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- Le guide pratique du sportif de haut niveau - FFA 2007
« La FFSA a édité début 2007 un guide à destination de ses sportifs de haut niveau pour les accompagner tout au long de leurs parcours. C'est un outil fonctionnel qui a notamment pour but d’aider les rameurs et rameuses à concilier leur carrière sportive et leur devenir socioprofessionnel. » L’AIA a notamment remarqué une formule sur-mesure pour les sportifs de haut niveau candidats au bac. A découvrir en page 18 de ce guide téléchargeable sur le site Internet de la FFSA. Note : Le guide complet
- CHAMPION DANS LA TETE
« Champion dans la tête » ou la recherche de la performance dans le sport et dans la vie. Ce livre est le fruit d'une longue expérience du sport de haut niveau. Il est consacré au " mental " et au parcours de ces personnages d’exception que sont les champions. S'appuyant sur de nombreux exemples, cette incursion dans l'univers sportif encouragera le lecteur à aller au bout de ses rêves et à adopter lui aussi une attitude de champion dans sa vie, car les qualités et les principes qui gouvernent l'entraînement des sportifs s'appliquent à tous. Sans idéaliser les champions et sans nier certains excès du sport moderne, ce livre montre sous son vrai jour l'univers difficile des gagneurs. Conçu comme un parcours initiatique, il ne s'intéresse pas uniquement à la performance, mais rappelle également les valeurs que devrait véhiculer le sport, entre autres, la générosité, la loyauté, le sens de l'aventure, l'élégance. Vous y trouverez aussi la Carte du mental qui illustre de façon frappante les obstacles et les embûches qui se dressent sur la route, ainsi que les qualités requises pour les franchir et vous emmener dans cet état si particulier qui favorise la création, l'accomplissement et la réussite. Ce livre vous servira de compagnon de route que vous aimerez consulter au travail, à l'entraînement ou avant une réunion importante. C’est la recherche de la performance dans le sport et dans la vie. Note : « Champion dans la tête » par François Ducasse , éditions de l’homme 326 pages 20€.
- Franck Bussière ou l'histoire d'une reconversion réussie
De retour des Jeux, il faut bien l'avouer... les événements s'enchaînent à une vitesse effrénée... Retour au boulot, gestion du quotidien quelque peu "délaissé" ces derniers temps, reprise du sport, etc... C'est pour cette raison que le rythme habituellement "productif" de mes récits s'en ressent depuis quelques semaines... MAIS!!! Mais je compte bien me rattraper. C'est pourquoi, pour débuter ma rentrée bloguesque en beauté, j'ai l'immense plaisir de vous livrer en avant première, l'interview de mon ami Franck Bussière... Un garçon que j'admire pour sa discrétion, sa modestie et sa néanmoins redoutable efficacité sur chacune des courses où il est présent... Franck qui, comme moi, a décidé un jour de passer de l'aviron au trail. Une reconversion plutôt réussie quand on connait ses récents résultats. En voilà un qui fait frémir bon nombre de traileurs aguerris... PORTRAIT EXPRESS: Franck Bussière Né le 13 Août 1975 à Armentières (59) Poids : 72 kg - Taille : 1,78 mètres Situation : Marié, 2 enfants Profession : Chargé d’affaires en génie climatiqueVit à Villette d’Anthon (38) Membre du Team ASICS TRAIL depuis novembre 2007 PALMARES : - Aviron : 2 fois champion du monde - huit poids léger (2001-2004) – 3ème en 2003 4 fois champion de France – 2002-2004-2005-2005 - Trail : 2007 : 3ème trail Cabornis – 7ème marathon du Mont Blanc – 10ème 6000D – 3ème Saintelyon équipe de 4 2008 : 3ème trail Cabornis- 5ème trail de Faverges – 7ème Nivolet Revard – 9ème marathon du Mont Blanc Franck, pour commencer : qu’est-ce qui t’a donné envie de ranger les pelles pour chausser les trails ? J ’ai arrêté à 30 ans en 2005 après 8 années de haut niveau, c’était devenu pesant : le