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Histoires vécues

Cette rubrique se veut être une base de connaissance des histoires de nos championnes et champions, des témoignages de rameuses et de rameurs qui nous racontent eux-même, non pas ce qu'ils o­nt gagné ou perdu, mais ce qu'ils o­nt vécu, comment ils o­nt mener de front entraînements et études, entraînements et travail, et puis ce qu'ils o­nt réussit à devenir ensuite... Note : Vous pouvez nous communiquer vos témoignages en 2 ou 3 pages par mail adressé à : contact@rameurs-tricolores.fr
 

Les histoires vécues

Avoir la peau d'un arbitre

publié le 10 oct. 2016 à 05:45 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 10 oct. 2016 à 07:25 ]

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Membre très discrète de l’équipe de France olympique, Catherine Wittrand rentre de RIO où elle a arbitré la régate olympique d'aviron avec ses 17 collègues arbitres internationaux. Parmi les différents postes assurés pendant cette semaine, elle a eu la chance de diriger la finale du 8+ féminin.
Ancienne rameuse (niveau championnats de France) et barreuse (médaillée en championnats de France juniors 1974), elle assume cette mission sur tous les bassins de France depuis 1985 et du monde depuis 1989. Outre plusieurs manches de Coupe du Monde, Catherine a arbitré par le passé les championnats du monde juniors 1990 et 2011, les championnats du monde seniors 1993, 1996 et 2014.

Regrettant la discrétion générale autour de sa participation olympique, Catherine nous raconte ses Jeux Olympiques de Rio, y précisant sa vision essentielle du rôle d’arbitre au sein de la sphère « Aviron », rôle trop souvent ignoré pour ne pas dire méprisé voire critiqué.

J’ai découvert l’aviron à 15 ans, je venais d’arrêter la gymnastique mais ne pouvant restée sans activité physique je me suis inscrite au Cercle de l’Aviron de Nantes puisque j’habitais juste en face.

J’ai ramé de cadette à séniore mais également barré de nombreux équipages compte tenu de mon « gabarit ». C’est d’ailleurs ainsi que j’ai rencontré Philippe mon mari, qui était à la recherche d’un barreur lors de sa venue avec le Bataillon de Joinville pour la traditionnelle Tête de Rivière de Nantes.

Les circonstances personnelles et professionnelles nous ont amenés à cesser la pratique de l’aviron et c’est tout naturellement que je me suis investie dans l’arbitrage afin de rester en contact avec la compétition sans la contrainte des entrainements trop importants.

Après notre départ pour le Nord de la France, je me suis inscrite au club de Cambrai et j’ai commencé l’arbitrage, j’avais alors 25 ans, j’ai obtenu ma licence d’arbitre national en 1985 puis international en 1989.

Ce que j’affectionne le plus dans ce rôle de garant de l’équité et de la sécurité, c’est la possibilité de transmettre mon expérience, rassurer le jeune compétiteur qui s’aligne pour la 1ère fois au départ d’une course, lui faire comprendre que nous sommes là pour l’aider et veiller au bon déroulement des épreuves, de vérifier que son matériel ne présente aucun danger pour lui ou pour les autres.

Je m’efforce de rendre la relation arbitre/compétiteur la plus aidante et amicale possible mais la difficulté majeure reste l’image négative véhiculée non pas par les rameurs eux-mêmes mais bien souvent par les dirigeants; la reconnaissance de notre rôle et de notre implication est encore trop timorée et l’intégration de l’arbitre dans le dispositif sportif reste précaire. Certes l’arbitre est remercié pour son action, cité parfois, décrié aussi mais encore trop mis à l’écart.

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La commission nationale de l’arbitrage et notamment par l’intermédiaire de sa présidente tend à faire connaitre nos actions ; chacun d’entre nous participe à sa manière à l’éducation et l’enseignement de nos règles, à commencer par nos interventions au sein des clubs, lors des stages départementaux, de ligue ou nationaux ; il n’est pas rare de découvrir que nos adeptes ignorent le code des régates et quand je dis adeptes, j’inclus les entraineurs.

L’arbitre est souvent perçu comme un « gendarme » cherchant la faute; dans d’autres disciplines l’obligation d’arbitrer pour jouer à son tour a été une façon de mieux comprendre notre rôle et de mieux assimiler les règles. L’ UNSS l’a compris en obligeant depuis quelques années, les académies à fournir un jeune officiel lors des championnats, la FSU commence à s’y mettre et je suis ravie de constater que pour bon nombre de ces jeunes arbitres, la découverte de nos fonctions les enthousiasme.

Les rameurs de Club nous connaissent, les collectifs très peu si nous n’appartenons pas à leur région, nous, nous connaissons leur parcours, mais lorsque nous nous retrouvons lors d’une manifestation internationale, nous sommes bien isolés. Certes nous ne portons aucun signe distinctif nous rattachant à une nation pendant les épreuves, notre impartialité étant de rigueur, mais nous constatons que le collectif ignore notre présence. La présentation des équipes d’un collectif par un trombinoscope devrait inclure celle de l’arbitre au même titre que celle des entraineurs, médecin ou kiné.

Durant ma carrière d’arbitre, bon nombre de souvenirs me reviennent, de la régate régionale où notre intervention est la plus sollicitée car l’aménagement des bassins est loin de ressembler à celui d’un bassin de championnats (pas d’Albano, pas de tour de départ ou d’arrivée…) à la régate Olympique.

Mes satisfactions sont avant tout les remerciements d’un entraineur pour avoir accompagné ses jeunes dans leur apprentissage ou le sourire de ces derniers qui se sont sentis écoutés et rassurés, mais rien ne remplace le stress et la fierté de suivre une finale d’un évènement majeur.

A RIO nous étions 18 arbitres officiels de nationalité différente épaulés par les NTO (arbitres locaux). J’ai eu le plaisir d’être informée de ma nomination par mail émanent de la FISA en octobre 2015 suite à la proposition de la FFA. Mais proposition ne veut pas dire désignation d’office.

18 arbitres pour un nombre plus important de nations participantes revient à dire que toutes les nations n’ont pas d’arbitres au sein du jury, pour mémoire il n’y avait pas de français aux JO de Londres.

Comme pour toutes régates, l’arbitre est amené à occuper différents postes, de la commission de contrôle (embarquement, débarquement, pesée rameurs/barreurs/bateaux) au départ, à l’arrivée et sur le parcours. Aucun poste n’est plus important qu’un autre, chacun de ces derniers apporte ses satisfactions et ses contraintes; mais que de rencontres, d’échanges et de plaisirs partagés. La complicité et la coordination d’une équipe au départ, l’intensité et la concentration de celle de l’arrivée, la communication et la compréhension de la commission de contrôle et la communion dans l’effort sur le parcours. Nous partageons le stress de l’Athlète, l’impatience de l’entraineur et la vibration des supporters et même si notre engagement nous impose de longues présences chaque jour de compétitions, nous avons la chance d’être au cœur de l’action.

L’arbitrage sur le parcours a changé, nous sommes en « Zonal » durant les épreuves qualificatives et nous suivons l’intégralité du parcours en finale, pour ma part j’ai eu le privilège de suivre la finale du 8+W, spectaculaire en puissance mais plus aisé qu’une finale de 2- par exemple où l’arbitre doit être attentif et vigilent à toute problématique de direction ou d’incident, bien sûr nous ne sommes pas pour autant à l’abri de ce genre de problème avec des bateaux barrés mais les risques sont moindres.

En terme d’anecdote, si le portugais est la langue du Brésil, nous avons eu le plaisir de rencontrer des gens accueillants, chaleureux et prêts à rendre service en faisant l’effort de parler anglais et pour certains même français. Ma première pilote de bateau arbitre, une jeune brésilienne m’a avoué avoir eu, lors de ses études, un professeur francophile qui lui a appris la « Marseillaise » et c’est très fière de cet enseignement qu’elle m’a chanté notre hymne national. Certains de nos sportifs de jeux collectifs pourraient en prendre exemple !!!

