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Le déclic en deux temps - Julien Bahain

publié le 18 juin 2012 à 11:26 par AIA Rameurs-Tricolores   [ mis à jour : 22 oct. 2012 à 04:45 ]
Article tiré du n° 670 du magazine "Ramer" (F.F.S.A)

Le jeune Julien Bahain
Ramer :
Comment avez-vous abordé votre première régate ?
Julien Bahain : « Un petit retour en arrière s’impose car pour moi on ne peut pas parler de coup de foudre avec l’aviron. A 13 ans, je faisais 1,83m pour 63 kilos.Pour me muscler le médecin m’a proposé la natation ou l’aviron. N’étant pas fan de l’eau, j’ai choisi le deuxième pour être sur l’élément liquide plutôt que dedans. C’était une totale découverte. Et j’ai mis du temps à accrocher. Je ne voyais pas l’intérêt. Ma mère me laissait devant le club sur les bords de la Maine et souvent je « séchais » pour aller me promener dans Angers !
Ramer : Qu’est ce qui vous a fait changer de point de vue ?
Julien Bahain : Un coach a su me booster en me disant qu’avec mon gabarit j’avais un bon potentiel. Et le projet de monter un huit pour la régate de Bordeaux – qualificative pour les championnats de zone puis nationaux – a été évoqué. Il y avait beaucoup de gars, j’en connaissais pas mal. Je n’avais rien fait ou presque de septembre à février, mais la fibre du compétiteur a dû se révéler à ce moment. A partir de mars 2000, j’ai commencé à m’investir. On se tirait la bourre à l’entraînement en quatre, bord à bord. On était confrontés au réel. Mes parents m’avaient dit : de toute façon, tu vas au bout de cette première année, mais là ils n’avaient plus besoin de me pousser.
Ramer : Quel souvenir conservez-vous de ce voyage en Gironde ?
Julien Bahain : On avait quinze ans. C’était un peu une découverte. Nous étions partis en bus, on avait dormi sous des tentes. L’encadrement nous avait fixé les règles mais sans trop nous serrer la bride. Ils nous expliquaient les principes de la compétition, mais ce n’était pas l’armée ! Sur le lac, il y avait notamment nos rivaux nantais. Je me souviens que notre huit avait gagné sa série. On était tout fous. Le coach nous a recadrés. En finale, on se classe troisièmes. J’ai découvert le stress d’avant-course et surtout la confrontation directe, se battre sur chaque coup avec les bateaux à côté, rester concentré pour ne pas faire d’erreur et puis l’aspect collectif de l’engagement avec des rameurs qui, aujourd’hui encore, sont des amis. Autant de valeurs, finalement, qui ont guidé la suite de mon investissement dans l’aviron. »
Merci à la FFSA (Yannick, Vanessa) pour nous avoir transmis ces textes et images publiés dans la revue "Rramez n°670"

Julien Bahain
• Né le 20 avril 1986
• 3e aux J.O. de Pékin 2008 (quatre de couple)
• Elève Ingénieur