rythme de vie entre l’entraînement quasi bi-quotidien, le travail et la famille, d’autant que les résultats sportifs n’était plus à la hauteur de mon engagement : seul un objectif olympique peut réellement motiver après 30 ans. Pour autant, je n’ai pas la moindre nostalgie, j’ai arrêté avec le sentiment d’avoir fait de mon mieux pendant toutes ces années et d’être arrivé proche de mon meilleur niveau. Après, les résultats obtenus dépendent également de paramètres et de circonstances que l’on ne maîtrise pas forcément. Je n’ai pas atteint mon objectif d’aller aux jeux, mais je ne le considère pas pour autant comme un échec. Avec 2 années de recul et même s’il y a eu des épisodes douloureux, je garde de bons souvenirs et suis fier d’avoir pratiqué un sport qui porte des valeurs fortes et qui reste épargné des dérives que l’on voit par ailleurs dans le sport business et spectacle. Petit retour en arrière.... Quel est ton meilleur souvenir en aviron ? Le premier titre mondial en 2001, remporté dans un contexte de pression avec la fédération qui ne voulait pas que les 4 poids légers champions olympiques courent en huit et en quatre aux championnats du monde. Sans leur détermination, il n’y aurait pas eu ce titre…. Et le plus mauvais ? Régate d’Essen 2002. Suite à la contre performance du quatre sans barreur (seul bateau olympique de la catégorie), avec Pascal Touron on se fait sortir du bateau et le rêve olympique se brise : même si je m’accroche pendant 2 ans pour ré-intégrer la coque, comme si de rien n’était, je sais au fond de moi que je ne connaîtrai pas les jeux. Entre trail et aviron, selon toi quelles sont les différences fondamentales ? La différence fondamentale est qu’en aviron, on travaille à des intensités et des rythmes très constants par rapport au trail, aussi bien à l’entraînement qu’en course (tout au moins avec le programme fédéral français…). Par contre en trail, le temps de course est plus long que celui de l’entraînement, l’intensité en course est proche de celle de l’entraînement voire même inférieure selon la séance. Le trail est aussi beaucoup plus traumatisant au niveau du muscle et des articulations. Cela m’a demandé une bonne saison d’adaptation au niveau de la récupération d’après course. Je pense également que la musculation joue un rôle important à ce niveau, pour le renforcement de la fibre musculaire, tout au moins au début. Est-ce qu’il y a certaines choses qui te manquent ? Ce qui me manque le plus aujourd’hui c’est l’ambiance d’entraînement des stages (alors que c’est ce qui me pesait le plus à la fin), le fait d’être délocalisé et être 100% disponible pour sa passion. Encaisser des charges importantes de travail et la sensation de bien-être que peut provoquer la fatigue… c’est le genre de sensation qui me manque. Pour le reste, rien ne me manque véritablement et c’est pourquoi j’ai tourné la page du jour au lendemain : de toute façon, je n’aurais pas pu continuer à moitié et me voir régresser. Qu’est-ce que ça t’apporte aujourd’hui de t’éclater en trail ? Le trail est d’abord un moyen de me dépenser physiquement et d’être en plein air : j’ai besoin de faire un sport qui me fatigue sinon je suis invivable. Et comme je suis passionné de montagne, c’est assez logiquement que je suis arrivé au trail. Ensuite, c’est en découvrant les valeurs et l’esprit des pratiquants que c’est devenu une passion : c’était essentiel pour moi de rester dans la lignée de l’aviron. Et à l’inverse y a-t-il quelque chose qui te rebute en trail ? A part les descentes !!! rien. Mais j’y travaille assidûment pour limiter les dégâts. Après, j’ai peu de recul (à peine 2 ans de pratique) pour avoir une vision complète de la discipline. Malgré l’engouement croissant pour le trail, je reste quand même assez optimiste sur l’évolution de ce sport pour les prochaines années pour qu’il n’y ait pas trop de dérives. La