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Notre séjour ayant commencé avant les épreuves des JO et poursuivis après ces derniers, nous avons eu l’occasion de découvrir cette ville gigantesque et son environnement. Située en bord de mer, son relief montagneux nous offre la possibilité d’admirer ses contours aux vues panoramiques de cartes postales; les déplacements y sont parfois difficiles tant la circulation urbaine est dense; en prenant le bus le premier reflex à avoir, est de s’accrocher fermement afin d’éviter tout risque de chute provoquée par un départ tonitruant du chauffeur, de ne pas avoir le mal des transports et avant tout de s’armer de patience car les lignes ne sont pas toujours régulières. Le métro reste le moyen de transport le plus rapide et le plus sécurisé, des rames sont exclusivement réservées aux femmes certains jours de la semaine aux heures indiquées. Une priorité est donnée aux personnes de plus de 60 ans (files aux guichets, tarifs réduits, « moi qui pensait en étant accompagnée de Philippe, pouvoir en profiter » que nenni seuls les brésiliens y ont accès !!!!) Coté nourriture, on y mange très bien pour un budget modeste, le « Caïpirinha » restant quant à lui l’apéritif local le plus prisé et la bière servie en 60cl. Bref un pays, une ville que les médias se sont trop vite empressés de décrier et qui méritent d’être découverts. Pour notre part nous sommes prêts à y retourner car grand comme 16 fois la France il faut beaucoup de temps pour tout explorer.

Après les Jeux, j’ai été informée par Josy BREGAL qu’un article paru sur Facebook faisait mention de mon intention de mettre un terme à ma fonction d’arbitre bénévole, elle s’en inquiétait. J’ai tout de suite démenti cette information et me suis interrogée sur le droit de diffuser de telles affirmations sans que j’en sois prévenue.

Il n’est pas question d’arrêter au contraire, forte de cette expérience, mon souhait est de transmettre à d’autres l’envie de s’investir dans un rôle riche d’émotions et de satisfactions. Ce n’est pas tant aux arbitres que je donnerais des conseils mais à nos dirigeants élus, qu’ils intègrent l’arbitrage comme une part essentielle du sport et qu’ils facilitent son développement.

Pierre Houin nommé "Worldrowing Rising Star" avril 2016

publié le 19 avr. 2016 à 05:31 par AIA Rameurs-Tricolores

Championnat du Monde U23 2015 - PLOVDIV (BUL)
Worldrowing Rising Star (L’Etoile Montante) Avril 2016 : Pierre HOUIN

Le site Worldrowing.com de la Fédération internationale des Sociétés d'aviron vient de nommer Pierre Houin "Etoile montante" du mois d'avril 2016. Vous trouverez ci-après la traduction de l'article paru sur ce site (cliquer ici sur ce lien pour la version originale en anglais) :

A 22 ans , Pierre Houin a pour objectif de ramer pour ses premiers Jeux Olympiques dans quelques mois à Rio de Janeiro, au Brésil.

Lors des championnats nationaux français, il y a quelques semaines, le skiffeur poids-légers français a terminé deuxième derrière Jérémie Azou et largement sur Stany Delayre arrivé en troisième position. Jérémie Azou et Stany Delayre sont champions du monde en titre en deux de couple poids-légers masculin et le résultat de Pierre Houin pourrait imposer un changement dans la sélection du double poids-légers olympique français.

En 2015, Pierre Houin est devenu champion d' Europe et champion du monde dans le skiff hommes poids-légers moins de 23 ans. Il a également gagné l’Or aux Championnats du Monde seniors en quatre de couple masculin poids-légers.

Le monde de l’aviron voit Pierre Houin comme une véritable étoile montante de sa discipline. Découvrez ci-après comment Pierre Houin a réussi à atteindre cette position proche de la sélection olympique.  

J'ai découvert l' aviron... grâce à mon frère. Il était un champion national français en 2004, quand j'avais dix ans - un bon âge pour commencer l'aviron. Je m’y suis donc vite essayé. Par ailleurs, je vivais à 300 mètres du club d'aviron.

L' aviron est le sport qui me convient le mieux, parce que... si vous voulez réussir, vous devez vous conduire avec des valeurs fortes. L’aviron m'a appris la ténacité et le respect.

Le résultat dont je suis le plus fier à ce jour est... ma deuxième place aux Championnats nationaux 2016 français en skiff hommes poids-légers. Je ne gagne pas la course, mais je suis tellement fier d'avoir poussé Jérémie Azou dans ses limites, parce que je le considère comme le meilleur rameur poids-légers au monde.

Ma course la plus difficile à ce jour fut... le quart de finale à la Coupe du Monde 2014 à Aiguebelette. Je courais en deux de couple moins de 23 ans hommes poids-légers.

Cette saison, mon objectif est... de faire partie de deux de couple poids léger masculin français aux Jeux olympiques. Et je veux y gagner l’Or.

Sur l'ergomètre, mon meilleur score est... 6:05.7 lors de l'évaluation fédérale qui a eu lieu en Décembre 2015.

Une journée typique pour moi... Levé à 6 h 30, puis petit déjeuner. Entrainement sur l'eau à 7 h 30. Puis, de 10 heures à 16 heures , j’étudie. Ensuite, je retourne à l’entrainement (en salle). Et à 22 h 00, extinction de feux !

Je partage études et entraînements avec... un mode de vie sain. Les études et la formation sont, non seulement compatibles, mais aussi très complémentaires. C'est un nécessaire équilibre ! 

Je suis motivé par... ma famille, mes amis, mes entraîneurs. Je veux qu'ils soient fiers de moi.

Mes amis « hors aviron » pensent que l' aviron est... un sport très physique. Mais il est tout aussi tout aussi technique.

Ma plus grande force est... ma détermination, sans hésitation. Je sais ce que je dois faire pour être le meilleur. Donc, je travaille là-dessus.

Dans mon frigo vous trouverez toujours... pesto et mozzarella !

Si j'étais un animal je serais un... panda, parce que pour moi, il représente la force tranquille et il m’inspire la sagesse. Il n'a besoin que de bambou et de tranquillité. 

Si je pouvais changer une chose sur le monde , ce serait... l'horaire de la dernière pesée lors d’un championnat ! 

Et dans 10 ans... Je suppose que le sport de l' aviron sera de plus en plus reconnu avec toujours les mêmes valeurs.

Palmarès international récent de Pierre Houin

Championnats du monde 2015 - Aiguebelette (Fra)

 Bateau    Course  Place  Temps    Détail
 LM4x Finale A   1  05:48.500  VIEW DETAILS
 LM4x Série  1  05:50:610  VIEW DETAILS 

Championnats du monde 2015 U23 - PLOVDIC (Bul)
 Bateau  Course  Place  Temps  Détail
 BLM1x  Finale A  1  6:57.560  VIEW DETAILS 
 BLM1x  Demi Finale  1  7:11.020  VIEW DETAILS
 BLM1x  Série  1  7:22.620  VIEW DETAILS 

Le Quatre de la presse.

publié le 9 févr. 2016 à 05:03 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 10 oct. 2016 à 07:32 ]

Gourlé-Fornara-Bosdeveix-Dolinski en stage à Malbuisson
En ces temps difficiles pour l’aviron « toutes catégories » masculin français, il semble intéressant de se rappeler la préparation olympique 1973/1976, une autre période malheureuse pour nos sélections nationales.

La saison 1973 débutait par un week-end de sélections sur le bassin de Tours. Ces trois jours furent l’occasion de rassembler tous les rameuses et rameurs français pour sélectionner les équipages de la saison et qui participeront aux matchs des 3 nations TC avec l’Allemagne, les Pays-Bas et la France et des 5 nations « espoirs » (-23 ans aujourd’hui) avec l’Allemagne, la Belgique, l’Italie, la Suisse et la France. Hormis le deux barré TC - Yves Fraisse (CN Roanne), Jean-Claude Coucardon (SN Marne), bar. Antoine Gambert (SN Marne) - et le deux de couple TC - Jean-Noël Ribot (CN Nice), Roland Thibaut (ASP Police) - ce week-end de Pentecôte n’avait laissé entrevoir que de médiocre résultats des rameurs de l’équipe de France, notamment en pointe où ceux-ci furent battus par un équipage de jeunes du Bataillon de Joinville (BJ) qui triplaient en gagnant les 4-, 4+ et 8+. 

Par la suite, les résultats des matchs confirmaient la première impression. Il n’y avait pas d’autre équipage français à niveau.

