du monde de Rotterdam. Rebelote cette année en Floride, où le 2 et le 4 se sont appliqués à dorer leur réputation nautique.

« Nous sommes évidemment tous motivés par une sélection olympique, raconte Maxime de Montfaucon. C’est ce qui nous pousse et explique l’excellence du groupe, qui peut ensuite s’exprimer sur un 4 que personne ne prend pour autant à la légère. Dans notre spécialité, les différences physiques sont ténues et la concurrence internationale reste très dense. La médaille mondiale, il faut vraiment aller la chercher ».

Il suffit de voir le contraste entre l’apparente fluidité et l’impression de facilité sur l’eau et l’état dans lequel les rameurs arrivent, ravagés par l’intensité de l’effort, pour imaginer la dose de sacrifices consentis avec des semaines à vingt heures d’entraînement. Pour des clopinettes de reconnaissance au final ? « On sait bien que même aux Jeux, l’aviron n’est pas le sport qui profite le plus du feu des projecteurs, philosophe Maxime Demontfaucon. On fait avec, même si c’est un peu frustrant ».

Des moyens trop limités
Pour Damien Piqueras, le problème est ailleurs : dans les moyens qui parfois manquent, obligeant à jongler avec des contraintes incompatibles avec la performance. À 26 ans, le rameur d’Annecy vient de décider de lâcher l’affaire pour privilégier son métier d’ingénieur. « J’aurais bien continué, mais avec de bonnes garanties pour pouvoir mener de front un travail et l’entraînement, explique-t-il. Mais ça n’a pas été possible. Je me suis lassé de devoir me battre pour obtenir des aides ou des primes de médaille ».

Avec la retraite des uns et la défection des autres, l’aventure des X-men est en train de s’achever. Un nouveau groupe est à reconstruire, sur le 2 de couple comme sur le 4. Pour l’aviron tricolore, une page se tourne. Mais restent, indélébiles, de belles lignes écrites au fil de l’eau.

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Une équipe à reconstruire

Il a tiré sa révérence en octobre dernier, après plus de dix ans de bons et loyaux services d’un choix de vie qui gomme tout le reste. Jérémie Azou a beaucoup donné à l’aviron tricolore – quatre médailles d’argent et deux d’or au Mondiaux, plus un titre olympique à Rio – et sa retraite à 28 ans pourrait surprendre, n’était l’usure contre laquelle le bonhomme ne se voyait plus lutter.

À 30 ans, Stany Delayre est lui encore en pleine réflexion sur la suite à donner à sa carrière. Se projeter sur les Jeux de Tokyo, peut-être en double avec Pierre Houin, désormais leader des Bleus ? Réponse en début d’année. « La priorité est de construire un 2 de couple performant », commente Maxime Demontfaucon qui, à 24 ans, repart donc pour un tour en espérant enfin toucher le Graal olympique. Certitude : l’équipe du 4, après le départ de Damien Piqueras qui en constituait un des piliers, est elle aussi à reconstruire.

Jean-Luc Ferré

Le liens vers l'article original : https://www.la-croix.com/Sport/belle-aventure-X-men-laviron-2017-12-26-1200902016

Qui dit nouvelle olympiade, dit aussi retraite sportive.

publié le 26 mars 2017 à 02:34 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 8 janv. 2018 à 06:47 ]

4XSH - Médaille de bronze
Qui dit nouvelle olympiade, dit nouvelle génération de rameuses et de rameurs, mais aussi retraite sportive pour la génération précédente. 

Ce n’est pas avec une certaine nostalgie hier que nous apprenions sur les réseaux sociaux et par la presse que Julien Bahain et Cédric Berrest se retirent du sport de haut niveau. Et ils ne sont pas les seuls. D'autres l'ont fait avec plus ou moins de discrétion depuis quelques mois. Un peu plus de 40% de rameuses et rameurs de 2016 n’apparaissent plus dans la liste des quotas DTN 2017. Combien l’avaient quitté dans l’année qui a précédé les Jeux de Rio, donc plus tôt que ne le prévoyait leur plan de carrière olympique ? Et il est probable que ces derniers l’aient plus mal vécu que ceux qui sont allés au bout. 