mentalité des trailers est saine et chacun essaye de préserver l’éthique de la discipline. Je trouve même que le côté commercial et marketing induit est raisonné et raisonnable. J’espère ne pas trop me tromper… Malgré ta jeune carrière, as-tu déjà retenu quelques souvenirs marquants ? J’ai beaucoup de bons souvenirs mais pas un qui ressort particulièrement du lot : j’attends de faire une grosse perf sur un gros trail pour ça. Après, il y a eu des moments forts comme la 3ème place par équipe à la Saintelyon pour quelques secondes sur le 4ème : je m’étais mis beaucoup de pression pour ma première course avec le team Asics, surtout que j’avais le premier relais. Je ne voulais surtout pas décevoir… : les courses par équipe ont toujours une saveur particulière, ça m’a rappelé l’aviron. Justement, la culture aviron te sert-elle dans ton activité aujourd’hui ? (muscu, endurance, nutrition, état d’esprit, etc…) C’est évident que mes années d’aviron m’ont servi à appréhender cette discipline, mais pas tellement plus que si j’avais fait un autre sport (d’endurance bien sûr !!). C’est plus la pratique de haut niveau qui me sert, avec tout ce que ça implique : connaissance et compréhension de l’entraînement, l’assiduité, connaissance de soi dans l’effort et de ses capacités de récupération. J ’ai gardé quasiment le même mode vie car, depuis le temps, c’est devenu une habitude : diététique, rythme de sommeil, vacances sportives ou limitation des excès ne sont plus une contrainte. Le problème c’est que j’ai encore beaucoup de mal à sauter un entraînement sans culpabiliser : c’est une vrai dépendance physique et psychologie, mais je me dis qu’il y a pire comme addiction…. Et en quoi consistent tes entraînements dans la semaine ? Tu arrives à jongler avec ton boulot ? C’est quoi ton terrain de jeu favori / régulier ? En semaine, je m’entraîne entre midi et 14h au parc de Miribel Jonage (pôle France aviron). C’est un choix personnel pour ne pas avoir à le faire le soir que je réserve à ma petite famille : ils l’ont assez vécu avant quand je m’entraînais matin et soir. Une semaine type d’entraînement se compose en général de 2 séances de courses à pied (entre 16 et 20 km), une séance cardio en salle (ergomètre ou vélo), une séance muscu (endurance de force comme au bon vieux temps, mais un peu plus light !!) et un aller-retour boulot en vélo (soit 2x 25 à 30 km). Le week-end, entraînement plus long à pied ou en vélo. En hiver, pas mal de ski de fond. Mes terrains de jeu favoris : les Monts d’Or (un peu loin de chez moi maintenant) et le Bugey et Val Thorens pour les vacances. Tu arrives à t’entraîner avec des potes régulièrement ? Ou tu préfères jouer au loup solitaire ? Je suis plutôt loup solitaire à l’entraînement, autant pour des raisons d’emploi du temps que par choix. Disons que je n’ai pas forcément besoin d’émulation pour trouver la motivation à l’entraînement et pour y être assidu toute l’année. C’est aussi important d’être seul quand c’est difficile physiquement et mentalement pour dépasser son envie de ralentir, d’arrêter ou simplement de pas aller s’entraîner. Je fais, dès que possible, une sortie en groupe pour se tirer un peu la bourre et casser la monotonie de l’entraînement solitaire, avec toi quand tu n’es pas par monts et par vaux ou avec Flo (Racinet). J’essaie également de dévier de leur sillon mes potes rameurs (quand ils n’ont pas d’échéances) ; c’est toujours de bonnes séances car ils sont toujours partant pour allumer !! Au Raid Blanc de la Clusaz... on dirait presque que je m'envole derrière Francky ! Côté nutrition, est-ce que tu suis un régime particulier ? Je me suis beaucoup intéressé à la nutrition et à la diététique sportive quand je ramais, surtout qu’étant en catégorie poids léger, j’avais la contrainte de la perte de poids pour les compétitions. Dans ce flot d’informations pas toujours cohérent et