Fraisse-Coucardon (bar. Gambert) en 5ièmes en finale.
La fédération ne retenait que la minuscule sélection masculine du deux barré et du deux de couple pour les championnats d’Europe de Moscou (1).  L’annonce fut claire et sans équivoque :« Les rameurs de pointe français sont trop nuls (sic), on ne monte pas d’autre bateau pour les championnats d’Europe 1973 ».
Les deux seuls bateaux masculins  participant aux championnats d’Europe à Moscou revinrent avec une 5ième place (2+) et une 6ième place (2X). Les féminines pour leur part classaient leur 4 de couple barré – Dominique Cologni (Aviron Romanais), Muriel Lefèbvre (SN Compiègne), Françoise Ménardais (RC Marseille), Marie-Claude Sulin (SN Perreux), bar. Marie-Hélène Gin (YR Cognac) – à la 6ième place et le skiff (Annick Antoine) à la 8ième.

Janvier 1974 voyait la construction d’un 4 barré "fédéral" basé à l’INS (2) avec des rameurs choisis par la DTN : Jean-Jacques Mulot (SN Oise) , Bernard Bruand (YRC Cognac) et Jean Perrot (EN Bergerac) barrés par Alain Lacoste (SN Marne), tous quatre issus du huit du BJ demi-finaliste olympique à Munich 1972,  et Patrick Bosdeveix (AS Mantaise), jeune espoir du BJ 1973. Après plusieurs régates internationales aux résultats moyens, le bateau se séparait en deux paires.
Début août 1974, à un mois des championnats du monde, se déroulait un « Championnat de France Seniors Mixtes » ouvert à tous les équipages (internationaux, mixtes de clubs). Une nouvelle fois, chez les hommes, les équipages de pointe qui en ressortaient n’apportaient pas d’éclairage international à la FFSA. Celle-ci restait sur ses positions de l'année précédente : « Hormis le deux barré, les rameurs de pointe français sont nuls (sic). Il n’y aura pas d’autre bateau de pointe chez les hommes aux mondiaux de Lucerne 1974 ».

Les rameurs, les entraineurs et le monde de l’aviron français restaient abasourdis par cette décision sans retour. Et ils n’étaient pas seuls. La presse nationale et régionale représentée notamment par L’Equipe, Sud-Ouest, Le Parisien Libéré, Paris-Normandie et le Figaro se fâchait et lançait une campagne sans précédent soulignant que l’aviron français n’avait pas à avoir honte de ses rameurs et que notre fédération devait présenter au moins un bateau long de pointe masculin au mondiaux, ceci d’autant plus qu’ils se déroulaient à Lucerne.
Sous la pression, la fédération révisait sa copie, convoquant en urgence cinq jeunes rameurs tous médaillés d’or aux championnats de France de Tours, Gérard Gourlé (SN Soisson), Michel Dolinski (SN Soisson ) et Jean-Pierre Guétrot (CN Versailles) issus du 8+ du BJ 1974, Serge Fornara (CA Evian) issu du 4- savoyard, Patrick Bosdeveix (AS Mantaise) issu du 2- (et du 4+ fédéral). Un quatre sans barreur devait impérativement être constitué pour préparer sa sélection pour Lucerne lors du handicap de fin de stage terminal à Bellecin, deux semaines plus tard.

Des quinze jours de stage à Malbuisson sorti le bateau que les journalistes nommèrent le « Quatre de la Presse » Gourlé-Fornara-Bosdeveix-Dolinski d’une moyenne d’âge de 20 ans. Ce bateau préparé par Yvon Petit terminait la régate « handicap » avec brio et se qualifiait pour les mondiaux de Lucerne.

Le quatre sans barreur (ligne d'eau 3) au départ de la petite finale.


Deux semaines plus tard, cet équipage, vainqueur de la petite finale, se classait 7ième des mondiaux, manquant son entrée en finale de peu suite à quelques erreurs de jeunesse. Dommage, car leur 4ième chrono mondial laissait à penser que nos pointus français n’étaient pas si nuls qu’on l’avait dit.

Patrick Bosdeveix

(1) Les championnats du monde ne se ramaient que tous les 4 ans en alternance avec les JO
(2) Aujourd’hui l’INSEP

A la découverte de... Hugo Laborde (aviron)

publié le 22 mai 2015 à 01:28 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 24 mai 2015 à 00:24 ]

http://metro-sports.fr/montagne/sport-u-grenoble/8756-a-la-decouverte-de-hugo-laborde-aviron.html
Dans son édition "Montagne" du mercredi 20 Mai 2015, Metro-Sport via la plume de Frédéric Sougey, publiait un article "Découverte du ... Hugo Laborde" mettant en valeur à la fois ses qualités de rameur, son parcours scolaire et sportif, et ses projets.

Il aurait dû participer aux championnats de France Universitaire d'aviron le week-end prochain, à Bourges Val d'Auron, mais un calendrier de compétitions trop chargé l'empêchera de défendre son titre. Cela ne nous empêche pas de faire mieux connaissance avec le rameur de l'Aviron Grenoblois et étudiant à l'UJF Hugo Laborde, qui nous parle de ses parcours sportif et scolaire mais aussi de ses prochaines échéances importantes et de son objectif à long terme.

Ses parcours sportif & scolaire

J’ai 21 ans et je suis actuellement étudiant à l’IUT Génie Thermique et Énergie de Grenoble au sein de l’Université Joseph Fourier.

J’ai commencé l’aviron par hasard, pour suivre mes copains du collège Mercier-Saint-Paul de Meulan (78), ma ville d’origine. Après trois ans d’initiations, j’ai pu intégrer le pôle espoir Île-de-France : nous étions à l’internat au centre du Bataillon de Joinville à Fontainebleau. Ce fut un grand pas pour moi : du collège au lycée, de l’aviron découverte au sport de haut niveau et surtout du cocon familial à l’internat rempli de sportifs et de militaires ! 60 sportifs entre 15 et 25 ans, je vous laisse imaginer l’ambiance ! Ce fut une grande aventure et nous ne manquons pas de nous rappeler les bons moments passés ici. Durant ces deux années d’internat, j’ai réussi à intégrer l’équipe de France Junior et j’ai pu vivre mes premiers championnats du Monde. 


Une fois le baccalauréat en poche, mon coéquipier et moi avons décidé de continuer notre aventure ensemble, à Grenoble cette fois-ci. La ville remplissait pour nous tous les critères pour le titre de « ville parfaite » : Un des meilleurs clubs Français d’aviron (1 er club en 2012), une région hyper dynamique au niveau sportif et scientifique, une ville étudiante…
Depuis septembre 2013, je vis donc au sein de « la cuvette » pour y mener mon double projet : au sein de « l’Aviron Grenoblois », nous avons trouvé de nouveaux coéquipiers qui sont maintenant de fidèles amis pour s’entrainer chaque jour.

Lire la suite de l'article : http://metro-sports.fr/montagne/sport-u-grenoble/8756-a-la-decouverte-de-hugo-laborde-aviron.html

Avec nos remerciements à l'auteur Frédéric Sougey ainsi qu'à Metro Sports, le site d'actu des clubs et des sportifs des Alpes.

Rappel du palmarès en équipe de France de Hugo Laborde à ce jour.

  • 2011 - 4+ 9 ième aux championnats du monde juniors
  • 2012 - 4+ 6 ième aux championnats du monde juniors
  • 2014 - 4- 11 ième aux xhampionnat du monde "Moins de 23 ans"

Albéric Cormerais : Il nous a tirés vers le haut

publié le 17 févr. 2015 à 09:11 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 26 mai 2015 à 02:18 ]

http://www.votrecoach.fr/histoire-de-coaching/aviron-il-nous-tires-vers-le-haut/
Le groupe bancaire BPCE partenaire du Comité National Olympique du Sport Français parle sur son site Internet http://www.votrecoach.fr/ des coachs sportifs de nombreuses disciplines sportives via diverses rubriques toutes plus intéressantes les unes que les autres, et notamment  :
 - Conseils de coach
 - Histoires de coaching
 - Actualités des coachs
 - ...

Que ce soit le football avec Carlo Ancelotti (entraineur du Real de Madrid), la natation avec Romain Barnier (entraineur en chef des équipes de France de natation), le combiné nordique avec Étienne Gouy (équipe de France masculine de combiné nordique) ou encore le handball avec le célèbre Claude Onesta (sélectionneur de l’équipe de France) et de nombreux autres encore, ces articles apportent beaucoup au lecteur.

L'aviron y a aussi sa part depuis ce mois de février 2014 avec un sujet intitulé “Aviron : Il nous a tirés vers le haut” par l'intermédiaire de l'international Albéric Cormerais qui nous parle de son entraîneur de club Vincent Martin qui a largement contribué à sa carrière et à sa médaille d'or lors des derniers championnats du monde U23 (catégorie Moins de 23 ans). 