4-SH Médaille de Bronze
Comme pour toute carrière professionnelle, une retraite de champion de haut-niveau se prépare. Le plus souvent, s’investir dans le sport passe très souvent avant le reste. La rupture brutale avec cette vie rythmée par les entraînements, les contrôles, les stages, les compétitions, les célébrations, a de fortes chances de mal se passer (dépressions, alcoolisme, drogue,...).
Après quelques semaines de repos mérité, la baisse d’activité physique se paiera par des réactions et des changements physiologiques (besoin d’exercice, prise de poids, …) voire avec un impact psychologique non négligeable. Le changement de rythme pourra laisser une sensation de trou difficile à combler. Le statut particulier du sportif de haut-niveau n’étant plus, il faudra se recréer rapidement un statut social avec des activités qui compenseront le passage dans « l’autre monde ».

Championnats du Monde Aiguebelette 2015Finale B : Deux sans barreur femme (W2-) Marie Le Nepvou, Noémie Kober – 4ème (qualifié pour les JO)
Contrairement à d'autres nations qui professionnalisent leurs rameuses et leurs rameurs, le sport français dont l’aviron tend vers une politique incitatrice à se construire un futur professionnel au fil de la carrière, ceci au travers du double projet (voir liens ci-après).
Pour preuve, Jérémie Azou ou Franck Solforosi qui partagent (non sans contraintes) leur métier de santé avec une carrière sportive pleine de réussite. Et ils ne sont pas les seuls. D’autres comme Pierre Houin ou Augustin Mouterde (entre autres) poursuivent leurs études, ce qui ne les empêche pas d’accumuler les médailles et les titres. Toutefois, leur mode de vie reste organisé autour de leur vie sportive (entraînements quotidiens, stages, déplacements, …). Et cela se terminera un jour. 

Sont-ils tous dans la même situation ? La question se pose depuis toujours, mais avec quelles solutions.
  • Est-ce que l’on s’est penché sur ceux qui sont « tombés » pendant l’olympiade, ceux qui ont quitté la sélection un soir de régate malheureuse ou de championnat du monde loupé ? Les médaillés ne sont pas les seuls concernés par la situation, bien au contraire. Et comment cela se passe-t-il maintenant pour eux ?
  • Existe-t-il une commission de suivi de « L’après » et qui fasse en sorte que personne ne soit oublié après avoir rendu de fiers services plusieurs années durant à notre discipline et à nos couleurs ?
  • Pourquoi les membres de notre Association des Internationaux d'Aviron ne pourraient-ils pas mettre à disposition leurs expériences vécues au fil des olympiades ?
Notre pays pourraient s’enorgueillir, non pas d’être une des meilleurs nations au monde au niveau des médailles, mais d’être l’une des meilleures en matière d’accompagnement et de réussite de nos « sportifs retraités ».

Pour en savoir plus :
Dans la vie réelle :

Et à l'étranger :

La belle histoire du bassin de Aiguebelette

publié le 21 févr. 2017 à 02:27 par AIA Rameurs-Tricolores

Charles Imbert, ex rameur international et ex entraineur national, avait publié dans la Revue des entraineurs une série d'articles sur les plans d'eau d'aviron. Ces bassins d'aviron furent le lieu de nombreux championnats où s'affrontèrent nos rameuses et nos rameurs pendant plusieurs décennies.
Second article de la série : La belle histoire de Aiguebelette (article publié en 2015)