d’avis divergents, j’ai trouvé le régime alimentaire qui me convenait bien au quotidien. A mon avis, l’important en diététique est de savoir ce que l’on mange, de connaître ses besoins en fonction de son activité et tout devient naturel, sans avoir à suivre des recettes et programme alimentaire. Finalement, la veille d’une course, je ne change quasiment rien. J’ai surtout appris à être beaucoup plus à l’écoute de mes sensations avant, pendant et après les courses, quitte à très peu manger avant, et ne plus me forcer à avaler la double dose de pâtes, pour « charger en glycogène » et qu’on regrette ensuite en course. Pendant les courses, à quoi tu penses ? À mettre les pieds au bon endroit ? A la bonne bière qui t’attend à la fin ? A mettre une tôle à celui qui te précède ? C’est sûr qu’en descente, je regarde où je mets les pieds et je ne pense qu’à ça : j’ai déjà fait l’expérience douloureuse de la gamelle en descente et ça calme bien. Je m’efforce de rester concentré pendant toute la course et évite de laisser divaguer mon esprit pour faire passer le temps. J’ai besoin d’être à l’écoute de mes sensations pour gérer au mieux le rythme, pour ne pas m’emballer dans les moments de mieux, afin de limiter les ‘coups de moins bien’: ça passe finalement assez vite une course de 4-5h, sauf quand elle est mal gérée… Pour ce qui est de ‘tôler’ l’adversaire, c’est le genre de pensée qui te fait péter la chaudière très vite. Il ne s’agit pas de vouloir rattraper à tout prix le gonze devant si tu n’en as pas les moyens. La seule compétition est celle qu’on fait avec ses propres limites. Après, c’est certain que ça fait plaisir d’accrocher ou de battre des ‘gros noms’, sachant que ça ne veut jamais dire grand chose, qu’il y a toujours des circonstances qui expliquent une perf ou une contre-perf. J’aime ces sports qui exigent beaucoup d’humilité, où jamais rien n’est fait. D’après toi quels sont tes points forts et tes points faibles ? (Si toutefois tu en as !) Que je n’aime pas ces questions…. !!! - Points forts : Assiduité et régularité à l’entraînement Endurance Bonne récupération - Points faibles : Doute trop de mes capacités Manque de puissance et de vitesse : je n’ai pas été livré avec des fibres rapides !! Trop raisonnable. J’ai du mal à débrancher quand c’est nécessaire Franck a-t-il déjà eu envie d’abandonner sur une course ? Il m’est arrivé que ça effleure mon esprit dans un moment difficile, mais jusqu’à présent j’ai toujours su reprendre le dessus : c’est donc que ça n’était pas bien grave !!! Par contre, je sais qu’il a des chances que ça m’arrive un jour : j’espère juste que ça sera pour de bonnes raisons (blessure, déshydratation, grave trouble digestif) et pas sur un coup de tête dans un passage moins bien : je le vivrai très mal après coup. Est-ce que tu estimes être suffisamment reconnu à travers ton sport, tes résultats? D’abord, ce n’est pas ce que recherche, sinon je n’aurai jamais fait d’aviron, et pas choisi de me lancer dans le trail. Ensuite, si je veux plus de reconnaissance, il ne tient qu'à moi d’avoir de meilleurs résultats, donc c’est très bien ainsi. Concernant la reconnaissance de la discipline, je préfère que ce sport reste un peu confidentiel mais garde ses valeurs et la belle image qu’il porte. Parle nous un peu de ton team… Comment tu as fait pour atterrir chez Asics? C’est certainement la meilleure chose qui me soit arrivée depuis que j’ai débuté le trail. J’avais croisé quelques fois Pascal Balducci (responsable technique du Team et rédacteur de rubrique entraînement d’Endurance Mag) sur des courses dans les Monts d’Or où on terminait souvent dans un mouchoir de poche. Il m’a contacté en novembre dernier pour me proposer de rejoindre l’équipe qui n’était composé que de 3 coureurs. Depuis le groupe s’est largement étoffé puisque nous sommes 8, et bientôt 10, sans compter les membres du Team