Voici cet article, avec l'aimable autorisation de VotreCoach.fr :

Insuffler un état d’esprit

J’ai découvert l’aviron à 10 ans lors d’une classe verte avec mon école primaire et j’ai beaucoup apprécié. À la rentrée, ma mère m’a inscrit au club le plus près de chez moi, le Cercle nautique de France, à Neuilly. J’ai alors eu un premier entraîneur qui m’a fait progresser durant mes années minimes et cadets. Lorsque je suis passé junior, un nouvel entraîneur, Vincent Martin, est arrivé au club et il a pris en main tout un groupe de jeunes. Si le contenu des séances n’a pas fondamentalement changé, il a apporté un nouvel état d’esprit. Il a créé une formidable dynamique dans le club, qui nous a tirés vers le haut malgré de mauvaises conditions d’entraînement, une salle de musculation défectueuse, de vieux bateaux et le courant très fort de la Seine. Bien sûr, il n’a pas changé le courant de la Seine, mais il a obtenu que l’on puisse ramer de temps en temps sur un bassin adapté à Mantes, il a décroché des moyens pour refaire la salle de musculation et pour changer nos bateaux.

À mon écoute

Et puis, surtout, il a amené son enthousiasme et sa rigueur. Par exemple, il nous a demandé de faire un travail de musculation après les séances sur l’eau. Au début j’ai eu du mal à m’adapter, je n’en voyais pas l’intérêt. La première compétition, je l’ai terminée loin derrière le premier. Mon coach m’a dit : ce n’est pas cette année que tu seras champion de France, mais cela viendra. Puis j’ai fini par adopter ses méthodes et finalement, au printemps, je devenais champion de France juniors en skiff et j’intégrais l’Équipe de France, avec à la clé un titre de vice-champion du monde ! Depuis j’ai pris mes marques avec lui, nous avons nos habitudes et il y a désormais au club un vrai groupe de rameurs qui s’entraînent au quotidien. Sans cet élan, jamais je n’aurais intégré l’Équipe de France.
Et puis il sait être à l’écoute. En 2013, avec mes partenaires en quatre de couple, nous avions terminé à une décevante 5e place aux championnats du monde. Comme j’étais en école de commerce, je devais partir six mois à l’étranger. Alors que beaucoup ont essayé de me dissuader de me lancer dans ce projet, en me disant que je ne pouvais pas me permettre de rester dans le groupe sans m’entraîner intensivement, lui m’a soutenu, en me disant que cette coupure allait me faire du bien. Et je suis ainsi parti en Hongrie durant un semestre, il m’avait fait un petit programme pour m’entretenir. J’ai repris l’entraînement en janvier 2014, frais, bien dans mes baskets, la déception oubliée et six mois après… avec mon coéquipier Mickaël Marteau, nous devenions Champions du monde des moins de 23 ans en deux de couple !

Ces nombreux articles et actualités sur les coachs sont enrichis régulièrement et disponibles sur ce site et sur les réseaux sociaux. Nous vous encourageons vivement à les y découvrir et à vous y abonner :
 - Site Internet : http://www.votrecoach.fr/
 - Compte Twitter : https://twitter.com/VotreCoach

Avec nos remerciements au Groupe BPCE pour nous avoir autorisé à publier ces quelques lignes.

Antoine Jesel, un chemin de vie peu commun...

publié le 6 déc. 2014 à 02:40 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 9 févr. 2016 à 05:01 ]

Antoine Jesel (Aviron de Joinville) médaillé de bronze aux mondiaux d'Amsterdam 2014 a été récompensé du Trophée des Espoirs récemment lors de la 11ième cérémonie des Trophées par l'Association des Anciens de l'INS. Son parcours de vie lui a valu ce très bel article "Un chemin de vie peu commun" dans le dernier Mag Aviron (numéro 18) que nous remercions vivement pour nous avoir autorisé à publier cet article.

ANTOINE JESEL 

Médaillé d'argent en double LTA (jambes, tronc, bras) à Amsterdam cet été, Antoine Jesel aurait pu ne pas rebondir dans le monde de l'aviron. Mais le courage et la persévérance ont été les maîtres mots de son parcours. Un chemin de vie peu commun qu'il nous a raconté.
https://picasaweb.google.com/109153224870056939507/2014LesPhotosDeLaSaison2014#6089658363680444818
Si Antoine Jesel a fait ses premières armes sur l'eau, c'est à la voile qu'il a commencé, à Beaucaire. "J'étais tout jeune sur mon Optimist, se souvient-il, un jour Adrien Hardy m'a percuté en skiff. Je me suis dit que ça devait être sympa ce sport où on peut percuter les autres".

Il s'essaie alors à l'aviron et a tout de suite accroché. De Beaucaire, il part en deuxième année cadet à Avignon. "J'habitais dans un petit village et c'était plus pratique pour moi, même si je devais prendre train, bus, vélo et rollers pour aller au club, et Marc (Boudoux, NDLR) me faisait traverser en canot moteur pour aller sur l'île de la Barthelasse. Ça me fait rire d'entendre les parents se plaindre que leurs enfants sont trop souvent à l'aviron, j'y allais par tous les moyens". En dernière année junior, il finit champion de France en quatre de couple et décroche une médaille de bronze, toujours en quatre de couple, à la coupe de la jeunesse à Cork en Irlande ; comme quoi, la motivation pour aller ramer paye.
Professionnellement, c'est l'audiovisuel qui l'attire : intermittent du spectacle, il devient second assistant réalisateur. En 2004, alors âgé de 23 ans, la vie d'Antoine Jesel bascule. Rentrant de tournage en République Tchèque, alors qu'il vient tout juste de récupérer sa moto et qu'il traverse un carrefour, un conducteur anglais au volant d'une voiture de location s'engage sans raison, lui coupe la priorité ; il tente de l'éviter mais est éjecté à quinze mètres, sur le trottoir. Conscient, il se voit alors assis, la jambe en sang, mais sombre dans le coma. Quinze heures de chirurgie en urgence sont nécessaires pour tenter de sauver sa jambe. Pendant six mois, il reste allongé sur un lit d'hôpital sans pouvoir en sortir, la jambe immobilisée. "J'avais l'impression d'être un poisson dans un bocal, la vie continuait dehors sans moi".
Après vingt trois opérations, de multiples greffes d'os et de peau, un an de rééducation en fauteuil dans un centre, il finit par remarcher, mais cela lui aura pris deux ans. Le courage, c'est son expérience sportive qui lui a apporté. "Je l'ai pris comme une échéance, l'esprit de compétition m'a aidé à me reconstruire physiquement". Antoine n'avait qu'une idée : remonter en bateau.
C'est à l'Aviron Marne et Joinville qu'il le fait finalement en 2005, non sans mal : son genou est bloqué et l'empêche de plier la jambe, une opération va lui permettre de le libérer. Un autre problème est sa cheville qui elle aussi est bloquée. Ne pouvant rien y faire médicalement, c'est sur sa planche de pied qu'il va travailler. "J'ai apprécié le système Shimano quand il est sorti, note Antoine, mais j'ai dû l'adapter". 
Reprenant la compétition en 2008, Charles Delval, alors dans le collectif paralympique, entend parler de lui et de son accident. "On se connaissait comme adversaires, commente Antoine, il me propose alors de rentrer dans le projet. Il m'a remis le pied à l'étrier et m'a beaucoup aidé". Sélectionné aux bateaux courts, il entre en équipe de France. Les Jeux paralympiques se profilent, à Londres ! L'Angleterre, un souvenir prégnant :

"C'était une évidence, un Anglais m'avait renversé. Je voulais me reconstruire mais dans la colère, il me manquait une brique. Je voulais comprendre ce qui s'était passé, ce jour-là, savoir pourquoi il avait démarré dans ce carrefour : au tribunal, il n'était pas venu alors que j'avais fait le déplacement contre l'avis de mes médecins. Sa peine avait été légère, car on ne connaissait pas l'étendue des séquelles dont j'allais souffrir".