Championnats du Monde Aiguebelette 2015Finale A : Quatre de couple poids léger (LM4x) Morgan Maunoir, Pierre Houin, Damien Piqueras et Maxime Demontfaucon – 1er (médaille d’or)
Le bassin d’Aiguebelette, utilisé pour l’aviron et le canotage depuis la fin du XIXe siècle, avait déjà fait l’objet d’études en 1957 comme bassin de compétition, de la part notamment des Aixois.
À partir de 1979, les équipes de France, sous l’impulsion de Jean-Pierre Drivet et Yannick Le Saux, y réaliseront leurs premiers stages.
En 1982 et 1983 , ceux-ci vont se multiplier à la satisfaction de tous et Aiguebelette servira en 1984 de base de préparation des Jeux Olympiques de Los Angeles. Heureuse époque, malheureusement révolue, où il était possible d’embarquer directement de l’hôtel et de naviguer sur tout le lac sans restrictions ni surveillance.

1985 : Tempête de neige sur le lac !!
En 1985, la Direction Technique Nationale avait eu la bonne idée d’organiser, les 15 et 16 mars à Aiguebelette, les « Grandes journées nationales de présélection ». Celles-ci tourneront court après un premier parcours contre le montre, une tempête de neige s’étant invitée au rendez vous.
Les rares détracteurs du site se régaleront de cet épisode climatique exceptionnel et en feront des «gorges chaudes» pendant des décennies.
L’inauguration officielle par le Ministre de la Jeunesse et des Sports, Alain Calmat, aura lieu le 21 juin de la même année, sous le soleil cette fois.
Le site d’Aiguebelette est maintenant prêt à accueillir de grandes régates nationales, telle que la mythique régate de Savoie, et internationales.

Les grandes manifestations
1987 : Le Match des Seniors : Première consécration d’Aiguebelette
Le Match des Seniors est la première régate de grande audience internationale qui est confiée à Aiguebelette par les délégués du Comité du Match des Seniors. Bien que la FISA ne reconnaisse pas encore cette épreuve, le président Thomas Keller et les principaux dirigeants de la Fédération Internationale seront présents et attentifs suite à l’attribution des championnats du Monde junior pour 1990.



Championnats du Monde Aiguebelette 2015Finale A : Deux de couple homme poids léger (LM2x) Jérémie Azou, Stany Delayre – 1er (médaille d’or)

Bref historique du bassin de Bled

publié le 12 févr. 2017 à 02:30 par AIA Rameurs-Tricolores

Charles Imbert, ex rameur international et ex entraineur national, avait publié dans la Revue des entraineurs une série d'articles sur les plans d'eau d'aviron. Ces bassins d'aviron furent le lieu de nombreux championnats où s'affrontèrent nos rameuses et nos rameurs pendant plusieurs décennies.
Premier article de la série : le bassin de Bled (article publié en 2013)

https://picasaweb.google.com/109153224870056939507/2011ChampionnatDuMondeBledSLO#6386165216096442450
Sans doute moins connu que le mythique bassin du Rotsee, où se déroule chaque année un événement majeur, Bled a organisé quatre championnats du monde entre 1966 et 2011, soit autant que Lucerne.
Avant de laisser la place aux bilans de cette saison, nous vous proposons une rétrospective succincte de ces différents championnats.
Cette brève analyse des manifestations organisées à Bled, nous permet de percevoir quelques aspects de l’évolution de l’aviron mondial

La Slovénie et Bled
La Slovénie, qui a obtenue son indépendance le 25 juin 1991, est l’un des plus petits et aussi l’un des plus jeunes pays européens. Il est entré dans l’Union Européenne en mai 2004 et a été le premier, parmi les dix nouveaux États membres qui ont rejoint l’Union cette année là, à introduire l’euro comme monnaie officielle en janvier 2007. La Slovénie est située au carrefour de quatre paysages européen bien différents - les Alpes, la plaine Pannonienne, les montagnes Dinariques et la Méditerranée. Ces caractéristiques inoubliables et uniques du pays sont dues à l’imbrication de ces paysages. Ljubljana en est la capitale.
Les débuts de l’aviron en Slovénie remontent à l’année 1887, lorsque le premier club d’aviron fut fondé dans la ville côtière de Piran. Seulement un an plus tard, le SC Libertas a été fondé dans les environs de Koper. Les compétitions d’aviron sont apparues un peu plus tard dans la capitale, Ljubljana, ainsi qu’à Bled. La tradition d’aviron slovène a été enrichie par de nombreux succès inter- nationaux, en particulier le titre olympique de Cop et Špic en double à Sydney et 4 titres de champion du monde. Istok Cop à lui seul a obtenu 3 médailles olympiques et 12 aux championnats du monde. La population de la Slovénie se situe autour de 2 millions d’habitants dont environ 5200 vivent à Bled.