Raid : ce qui fait une équipe très complète présente sur tous les formats de trail (du 10 km à l’UTMB). Caro, je t’entends réagir en ne disant qu’il n’y a qu’une seule fille (dans ce monde de brute…) : c’est vrai, mais à elle seule, elle est performante sur toute les distances …. (Pfff eh... mais j'ai rien dit moi! M'enfin quand même... ça manque de filles tout ça moi j'dis! D'ailleurs s'il y a une place dispo ... héhé) J’ai donc accepté sans la moindre hésitation car l’état d’esprit me plaisait beaucoup. Le groupe est chapeauté de main de maître par Laurent et Cathy Ardito, qui mettent à profit leur grosse expérience en raid pour que le groupe évolue harmonieusement. Les recrues ne se font d’ailleurs pas uniquement sur le seul critère de la performance, puisque l’état d’esprit et le comportement sont tout aussi importants. Le bon fonctionnement du groupe est basé sur la communication, aussi bien en interne qu’en externe : comptes rendus réguliers de course, d’événement ou matériels. Les relations avec nos partenaires matériels sont très bonnes et vont au delà de la simple dotation ; il y a beaucoup d’échanges, la confiance est réciproque et on tient beaucoup à cet aspect. On est certainement un des Teams les mieux dotés, grâce à nos nombreux partenaires (cf. : http://www.outdoorexperiences.fr/ ) qui nous équipent largement et prennent en charge les principales courses ; le tout, sans aucune pression de résultats, ni de calendriers. Dans un tel contexte, on a tous envie de donner le meilleur de nous-mêmes et de véhiculer la meilleure image possible. Pour l’instant, on ne se retrouve que sur les courses car le groupe n’a atteint cette taille que depuis peu de temps, mais les choses vont évoluer progressivement en faisant des reconnaissances de courses par exemple, ou des regroupements d’entraînement. Quels sont tes prochains gros objectifs ? Pour la seconde partie de saison, j’aurai 2 objectifs principaux : les Templiers et la Saintelyon, en individuel cette fois-ci et si tout se passe bien. Je ne ferai qu’une ou deux courses d’ici là en préparation pour ne pas perturber les blocs d’entraînements. Du coup, je ferai l’impasse sur la première édition du Lyon Urbain Trail, qui promet d’être vraiment sympa vu le parcours : et je ne dis pas ça seulement parce que Asics est partenaire !!!, mais j’invite les personnes intéressées par le LUT à faire un saut sur notre site ( http://www.outdoorexperiences.fr/protocole.htm ) Bon c'est bien tout ça... mais est-ce que tu comptes un jour passer à l’ultra ? Pour l’instant, je me suis limité à des formats moyens, jusqu’à 55 km, qui me vont bien et sur lesquels je peux encore progresser. Avec les Templiers, je passerai à un autre format : j’aime faire les choses dans l’ordre et en prenant le temps de préparer correctement. Je ne cherche pas à faire de la surenchère de distance même si la tendance est de faire toujours plus long, toujours plus dur. Pour ce qui est de l’ultra (à partir de combien c’est de l’ultra ?? Je me fixe arbitrairement 80 km), aucune idée : je verrai après les Templiers et la Saintelyon le plaisir que j’en tire et mon niveau de performance quand ça s’allonge un peu. Si j’y viens un jour, je tâcherai de faire les choses bien au niveau de la préparation pour ne pas le regretter. Et l’avantage de l’ultra est qu’on peut s’y mettre tard et performer encore à 60 ans… Qui dit Franck sur une course, dit : Sophie, Tom et Liv sur le bord du cheminAs-tu des choses à leur dire ? Est-ce que ça t’apporte vraiment un plus d’avoir du soutien sur les courses ? C’est certain que j’ai la chance d’avoir toujours eu le soutien de ma petite femme. Après avoir supporter toutes mes absences de rameur, elle m’encourage encore sur les sentiers avec Tom et Liv : toujours prête à traverser la France (comme avant) pour être au départ et à l’arrivée, je suis obligé de la raisonner parfois