Antoine fouille dans le dossier de son accident, retrouve ses coordonnées et tente de le joindre, mais sans laisser de messages. L'échéance sportive arrive : il se décide finalement à envoyer au chauffard britannique des billets pour les épreuves d'aviron aux Jeux. "Je lui ai écrit un mot à l'arrière d'une carte postale du quatre barré, je me suis fléché sur la photo, c'était une revanche pacifique". A Londres, Antoine y repense, mais il veut vivre son expérience paralympique à fond. Ce n'est qu'à la fin des courses que l'un des bénévoles qui accompagne l'équipage lui demande s'il est bien le rameur dont on parle sur Twitter. "Je prends mon téléphone et là je vois les posts, le blog que l'Anglais avait écrits, la photo qu'il a prise depuis la tribune : il était venu voir la course. C'était une émotion énorme, mais c'était aussi un de mes buts". Les Jeux touchent à leur fin, Antoine hésite mais finit par le contacter : les deux hommes se donnent un rendez-vous dans un pub à Londres.

"Je ne savais pas comment ça allait se passer, la rencontre a été forte. Ce n'était pas le chauffard que j'imaginais, mais un père de famille, amateur de musique, quelqu'un de normal et il s'est expliqué : il a paniqué de se retrouver face à un sens unique, avec des commandes inversées par rapport à ses habitudes. Quand les gendarmes l'ont trouvé, il essayait de revenir mais il était pris dans le flot de la circulation. Il sentait bien lui aussi que cette histoire n'était pas finie, mais il se sentait coupable qu'il pensait inapproprié de revenir vers moi. Je l'ai trouvé sincère. Les larmes sont montées, et on a bu des bières !"

Assumant ses actes, il propose à Antoine de publier les deux visions de leur histoire, scellant ainsi le pardon de l'athlète français à son égard. Après s'être reconstruit physiquement, Antoine Jesel a ainsi pu se reconstruire moralement.

"Tout avait pris un sens, j'avais comblé un vide mais j'ai mis du temps à m'en remettre. C'était une victoire, pas forcément sur un podium, et ça m'a permis de réaliser qu'il me restait encore de la colère et de pouvoir passer à autre chose".

L'histoire d'Antoine, au-delà de l'émotion qui ne peut laisser personne indifférent, est une formidable leçon de persévérance, un exemple de combat mais aussi une belle leçon de vie : "J'ai compris qu'un accident pouvait arriver à n'importe qui, à n'importe quel moment, et qu'il est difficile de vivre avec les conséquences que l'on soit victime ou responsable. Qui peut dire entre autres qu'il n'a jamais grillé une priorité ? Je ne peux plus tout faire comme avant, mais il y a toujours une solution pour s'adapter. Cette adaptation n'est pas un choix, mais une nécessité que l'on m'a imposée, c'est ce qui est parfois difficile à accepter. Mais ce n'est pas insurmontable si on est bien entouré, et de ce point de vue là, j'ai beaucoup de chance !"

https://picasaweb.google.com/lh/photo/syFxBh3y-yU0YYuSrp6KPdMTjNZETYmyPJy0liipFm0?feat=directlink


La médaille de bronze à Amsterdam, en août 2014, est arrivée comme une concrétisation des efforts, après des Jeux un peu ternes sportivement. "Je laisse tous mes mauvais souvenirs derrière moi". Le rameur se prépare bien entendu pour Rio et espère une sélection, mais c'est une échéance bien différente qui l'attend sous peu : la paternité ! Il va maintenant devoir jongler entre son travail de monteur, toujours dans l'audiovisuel, sa carrière sportive à l'aviron et son rôle de papa.

Fabrice Petit


http://www.magaviron.fr

SUPREMATIE DE LA RDA aux quatrièmes championnats du monde à l'aviron

publié le 20 janv. 2014 à 02:18 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 10 févr. 2014 à 02:17 ]

France Petit-Gaud (ex internationale de canoë-kayak et présidente de l'AIFCK) et Yvon Petit (ex-international et ex-entraîneur de l'équipe de France d'aviron) écrivaient  dans la revue EPS (mai-juin 1975) un article dont voici quelques extraits sur les 4ièmes championnats du monde d'aviron de Lucerne en 1974. Cette période de l'histoire de notre discipline vivait des évolutions importantes dont il est bon de se souvenir :


https://picasaweb.google.com/109153224870056939507/1974ChampionnatDuMondeDAvironLucerne#5970918967004360946
Les championnats du monde d'aviron se sont déroulés du 29 août au 8 septembre 1974 sur le Rotsee, petit lac que domine le Mont-Pilate, à proximité de Lucerne et du lac des Quatre Cantons.
Long de 2.400 m pour une largeur minimum de 136 m et d'une profondeur variant de 7 à 15 m, ce bassin est reconnu comme le plus régulier dans un cadre naturel.
Le Rotsee sur lequel s'était déjà déroulé le premier Championnat du monde masculin fut du 29 août au 8 septembre le théâtre des premières épreuves mondiales d'aviron féminin ; mais l'intérêt majeur fut sans conteste le quatrième Championnat du monde masculin (épreuve organisée jusqu'alors tous les quatre ans) dans lequel les cent cinquante-sept équipages représentant trente-deux nations se disputèrent âprement les huit titres mis en jeu.

[...]

Trois nouveautés ont marqué les compétitions de Lucerne :
1. L'apparition d'un championnat du monde féminin qui a regroupé vingt-et-une nations.
2. Une nouvelle discipline masculine : le quatre en couple sans barreur (bateau rapide et technique).
3. Des courses FISA poids léger en : skiff, quatre sans barreur et huit (poids maximum 70 kg en skiff ou moyenne de 70 kg pour les équipes avec un maximum individuel de 72 kg).

[...]

Les temps intermédiaires aux 500 m, 1.000 m et 1.500 m ainsi qu'à l'arrivée étaient enregistrés électroniquement. L'arrivée a été filmée au vidéoscope à raison de cent images par seconde.
La télévision suisse a pu retransmettre des images en couleur de tout le parcours grâce aux « caméras flottantes » placées sur un immense catamaran qui ne fait pratiquement pas de vague et peut ainsi naviguer en même temps que se déroulent les courses.

https://picasaweb.google.com/109153224870056939507/1974ChampionnatDuMondeDAvironLucerne#5510870603256599842

[...]

Les constructeurs ouest-allemands se sont, quant à eux, résolument lancés dans la recherche concernant l'application du polyester rigidifié par la fibre de carbone.
Un des deux principaux constructeurs de la république fédérale Allemande assure la construction des huits en bois (sur le Rotsee, huit bateaux sur douze sortaient de ses chantiers) mais continue ses expériences de bateaux polyester (un quatre sans barreur a participé à la course poids légers).

L'autre constructeur semble plus avancé dans la recherche concernant le polyester. Il utilise un tissu mixte composé de fibres de verre pour la trame et de fibres de carbone pour la chaîne. Ce tissu et l'emploi de résines appropriées permettent d'obtenir une rigidité du bateau supérieure à celle obtenue avec la construction traditionnelle.
Des études ont, de plus, porté sur l'allégement maximal de tout l'équipement intérieur du bateau sans préjuger pour autant de la rigidité. Les couples intérieurs en contre-plaqué et duralumin sont renforcés par des croisillons en alliage léger. Les portants ont un profil aérodynamique et sont facilement réglables. Le gain de poids est important, par exemple 10 kg pour un quatre.

[...]

La longueur des rails de coulisse ont tendance à s'allonger avec cependant un maximum de 83 cm, ce qui augmente le travail de jambes désormais facilité par des chaussures flexibles qui ont remplacé les cale-pieds traditionnels. Il est fort probable toutefois qu'avec 83 cm la valeur optimale soit dépassée et qu'à l'avenir des longueurs de l'ordre de 75 à 80 cm prévaudront.
https://picasaweb.google.com/109153224870056939507/1974ChampionnatDuMondeDAvironLucerne#5510870605720057666

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COMPORTEMENT DES FRANÇAIS

Les eaux de Lucerne ont depuis longtemps accueilli les rameurs français. En 1882, le rowing club de France de Strasbourg, première société étrangère à participer aux régates de Lucerne, remportait toutes les courses. Plus récemment aux Championnats du monde de 1962, les quatre bateaux engagés enlevèrent quatre médailles dont une d'or en double scull ; mais depuis cette date les résultats ne furent plus aussi heureux et la France occupait depuis quatre ans le dix-huitième rang mondial. Cette année, notre équipe nationale remonte au douzième rang grâce à de bons résultats d'ensemble :
 - Deux barré (Fraisse-Coucardon) : cinquième,
 - Quatre sans barreur (Gourlé-Fornara-Bosdeveix-Dolinski) : septième, 
 - Quatre en couple (Weil-Mérindol-Imbert-Crispon) : huitième,
 - Double scull (Ribot- Thibaut) : dixième.
https://picasaweb.google.com/109153224870056939507/1974ChampionnatDuMondeDAvironLucerne#5510870592582178850

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Huit
La plus belle finale de tous les temps a déclaré le président de la FISA, T. Keller.
C'est devant une foule en délire, enthousiasmée encore davantage par le sursaut anglosaxon, devant les équipes de l'Est, que fut décerné le titre le plus envié.
1. USA entraîné par Rosenberg « the little Giant » devant la Grande-Bretagne (ce huit national est l'oeuvre de l'entraîneur Tchèque Janucek.
3. Nouvelle-Zélande, équipe impressionnante d'aisance et première jusqu'aux 1.800 m (moyenne d'âge 23 ans, taille 1,89 m, poids 88 kg), entraîneur Robertson. Cette équipe est composée à 50 % par les rameurs du huit champion d'Europe 1971 et champion olympique 1972.
4. RDA entraîné par le Pr Dr Korner.
5. URSS, troisième aux championnats 1973.
6. RFA.
Les championnats du monde 1974 ont été couronnés avec cette finale à huit formidable où nous avons remarqué des équipes toujours meilleures et surtout davantage d'embarcations de valeur sensiblement identique.