À propos du lac de Bled
Il y a deux ans Bled a célébré le centenaire de la première régate organisée sur le lac. Le pre- mier événement majeur organisé à Bled fut le championnat national yougoslave en 1930. Bled a accueilli les championnats du monde de la FISA en
1966, 1979 et 1989. Bled a également organisé un championnat d’Europe en 1956 et un championnat du monde juniors en 1971.

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Avoir la peau d'un arbitre

publié le 10 oct. 2016 à 05:45 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 10 oct. 2016 à 07:25 ]

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Membre très discrète de l’équipe de France olympique, Catherine Wittrand rentre de RIO où elle a arbitré la régate olympique d'aviron avec ses 17 collègues arbitres internationaux. Parmi les différents postes assurés pendant cette semaine, elle a eu la chance de diriger la finale du 8+ féminin.
Ancienne rameuse (niveau championnats de France) et barreuse (médaillée en championnats de France juniors 1974), elle assume cette mission sur tous les bassins de France depuis 1985 et du monde depuis 1989. Outre plusieurs manches de Coupe du Monde, Catherine a arbitré par le passé les championnats du monde juniors 1990 et 2011, les championnats du monde seniors 1993, 1996 et 2014.

Regrettant la discrétion générale autour de sa participation olympique, Catherine nous raconte ses Jeux Olympiques de Rio, y précisant sa vision essentielle du rôle d’arbitre au sein de la sphère « Aviron », rôle trop souvent ignoré pour ne pas dire méprisé voire critiqué.

J’ai découvert l’aviron à 15 ans, je venais d’arrêter la gymnastique mais ne pouvant restée sans activité physique je me suis inscrite au Cercle de l’Aviron de Nantes puisque j’habitais juste en face.

J’ai ramé de cadette à séniore mais également barré de nombreux équipages compte tenu de mon « gabarit ». C’est d’ailleurs ainsi que j’ai rencontré Philippe mon mari, qui était à la recherche d’un barreur lors de sa venue avec le Bataillon de Joinville pour la traditionnelle Tête de Rivière de Nantes.

Les circonstances personnelles et professionnelles nous ont amenés à cesser la pratique de l’aviron et c’est tout naturellement que je me suis investie dans l’arbitrage afin de rester en contact avec la compétition sans la contrainte des entrainements trop importants.

Après notre départ pour le Nord de la France, je me suis inscrite au club de Cambrai et j’ai commencé l’arbitrage, j’avais alors 25 ans, j’ai obtenu ma licence d’arbitre national en 1985 puis international en 1989.

Ce que j’affectionne le plus dans ce rôle de garant de l’équité et de la sécurité, c’est la possibilité de transmettre mon expérience, rassurer le jeune compétiteur qui s’aligne pour la 1ère fois au départ d’une course, lui faire comprendre que nous sommes là pour l’aider et veiller au bon déroulement des épreuves, de vérifier que son matériel ne présente aucun danger pour lui ou pour les autres.

Je m’efforce de rendre la relation arbitre/compétiteur la plus aidante et amicale possible mais la difficulté majeure reste l’image négative véhiculée non pas par les rameurs eux-mêmes mais bien souvent par les dirigeants; la reconnaissance de notre rôle et de notre implication est encore trop timorée et l’intégration de l’arbitre dans le dispositif sportif reste précaire. Certes l’arbitre est remercié pour son action, cité parfois, décrié aussi mais encore trop mis à l’écart.