pour qu’elle passe de week-end tranquille à la maison. C’est évidemment un plus d’avoir l’aval de sa famille, surtout au quotidien pour l’entraînement : je m’efforce de m’entraîner à des horaires les moins gênants pour la vie de famille afin de dégager un maximum de temps pour eux, mais j’admire et je bénie sa tolérance et sa compréhension. Sophie, qu’est-ce que tu penses de cette reconversion réussie de ton homme ? (Nouvelles contraintes / fierté / etc…) Je trouve cette reconversion effectivement très réussie !! Il est vrai qu’après la carrière de haut niveau de Franck, j’avais un peu peur de ce que pouvait engendrer un arrêt de l’aviron : comment allait-il palier à ce manque soudain de sport de haut niveau, de stages et de reprendre le boulot à temps plein ! Finalement, il s’est trouvé une nouvelle passion et son équilibre a été conservé. Quant aux contraintes, elles sont moins importantes qu’avant, même si je râle de temps en temps (l’inverse ne me ressemblerait pas !). D’autant plus que Franck s’entraîne entre 12h et 14h tous les jours de la semaine et le matin les jours de Week-end, il se rend donc vraiment disponible pour nous le reste du temps et je l’en remercie vraiment. Pour les courses, j’ai toujours aimé partager ses passions, il me parait donc indispensable d’aller le soutenir sur le bord des sentiers. D’autant plus que Tom et Liv adorent être dehors, nous faisons donc les groupies dès que possible !! Même si l’organisation est parfois difficile à mettre en place : on ne loge pas à 4 comme je logeais, à l’époque de l’aviron, sous la tente avec les copines !! Quant à la fierté, tu le sais Caro, j’ai toujours été fan et admirative de Franck. Savoir se transcender, toujours donner le meilleur de soi et avoir cette rigueur, quelques soient les circonstances, c’est formidable. J’ai toujours soutenu mon homme dans les bons comme les mauvais moments et je le ferai toujours (avec mes deux bouts de choux désormais) car ça me passionne. J’aime cet esprit qu’il règne dans le trail comme j’aimais l’esprit qu’il y avait dans les compétitions d’aviron (il y a juste le partage avec les copines qui me manque un peu !) T'inquiète Sophie, le partage avec les copines, on peut aussi le vivre autour d'un barbeuc à Dagneux! Pour terminer, quelques petites questions inévitables: Ton idole dans la vie: Idole c’est un peu fort, je dirai modèle ou personnes que j’admire : -Raphaël Poirée pour l’image qu’il incarne, et ses performances dans son sport magnifique - JC Rolland pour son engagement et sa réussite dans tout ce qu’il entreprend – et JC Bette pour sa carrière et sa détermination inaltérable. Ton moment préféré de la journée: Quand je rentre chez moi après une bonne journée de boulot et un entraînement bien réalisé (j’ai pas dit les pieds sous la table…) Ton petit plat: J’aime tellement de choses…, mais quand le soufflé au beaufort sort du four, la diététique et la raison ne pèsent pas bien lourd… Une bonne adresse, un bon plan à nous faire partager ? Pour les amateurs de vin, 100% naturel et dans la plus pure tradition, mon père produit en Côte d’Or (Bonnencontre – 15 km de Nuits Saint Georges) sur un petit vignoble ( http://www.guybussiere.fr/ ). Et chez moi pour une dégustation bien sûr… Et bien Francky, cette interview est terminée.Ce fût un plaisir de partager un petit bout de ta vie de sportif accompli. Je te souhaite plein de bonnes choses pour la suite et te donne RV dès que tu en as l'occasion pour une petite virée dans le Bugey ou ailleurs! Un grand merci à votre participation, Sophie et toi, à l'enrichissement de Carotte pour Tous!! Note : Cette interview nous est offerte gracieusement par Caroline Bette-Freslon. Elle est parue le 26/08/2008 dans son blog Carottepourtous "Des personnes d'exception" - http://carottepourtous.over-blog.com/categorie-10068278.html
- De Nantes à Londres, de Londres à Nantes...