France et Yvon PETIT

Interview de Jonathan Coeffic, médaillé olympique 2008 et retraité

publié le 7 août 2013 à 02:29 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 2 sept. 2014 à 09:59 ]

S’il est des rameurs qui sont discrets, Jonathan Coeffic en fait partie, consacré par une brillante carrière qui s’est terminée au cours de l’olympiade de Londres 2012, en septembre 2011, et après 12 années passées au niveau international. Son palmarès impressionnant sous le bras, et tout comme le fut sa carrière, ce départ en retraite reste des plus discrets.

Jonathan a accepté de se livrer à nous à cœur ouvert dans une interview intéressante tellement elle est transparente et complète et nous l’en remercions vivement.

Tes débuts à l'aviron

AIA : Comment et pourquoi tu es arrivé dans ton club ?
JC : J’ai débuté l’aviron à 11 ans. Mon médecin de l’époque avait conseillé à mes parents de me faire essayer ce sport. On m’a toujours dit que c’est parce que j’avais grandi un peu vite et qu’il fallait que je me muscle le dos, mais avec le recul et les photos de l’époque, je me dis que mon léger embonpoint en était une des raisons cachées…Il y avait un club près du cabinet de ce médecin, mais mes parents, lors de leur recherche pour m’inscrire se sont trompés de club et m’ont emmené à l’aviron Majolan. Et c’est là que j’ai fait toute ma carrière.

AIA : Tes premiers pas à l'aviron, ta première régate, ton meilleur souvenir de cette époque ?
JC : Ma première année d’aviron m’a plu pour l’ambiance qui régnait au club. Je n’aimais pas particulièrement ramer à l’entrainement, et préférais quand le vent soufflait fort et qu’on allait jouer au foot dans le parc voisin. Malgré tout j’avais tenté de mentir sur mon âge car les benjamins ne faisaient pas de compétition et qu’au fond de moi, je commençais à avoir la flamme. Mais bien sûr ça n’a pas marché…La naïveté de la jeunesse…Ensuite mes meilleurs souvenirs de cette époque datent de la 2nd année de minime. Je ramais en double, qui plus est, avec un ami d’enfance, et nous étions assez facilement dans les meilleurs de la région, puis de France. J’ai encore en mémoire un entrainement matinal en stage de club au mois d’avril ; tout était très calme, une brume de quelques dizaines de centimètres recouvrait le plan d’eau, le soleil commençait à poindre, et nous sommes montés sur l’eau. J’ai ressenti à ce moment là une plénitude parfaite. C’était magnifique. Nous avons également pu faire notre première course avec des cygnes. J’ai peut être compris à ce moment là que ce sport était magique.
Malheureusement, aux championnats de France minimes, cette même année, une fausse pelle (de ma part) à 30 m de la ligne d’arrivée, alors que la 2nd place nous était promise, nous rejette inexorablement à la 6ème place. Bizarrement ma première belle saison c’est terminé par un drame (à l’époque s’en était un).

École de la vie 

AIA : Qu’est-ce que la pratique de l'aviron, en compétition, dans ton club, t’a apporté ?
JC : Avant tout, je crois que j’ai appris à me connaître et à avoir confiance en moi. J’ai appris que toute récompense mérite son prix, et que le travail, la rigueur, l’obstination avec une dose de bon sens, nous emmène à peu près là où on voulait aller.

AIA : Médaillé de bronze aux JO de Pékin 2008, vice-champion du monde 2007 à Munich, de nombreuses fois sélectionné en équipe de France et médaillé au championnat de France, que représente pour toi « l’équipe » ?
JC : L’équipe c’est déjà un moyen de faire à plusieurs ce que l’on ne pourrait pas faire seul. Par conséquent, c’est une force. C’est aussi rendre une performance encore plus belle parce qu’elle est partagée et que toute l’équipe sait l’énergie et le travail que cela à demandé. Sur le moment, gagner seul est très valorisant et rend très fier. Mais je me rends compte aujourd’hui que les  souvenirs qui me reviennent en premier à l’esprit sont des moments collectifs. 
Je sais que toute ma vie je pourrais me remémorer ces souvenirs avec mes coéquipiers ou entraineur de l’époque. Eux qui savent parce qu’ils ont vécu ces moments là avec moi.

Ta carrière internationale

AIA : Quel regard portes-tu sur ta carrière de sportif de haut-niveau ?
JC : De la nostalgie je crois, et un beau souvenir de façon certaine. Même la plupart des moments difficiles  deviennent avec le temps des bons souvenirs, car je me rends compte que ces déceptions, échecs, ou entraînements qui à l’époque me donnaient envie de chialer, de crier ou de me taper la tête sur un mur (et oui ca m’est arrivé…) faisaient parti d’un tout et que ce tout est une belle chose.
 Ma carrière à beaucoup participé à ce que je suis aujourd’hui. J’ai travaillé pour accomplir des objectifs, que j’ai atteint pour certains, mais j’ai surtout, et je me répète, des centaines de souvenirs qui font partis de moi et me donne parfois la force de m’investir dans de nouveaux projet, en sachant que, aussi dur que ce soit, j’en retirerais du bon.

AIA : Tes 2 ou 3 moments les plus forts, ce que tu en as retenu ?
JC : Ce n’est pas évident de ne retenir que 2 ou 3 moments. Je dirais que lorsque je repense à ma carrière, les moments qui me revienne systématiquement sont la finale des championnats du monde 2007 à Munich en 4X avec Jean-David, Julien et Cédric, et notre 2nd place. La demi-finale des championnats du monde de Séville en 2002 en 4X avec Fred Doucet, Xavier Philippe et Julien Despres : nos premiers championnats du monde et une presque finale si nous n’avions pas laissé passé les Biélorusses à 100 m de la ligne…
J’ajouterai mon titre en skiff en 2006, qui a été très intense pour moi, et les championnats du monde 2005 au Japon en 2X avec JB Macquet. 
Pour finir, les régates Royale d’Henley en 2006. Course atypique et géniale.
Globalement ce sont surtout des instants de partage avec des personnes qui sont devenus des amis. Mais la liste n’est pas exhaustive : en repensant à tous ça, beaucoup d’autres moments forts me reviennent à l’esprit.

AIA : Tes 2 ou 3 plus grosses frustrations ou déceptions et ton analyse à posteriori ?
JC : Le temps a passé, mais je garderai toujours en mémoire le manque de sérénité entre le moi d’avril 2008 et les jeux olympiques de Beijing. Je suis passé de la conviction que rien ne pouvait m’arriver, avec une confiance sans limite dans le groupe, à un état de doute permanent pendant  toute la saison internationale, suite aux choix du directeur des équipes de France. J’ai beau penser encore et encore à tous ça, je n’arrive pas à me satisfaire de la façon dont cette saison s’est déroulée et à en comprendre la logique sportive. Si je pouvais recommencer et changer quelque chose, ce serait ça. 
Manquer la finale mondiale en 2005 (2x), année ou le podium nous était accessible. La encore nous n’avons pas su rester serein en fin de course, alors que nous étions dans les places qualificatives.