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La commission nationale de l’arbitrage et notamment par l’intermédiaire de sa présidente tend à faire connaitre nos actions ; chacun d’entre nous participe à sa manière à l’éducation et l’enseignement de nos règles, à commencer par nos interventions au sein des clubs, lors des stages départementaux, de ligue ou nationaux ; il n’est pas rare de découvrir que nos adeptes ignorent le code des régates et quand je dis adeptes, j’inclus les entraineurs.

L’arbitre est souvent perçu comme un « gendarme » cherchant la faute; dans d’autres disciplines l’obligation d’arbitrer pour jouer à son tour a été une façon de mieux comprendre notre rôle et de mieux assimiler les règles. L’ UNSS l’a compris en obligeant depuis quelques années, les académies à fournir un jeune officiel lors des championnats, la FSU commence à s’y mettre et je suis ravie de constater que pour bon nombre de ces jeunes arbitres, la découverte de nos fonctions les enthousiasme.

Les rameurs de Club nous connaissent, les collectifs très peu si nous n’appartenons pas à leur région, nous, nous connaissons leur parcours, mais lorsque nous nous retrouvons lors d’une manifestation internationale, nous sommes bien isolés. Certes nous ne portons aucun signe distinctif nous rattachant à une nation pendant les épreuves, notre impartialité étant de rigueur, mais nous constatons que le collectif ignore notre présence. La présentation des équipes d’un collectif par un trombinoscope devrait inclure celle de l’arbitre au même titre que celle des entraineurs, médecin ou kiné.

Durant ma carrière d’arbitre, bon nombre de souvenirs me reviennent, de la régate régionale où notre intervention est la plus sollicitée car l’aménagement des bassins est loin de ressembler à celui d’un bassin de championnats (pas d’Albano, pas de tour de départ ou d’arrivée…) à la régate Olympique.

Mes satisfactions sont avant tout les remerciements d’un entraineur pour avoir accompagné ses jeunes dans leur apprentissage ou le sourire de ces derniers qui se sont sentis écoutés et rassurés, mais rien ne remplace le stress et la fierté de suivre une finale d’un évènement majeur.

A RIO nous étions 18 arbitres officiels de nationalité différente épaulés par les NTO (arbitres locaux). J’ai eu le plaisir d’être informée de ma nomination par mail émanent de la FISA en octobre 2015 suite à la proposition de la FFA. Mais proposition ne veut pas dire désignation d’office.

18 arbitres pour un nombre plus important de nations participantes revient à dire que toutes les nations n’ont pas d’arbitres au sein du jury, pour mémoire il n’y avait pas de français aux JO de Londres.

Comme pour toutes régates, l’arbitre est amené à occuper différents postes, de la commission de contrôle (embarquement, débarquement, pesée rameurs/barreurs/bateaux) au départ, à l’arrivée et sur le parcours. Aucun poste n’est plus important qu’un autre, chacun de ces derniers apporte ses satisfactions et ses contraintes; mais que de rencontres, d’échanges et de plaisirs partagés. La complicité et la coordination d’une équipe au départ, l’intensité et la concentration de celle de l’arrivée, la communication et la compréhension de la commission de contrôle et la communion dans l’effort sur le parcours. Nous partageons le stress de l’Athlète, l’impatience de l’entraineur et la vibration des supporters et même si notre engagement nous impose de longues présences chaque jour de compétitions, nous avons la chance d’être au cœur de l’action.

L’arbitrage sur le parcours a changé, nous sommes en « Zonal » durant les épreuves qualificatives et nous suivons l’intégralité du parcours en finale, pour ma part j’ai eu le privilège de suivre la finale du 8+W, spectaculaire en puissance mais plus aisé qu’une finale de 2- par exemple où l’arbitre doit être attentif et vigilent à toute problématique de direction ou d’incident, bien sûr nous ne sommes pas pour autant à l’abri de ce genre de problème avec des bateaux barrés mais les risques sont moindres.