2008-Fours Head Tout comme d'autres anciens internationaux, la rameuse nantaise Anne Touminet a choisi d'aller vivre à Londres. Elle nous raconte cette nouvelle expérience... Cazaubon, championnats de France 2008 bateaux courts: mes espoirs de médailles s'envolent au terme d'une finale manquée. Dans l'air depuis quelques temps déjà, l'envie de mettre pour de bon les pouces s'imposent quasiment à moi. Sans trop de regrets. Dix ans de pratique intensive, dont quatre au pôle de Nantes, auront fini d'user mon âme compétitrice. Changement de cap, changement de vie et direction Londres dans le cadre de mon parcours professionnel avec pour principale motivation l'apprentissage approfondie de la langue de Shakespeare. Je ne suis pourtant pas dupe et sait pertinemment que l'on ne peut couper totalement les ponts avec un sport qui a tant fait pour mon épanouissement. Et puisque le monde de l'aviron se révèle être une grande famille - pas vraiment une surprise - je me vois proposer sur place le cadre et les conditions idéales pour m'adapter à ma nouvelle vie londonienne. Sur les conseils de Bertrand Vecten et de Corinne Meadmore, je frappe à la porte du Tideway Scullers School, un des bastions de l'aviron britannique, situé au sud-ouest de la périphérie londonienne. Et me voilà, en quelques jours, passée de l'Erdre nantaise à la Tamise londonienne. Sur place, les motifs de satisfaction ne manquent rapidement pas. Passé l'accueil que l'on m'avait annoncé chaleureux - et il le fut - et une intégration qui ne fait que se confirmer au fil des semaines, me voilà, moi qui rechignait il y a encore peu à toucher une pelle, à retrouver du plaisir à enchaîner les miles sur la "Thames River". Surtout, je ne pouvais rêver meilleur cadre pour prendre le pouls de l'aviron britannique qui s'il ne m'était pas indifférent m'était assez méconnu. 2009-Womens Head J'ai ainsi pu, à travers diverses compétitions comme la "Men's Head" ou à d'autres auxquelles j'ai moi-même pris part (la Four's Head: 2ème et et la Women's Head (8+): 1ère Club Pennant et 5ème au général), toujours sous les couleurs du club de Tideway, mesurer l'engouement d'un public nettement plus au fait de l'actualité d'un sport traditionnellement ancré dans la culture du pays. La Men’s Head, cette année fut l'une des plus excitantes pour le Tideway. Sous la coupe de Bill Barry (l'entraineur d'Alan Campbell (le pilier du club du Tideway, et meilleur sculler anglais actuel), les huit meilleurs Scullers mondiaux ont été réunis dans le but de constituer un huit, -le Great Eight 2009- sous les couleurs du Tideway. Résidant au sein du club, j'ai eu la chance de vivre l'évènement pendant toute une semaine en tant que première spectatrice. J'en ai fait des jaloux. Pour au final une victoire devant un équipage composé de médailles olympiques britanniques… D'autre part, point d'orgue de la découverte de ce nouvel univers, la fameuse boat race "Oxford Cambridge" dont la popularité a depuis longtemps dépassée les côtes de l'île britannique. Et ce que je peux en dire, c'est que le spectacle - sur l'eau aussi bien que sur les berges - fut à la hauteur de mes attentes : électrique. Voilà ce que je peux pour le moment dire sur une aventure qui suit actuellement son cours. Je suis actuellement en pleine préparation de la régate d Henley et des championnats anglais ou je serais alignée en double PL. Une expérience clairement que je ne regrette pas ou, plus sûrement, une expérience que je recommande. Preuve ultime de ce bienfait ressenti: débarquée sur le sol britannique la motivation en berne pour ce qui touchait de près ou de loin à l'aviron, me voilà battant aujourd'hui pavillon pour deux clubs conjointement: le CA Nantes, encore et toujours, et le Tideway Scullers School, mon deuxième "chez moi". Anne Touminet Visitez les sites de ses deux clubs : Cercle de l'Aviron de Nantes Tideway Scullers School Le palmarès de Anne : 4ième 2XSDPL : Championnats du monde Universitaires 2006 (Trakai), 8ième 2XSDPL : Championnat d'Europe 2007 (Poznan) 14ième 1XSDPL : Coupe du monde 2007 (Linz) 5 fois finaliste 1XSDPL : Championnat de France Transmis par Anne Touminet