AIA : La carrière d’un champion, c’est aussi opter au bon moment pour le bon choix. A posteriori, as-tu le sentiment d’avoir fait un mauvais choix à un moment de ta carrière et le quel ? Si tu pouvais recommencer, que ferais-tu ?
JC : Il y a un choix que j’ai fait, et que je regrette. Mais je l’ai pris parce que j’en avais vraiment besoin : 
Il s’agit de la période « sabbatique » que j’ai voulu prendre après les jeux olympiques de 2008. Parfois je me demande ce qui se serait passé si je n’avais pas dit à l’équipe : « faites sans moi cette année, on verra ou j’en suis au mois d’avril, et ce que je donnerai à ce moment là ». Je fais 3ème cette année là en skiff, et pas loin de la 2nd place, et je me demande ce qu’aurait été la suite de cette saison et les saisons suivantes si je m’étais plus entrainé cet hiver là. Il y a vraiment eu pour moi et mes performances un « avant Pékin » et un « après Pékin » : J’ai un peu l’impression que m’a carrière s’est arrêté fin 2008, alors que j’ai ramé jusqu’aux championnats du monde 2011.
A posteriori je me dis donc que j’aurai du : soit mettre un terme définitif à ma carrière après les JO en 2008, soit continuer à fond. Mais pas faire les choses comme à moitié. Tout ceci est beaucoup plus facile à dire maintenant qu’à faire à l’époque…

Coeffic Championnat de France Btx Longs-Mantes 2008 (photo Papa Dudu)Reconversion

AIA : Quelles études/formations as-tu mené et quelle est ta profession ?
JC : J’ai fait mes études à l’INSA  de Lyon en section Sport-études : cette école d’ingénieur m’a offert, à moi et beaucoup d’autres sportifs, une vrai solution pour mener ces projets pro et sportif de front. Aujourd’hui, je suis « ingénieur méthodes » dans le bâtiment : Je m’occupe d’organiser les chantiers de construction de bâtiment. Pour faire simple mon boulot est de  faire le chantier sur le papier avant que d’autre le réalise en vrai. C’est la dernière phase d’étude avant la production et cela permet d’anticiper les problèmes (autant que possible…). Nous faisons les plannings, le choix des matériels et de leur quantité, le choix des techniques de construction, et des modes opératoires, la sécurité des ouvriers…

AIA :  L'aviron a-t-il influencé ton orientation professionnelle ?
JC : Je ne peux pas le nier : peut-être aurais-je choisi une autre voie, une voie qui ne proposait pas d’aménagement sport-étude. J’ai suivi mon cursus sans trop réfléchir en prenant à chaque fois la moins mauvaise solution pour continuer à ramer et assurer mon avenir professionnel. Ce qui est sûr c’est que le sport de haut niveau m’a empêché de faire certains choix, mais d’un autre coté, il m’en a permis d’autres. Ce que j’ai vécu me suffit amplement pour me dire que mes choix ont été les bons et que je n’ai pas à essayer de savoir ce qu’aurait été ma vie autrement.

AIA : Penses-tu que la pratique de l’aviron a développé en toi des qualités, des compétences ou des comportements particuliers qui seraient indispensables à la réussite ? Lesquels et comment t’en sers-tu dans ta vie professionnelle ?
JC : Je pense que j’ai appris que le travail paie, j’ai appris à avoir confiance en moi et envers les autres, et j’ai appris le bon sens des relations humaines. J’ai appris l’importance des choses, et cela m’aide énormément dans la gestion du stress en général : je pense maintenant savoir accorder beaucoup d’importance à quelque chose, y donner beaucoup d’énergie, sans que cela m’atteigne trop personnellement.

AIA : Mener de front haut niveau sportif et formation est souvent difficile en aviron. Quels sont les 2 ou 3 conseils que tu pourrais donner aux jeunes rameurs et rameuses qui, comme toi, ont choisi cette voie ? 
JC : Je pense que m’a génération et les suivantes ont pu et pourront bénéficier de solutions très intéressantes pour réussir sur les 2 plans. Mon conseil est d’être persuadé que de réaliser ses 2 projets de front donne un équilibre inestimable et que la réussite de l’un entraîne mécaniquement la réussite de l’autre. Le tout est de fournir l’effort au bon moment. Si des questions précises se posent chez les jeunes rameuses et rameurs d'aujourd’hui, je suis prêt à y répondre, et je pense que tous mes collègues le sont aussi. Donc mon dernier conseil est de demander conseil aux personnes qui ont suivi cette voie, chacun ayant sa propre vision des choses.

L'aviron, le sport et toi, aujourd'hui ?

AIA : Tu prends ta retraite internationale aujourd’hui. Continueras-tu à ramer ?
JC : J’ai arrêté de ramer en septembre 2011 et n’ai jamais remis les fesses (pour être poli) dans un bateau depuis. Excepté pour la vogalonga 2012 (traversé de Venise en yolette) qui a été un super événement : très très différent de ce que j’ai vécu avant, mais super sympa. Je ne me sens toujours pas l’envie de ramer car je ne suis pas encore prêt à le faire en dilettante. J’ai encore la vision de l’aviron en « tout ou rien », et je n’ai plus le temps de ramer plusieurs fois par semaine…Et puis j’ai envie de faire autre chose de mes WE…

Général

AIA : Tu as donné l'impression d'aimer le mode de vie que te procure l'aviron plus que la compétition de haut niveau. Qu'en penses-tu ?
JC : Désolé, mais je dirais plutôt l’inverse. Enfin, je ne sais pas quelle impression j’ai donné, mais ce qui est sur c’est que c’est la compétition qui me permettait de m’entraîner au quotidien. La ou je rejoins l’énoncé de la question, c’est que jamais beaucoup le mode de vie de la saison de compétition, l’enchaînement des événements, les rituels sur les bassins que l’on finit par très bien connaitre (Munich, Lucerne, Poznan…), l’ambiance dans l’équipe qui prépare ces événements. Ces moments de l’année où l’on n’a pas vraiment le temps de penser tellement les choses vont vite et sont captivantes. Je n’aimais pas particulièrement les stages, mais j’aimais les prépas et les compétitions. Et je suis persuadé de ne pas être le seul dans ce cas…

AIA : Racontes-nous une anecdote, une histoire, un entraînement, une course, un fait marquant de ta vie de rameur.
JC : A brûle pourpoint je n’ai pas d’anecdote particulière qui me vient en tête. 
Ce qui me vient, la tout de suite est que, lorsque je ramais, à l’entrainement, dans des conditions délicates, avec du vent de travers bien froid par exemple, je me demandais souvent « qu’est ce que je fous là ?». La réponse était pourtant évidente : pour la performance. Lorsque je repense à ces mêmes instants aujourd’hui, je me demande : « est ce qu’à l’époque j’avais vraiment envie d’être ailleurs ?» La réponse est non. « Est-ce que ces moments me manquent ? » et bien je trouve ça fou mais oui, même ces moments là font parti des bons souvenirs. 
Les seuls moments que je  suis content d’avoir derrière moi, sont ces courses, ou rien ne va, et, largué pas les adversaires, on attend le passage de la ligne en se posant cette même question : « qu’est ce que je fous là put… ». La course est interminable, ca fait mal, on est déçu …mais ce genre de course fait parti du jeu…
 
Le palmarès de Jonathan Coeffic (source www.avironfrance.fr)

2011
13e en quatre de couple au Championnat du Monde à Bled (Slovénie)
10e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Lucerne (Suisse)
6e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Munich (Allemagne)  
6e en skiff au Championnat de France à Aiguebelette (73)
2e en deux de couple au Championnat de France Brive-la-Gaillarde (19) 

2009
5e en quatre de couple au Championnat du Monde à Poznan (Pologne)
7e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Lucerne (Suisse)
12e en deux de couple à la Coupe du Monde à Banyoles (Espagne)  
3e en skiff au Championnat de France à Cazaubon (32)
6e en quatre de couple au Championnat de France à Aiguebelette (73)  

2008
3e en quatre de couple aux Jeux Olympiques à Pékin (Chine)
2e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Poznan (Pologne)
4e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Lucerne (Suisse)
3e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Munich (Allemagne)  
2e en skiff au Championnat de France à Cazaubon (32) 

2007
2e en quatre de couple au Championnat du Monde à Munich (Allemagne)
2e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Lucerne (Suisse)
3e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Amsterdam (Pays-Bas)
5e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Linz-Ottensheim (Autriche)  
3e en skiff au Championnat de France à Cazaubon (32)
 
2006
10e en quatre de couple au Championnat du Monde à Eton (Grande-Bretagne)
2e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Poznan (Pologne)
5e en deux de couple à la Coupe du Monde à Munich (Allemagne) 
1er en skiff au Championnat de France à Cazaubon (32) 