En terme d’anecdote, si le portugais est la langue du Brésil, nous avons eu le plaisir de rencontrer des gens accueillants, chaleureux et prêts à rendre service en faisant l’effort de parler anglais et pour certains même français. Ma première pilote de bateau arbitre, une jeune brésilienne m’a avoué avoir eu, lors de ses études, un professeur francophile qui lui a appris la « Marseillaise » et c’est très fière de cet enseignement qu’elle m’a chanté notre hymne national. Certains de nos sportifs de jeux collectifs pourraient en prendre exemple !!!

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Notre séjour ayant commencé avant les épreuves des JO et poursuivis après ces derniers, nous avons eu l’occasion de découvrir cette ville gigantesque et son environnement. Située en bord de mer, son relief montagneux nous offre la possibilité d’admirer ses contours aux vues panoramiques de cartes postales; les déplacements y sont parfois difficiles tant la circulation urbaine est dense; en prenant le bus le premier reflex à avoir, est de s’accrocher fermement afin d’éviter tout risque de chute provoquée par un départ tonitruant du chauffeur, de ne pas avoir le mal des transports et avant tout de s’armer de patience car les lignes ne sont pas toujours régulières. Le métro reste le moyen de transport le plus rapide et le plus sécurisé, des rames sont exclusivement réservées aux femmes certains jours de la semaine aux heures indiquées. Une priorité est donnée aux personnes de plus de 60 ans (files aux guichets, tarifs réduits, « moi qui pensait en étant accompagnée de Philippe, pouvoir en profiter » que nenni seuls les brésiliens y ont accès !!!!) Coté nourriture, on y mange très bien pour un budget modeste, le « Caïpirinha » restant quant à lui l’apéritif local le plus prisé et la bière servie en 60cl. Bref un pays, une ville que les médias se sont trop vite empressés de décrier et qui méritent d’être découverts. Pour notre part nous sommes prêts à y retourner car grand comme 16 fois la France il faut beaucoup de temps pour tout explorer.

Après les Jeux, j’ai été informée par Josy BREGAL qu’un article paru sur Facebook faisait mention de mon intention de mettre un terme à ma fonction d’arbitre bénévole, elle s’en inquiétait. J’ai tout de suite démenti cette information et me suis interrogée sur le droit de diffuser de telles affirmations sans que j’en sois prévenue.

Il n’est pas question d’arrêter au contraire, forte de cette expérience, mon souhait est de transmettre à d’autres l’envie de s’investir dans un rôle riche d’émotions et de satisfactions. Ce n’est pas tant aux arbitres que je donnerais des conseils mais à nos dirigeants élus, qu’ils intègrent l’arbitrage comme une part essentielle du sport et qu’ils facilitent son développement.

Pierre Houin nommé "Worldrowing Rising Star" avril 2016

publié le 19 avr. 2016 à 05:31 par AIA Rameurs-Tricolores

Championnat du Monde U23 2015 - PLOVDIV (BUL)
Worldrowing Rising Star (L’Etoile Montante) Avril 2016 : Pierre HOUIN

Le site Worldrowing.com de la Fédération internationale des Sociétés d'aviron vient de nommer Pierre Houin "Etoile montante" du mois d'avril 2016. Vous trouverez ci-après la traduction de l'article paru sur ce site (cliquer ici sur ce lien pour la version originale en anglais) :

A 22 ans , Pierre Houin a pour objectif de ramer pour ses premiers Jeux Olympiques dans quelques mois à Rio de Janeiro, au Brésil.