2005
7e en deux de couple au Championnat du Monde à Gifu (Japon)
8e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Lucerne (Suisse)
10e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Munich (Allemagne) 
2e en skiff au Championnat de France à Brive-la-Gaillarde (19)
7e en quatre de couple au Championnat de France à Mantes-la-Jolie (78) 

2004
13e en quatre de couple aux Jeux Olympiques à Athènes (Grèce)
8e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Munich (Allemagne)
6e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Poznan (Pologne)  
3e en skiff au Championnat de France à Cazaubon (32) 

2003
8e en quatre de couple au Championnat du Monde à Milan (Italie)
8e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Lucerne (Suisse)
8e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Milan (Italie) 
3e en skiff au Championnat de France à Brive-la-Gaillarde (19)
1er en quatre de couple au Championnat de France à Vaires-sur-Marne (77)
2e en quatre de couple à la Coupe de France à Vichy (03) 

2002
12e en quatre de couple au Championnat du Monde à Séville (Espagne)
1er en quatre de couple à la Régate mondiale des moins de 23 ans à Gènes (Italie)
12e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Lucerne (Suisse)
7e en quatre de couple à la Coupe du Monde à Hazewinkel (Belgique)
1er en quatre de couple à la Régate Mondiale des moins de 23 ans à Gène (Italie) 
7e en skiff au Championnat de France à Cazaubon (32)
1er en quatre de couple au Championnat de France à Aiguebelette (73) 

2001
9e en skiff au Championnat de France à Brive-la-Gaillarde (19) 

2000
7e en quatre de couple à la Coupe des Nations à Copenhague (Danemark) 
9e en skiff au Championnat de France à Cazaubon (32)
1er en quatre de couple au Championnat de France à Vaires-sur-Marne (77) 

1999 - Junior

17e en deux de couple au Championnat du Monde à Plovdiv (Pologne) 
2e en skiff au Championnat de France à Cazaubon (32)
1er en deux de couple au Championnat de France à Vichy (03) 

1998 - Cadet   

1997
3e en quatre de couple au Championnat de France à Vichy (03) 
1996   

Minime
1995   
1994

Paris-Lyon-Marseille à la rame avec Nathalie Benoit, le défi réussi

publié le 9 juin 2013 à 11:04 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 23 août 2013 à 06:19 ]

[Mise à jour le 24/07/2013] Descendre la France à la rame, en partant de Paris, via Lyon jusqu'à Marseille, et en 39 étapes quotidiennes, il faut tout de même un sacré culot. C'est l'exploit que tentait notre internationale médaillée d'argent olympique 2012, championne du monde 2010.
 
Le défi représentait 1 000 km à la rame, ou encore 509 communes, 14 départements et 6 régions à traverser voire aussi 174 écluses qui étaient à franchir, rien que cela.
 
Nathalie nous donnait rendez-vous au Pont d'Austerlitz à Paris le samedi 15 juin 2013 de 10 heures à 13 heures 30 pour le départ sur la Seine qu'elle remontait avant de s'engager sur les canaux et fleuves qui la mèneront à Marseille 39 étapes plus loin.

Et voilà, l'aventure s'est terminée en ce mardi 23 juillet dans le Vieux-Port de Marseille à 15h50 précises après une traversée de la France très réussie, puisque chaque étape était marquée par un accueil formidable des populations locales. Il n'a pas été un jour où Nathalie n'a eu les larmes aux yeux de voir tous ces gens inconnus qui criaient leurs encouragements.

Pour revivre le défi, vous pouvez vous connecter sur son site : http://www.plmalarame.com/ 
 
 
Et si l'aviron français avait voulu faire parler en bien de lui, la clé de la meilleure communication se trouvait chez Nathalie Benoit qui voit son exploit couvert par toute la presse nationale, régionale et locale, voire même professionnelle (médicale, ...).


Cinq rescapés de Londres 1948 en séjour à Londres 2012

publié le 8 juin 2013 à 11:17 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 13 août 2014 à 09:47 ]

Philippe Fauveau et Roger Lebranchu, médaillés des JO de Londres 1948 invités à Londres par le CNOSF
Un champion Olympique de poursuite (Charles Costes), un médaillé argent de basket (Michel Bonnevie), un nageur (joseph Bernardo) et deux rameurs (Roger Lebranchu et Philippe Fauveau). Ces cinq sélectionnés olympiques 1948 furent invités par le CNOSF et son président Denis Masseglia à venir à Londres les 30 et 31 juillet 2012.

Nous nous sommes retrouvé Roger et moi à la gare du Nord le matin, happés par les jeunes et moins jeunes bénévoles du CNOSF, pour être conduit à nos places retenues dans l'Eurostar. Pour des passionnés d’aviron, que nous avons pratiqué jusqu’à 75 ans, cette invitation ne pouvait pas nous faire plus plaisir. Une organisation parfaite, qui ne s’est pas démentie pendant notre séjour (et je le sais pendant toute la durée des Jeux).

Arrivé en gare de St.Pancras, Antoine Alexandre (petit fils de Roger Lebranchu) et le Docteur responsable du contrôle antidopage de la FFSA, nous servirent de mentors et chauffeur émérite dans Londres. L’après midi après un excellent déjeuner, notre chauffeur nous conduisit où se déroulait les compétitions de BEACH VOLLEY. Gradins complets, des milliers de spectateurs encourageant leurs équipes. Rentré à Londres ce fut le club France qui nous accueilli. Les Français ne pouvaient souhaiter un espace aussi impressionnant (situé sur le bord de la Tamise) et de cette qualité. Etaient présents jeunes et anciens, entraineurs, champions, dans une ambiance amicale, souriante, polie, une communion d’esprit et la France. Un lieu de repos et de rencontre. Avec Roger nous avions cousu nos écussons de 1948 sur nos vestes ce qui attira la curiosité des présents, les regardant avec intérêt et faisant la réflexion « Ah, nous n’étions pas nés. » Le président Denis Masseglia ne put pas résister à nous souhaiter la bienvenue avec son éloquence habituelle.

Le mardi matin, direction le bassin d’aviron situé non loin du château de Windsor, ce qui nous obligea à traverser Londres. Magnifique bassin avec des tribunes supplémentaires en charpente métallique pleines à craquer. Le bassin, dont nous ne connaissons pas les défauts (s’il y en a) nous semble parfait. Un câble était suspendu du départ à l’arrivée afin qu’une camera se déplace pour suivre la course.

Coté technique nous n’avons pas constaté de grandes différences sur le geste entre notre époque et maintenant, nonobstant ………… les coques, les installations des bateaux, les pelles etc … Notre bateau en 1948 était un 8 Staempfli (la Rolls de l’époque) financé par le club de la SNBS, dont le centre de gravité était très bas, permettant une meilleur stabilité mais obligeant à faire plus d’arrière. Nos pelles n’étaient pas réglables, une lame de scie réglant l’attaque, la largeur de la pelle de 0, 15cms, la prise d’eau devant être très rapide. Ce qui impliquait une fatigue supplémentaire, avec à l’année moins de kms d’entrainement. Les régates se couraient à Henley sur 3 lignes d’eau et 2100 m contre le courant (assez fort, suite aux récentes inondations). La 1er ligne d’eau était prés de la rive (côté spectateurs) les 2e et 3e en plein milieu. Nous avons été éliminé en ½ finale par les Américains qui furent Champions Olympiques (avec plusieurs longueurs d’avance, devant les Anglais) Pour la petite histoire le coach Américain nous raconta qu’il avait entrainé 200 rameurs en banc fixe pendant deux ans. Au moment de monter en bateau il en remplaça un. Tous les rameurs jurèrent de ne plus faire d’aviron !!!!

L’impression ressentie ; les sportifs anglais ont un mental extraordinaire et sont soutenus par un peuple très sportif.
Après un séjour trop court nous semble-t-il, nous remercions les instigateurs de ce voyage : JJ MULOT président de la FFSA et D MASSEGLIA du CNOSF.

Pour les prochains Jeux , Roger et moi pensons qu’il sera dur dur ……… d’y assister.

QUELLE MAGIE ABRITE CES JEUX. C’EST UNE AMBIANCE INDEFINISSABLE, UNE COMMUNION MONDIALE DANS LE SPORT, DONT ON EST IMPREGNE TOUTE SA VIE. "

Philippe FAUVEAU Roger LEBRANCHU

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