Lors des championnats nationaux français, il y a quelques semaines, le skiffeur poids-légers français a terminé deuxième derrière Jérémie Azou et largement sur Stany Delayre arrivé en troisième position. Jérémie Azou et Stany Delayre sont champions du monde en titre en deux de couple poids-légers masculin et le résultat de Pierre Houin pourrait imposer un changement dans la sélection du double poids-légers olympique français.

En 2015, Pierre Houin est devenu champion d' Europe et champion du monde dans le skiff hommes poids-légers moins de 23 ans. Il a également gagné l’Or aux Championnats du Monde seniors en quatre de couple masculin poids-légers.

Le monde de l’aviron voit Pierre Houin comme une véritable étoile montante de sa discipline. Découvrez ci-après comment Pierre Houin a réussi à atteindre cette position proche de la sélection olympique.  

J'ai découvert l' aviron... grâce à mon frère. Il était un champion national français en 2004, quand j'avais dix ans - un bon âge pour commencer l'aviron. Je m’y suis donc vite essayé. Par ailleurs, je vivais à 300 mètres du club d'aviron.

L' aviron est le sport qui me convient le mieux, parce que... si vous voulez réussir, vous devez vous conduire avec des valeurs fortes. L’aviron m'a appris la ténacité et le respect.

Le résultat dont je suis le plus fier à ce jour est... ma deuxième place aux Championnats nationaux 2016 français en skiff hommes poids-légers. Je ne gagne pas la course, mais je suis tellement fier d'avoir poussé Jérémie Azou dans ses limites, parce que je le considère comme le meilleur rameur poids-légers au monde.

Ma course la plus difficile à ce jour fut... le quart de finale à la Coupe du Monde 2014 à Aiguebelette. Je courais en deux de couple moins de 23 ans hommes poids-légers.

Cette saison, mon objectif est... de faire partie de deux de couple poids léger masculin français aux Jeux olympiques. Et je veux y gagner l’Or.

Sur l'ergomètre, mon meilleur score est... 6:05.7 lors de l'évaluation fédérale qui a eu lieu en Décembre 2015.

Une journée typique pour moi... Levé à 6 h 30, puis petit déjeuner. Entrainement sur l'eau à 7 h 30. Puis, de 10 heures à 16 heures , j’étudie. Ensuite, je retourne à l’entrainement (en salle). Et à 22 h 00, extinction de feux !

Je partage études et entraînements avec... un mode de vie sain. Les études et la formation sont, non seulement compatibles, mais aussi très complémentaires. C'est un nécessaire équilibre ! 

Je suis motivé par... ma famille, mes amis, mes entraîneurs. Je veux qu'ils soient fiers de moi.

Mes amis « hors aviron » pensent que l' aviron est... un sport très physique. Mais il est tout aussi tout aussi technique.

Ma plus grande force est... ma détermination, sans hésitation. Je sais ce que je dois faire pour être le meilleur. Donc, je travaille là-dessus.

Dans mon frigo vous trouverez toujours... pesto et mozzarella !

Si j'étais un animal je serais un... panda, parce que pour moi, il représente la force tranquille et il m’inspire la sagesse. Il n'a besoin que de bambou et de tranquillité. 

Si je pouvais changer une chose sur le monde , ce serait... l'horaire de la dernière pesée lors d’un championnat ! 

Et dans 10 ans... Je suppose que le sport de l' aviron sera de plus en plus reconnu avec toujours les mêmes valeurs.

Palmarès international récent de Pierre Houin

Championnats du monde 2015 - Aiguebelette (Fra)

 Bateau    Course  Place  Temps    Détail
 LM4x Finale A   1  05:48.500  VIEW DETAILS
 LM4x Série  1  05:50:610  VIEW DETAILS 

Championnats du monde 2015 U23 - PLOVDIC (Bul)
 Bateau  Course  Place  Temps  Détail
 BLM1x  Finale A  1  6:57.560  VIEW DETAILS 
 BLM1x  Demi Finale  1  7:11.020  VIEW DETAILS
 BLM1x  Série  1  7:22.620  VIEW DETAILS 

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