- Flamme Olympique 2008 mouvementée pour Bertrand Vecten
Le parcours de la flamme olympique dans les rues de Paris le 7 avril 2008 fut très bouleversé par des manifestants contre la cause chinoise ou pour le Tibet mais aussi des agitateurs professionnels.... Par conséquent, je n'ai pas pu relayer la flamme, son parcours ayant été fortement réduit (à peine 50% des relayeurs n’ont pas relayé). Ce fut un superbe fiasco qui malheureusement ne donne pas une belle image de la France. En attendant mon tour pour porter la flamme, j'avais envie de transmettre aux rameurs de l'équipe de France d'aviron toute l'énergie que nous avions, mes trois équipiers et moi, au départ de notre mémorable finale d'Atlanta 1996. J'ai finalement refusé de parler aux micros tendus par les journalistes. on demande aux athlètes de s'exprimer, si près de leur échéance sportive, sur des sujets très politiques que souvent ils ne maîtrisent pas ou peu. (Tout ça pour passer à la TV....). La récupération politico médiatique faite de l'événement au détriment des sportifs et de l'esprit Olympique est regrettable. Les athlètes ont été victimes de sifflements, d'injures et autres obscénités du public lors du passage de nos bus. Choquant. L'impressionnant dispositif de sécurité déployé n'a pas réussi à assurer la sécurité des athlètes ni de la flamme. J'espère que nos rameurs ne pâtiront pas de toute cette agitation. Si près de l’objectif, calme et sérénité sont des gages de réussite. Le seul et unique point positif de la journée réside dans la rencontre d’une autre Picarde, Amélie Cazé (championne du monde 2007 de pentathlon) qui est d’ores et déjà qualifiée pour ces second JO, à 23 ans. Bertrand VECTEN International 1992-1999
- Le BATAILLON de JOINVILLE « AVIRON » aurait 50 ans
(vous pouvez écouter cet article sur Spotify ici : https://open.spotify.com/episode/021VqONt827FtuYMqDZxNd) En 2005 nous fêtions les 50 ans de la section aviron du BJ. Presque tous les membres de l’A.I.A ont participé à écrire des pages de cette saga, qui a eu des grandes heures de gloire, des déceptions aussi, mais qui fait partie de notre livre personnel de souvenirs. C’est en 1955 que le premier équipage français militaire d’aviron a été constitué et jusqu'à sa fermeture le 26 septembre 2001, le BJ aura marqué l’histoire de notre sport. Ce que nous appelons communément le BJ, était un avatar de l’E.I.S ( Ecole Interarmées des Sports), elle-même issue de l’Ecole de Joinville, dont les origines remontent à 1819, quand le Colonel Marquis de Sotelo créa le Gymnase Normal Civil Militaire dans le parc de Grenelle à Paris. En 1852 l’Ecole de Joinville s’installe à la Redoute de la Faisanderie. En 1940 Elle sera fermée pour cause de guerre, et elle renaîtra réellement en 1950 sous l’appellation de CSFA (centre sportif des forces armées) qui deviendra en fin 1956 le Bataillon de Joinville. En 1956, le site de la Redoute de la Faisanderie est abandonné au profit de la Redoute de Gravelle, située à proximité, et les anciens s’en souviennent. En 1967, le BJ déménage pour son dernier domicile à Fontainebleau/Avon, et le 31 décembre 2001, la France mettant fin à la conscription et par là même à la vocation du BJ disparaissait et le BJ fut dissous. Revenons au parcours commun du BJ et de l’aviron. En 1955, sous l’impulsion du Capitaine Albier, qui se prend de passion pour notre sport, un huit du CSFA, se présente aux Championnats de France à Macon. C’est une grande innovation puisque pour la première fois, non seulement une équipe militaire est au départ, mais surtout c’est le premier bateau construit par une sélection d’individualités et non pas de mixtes d’équipages de club. Inutile de dire que cette participation fut l’objet d’une levée de boucliers de la part de tous les clubs et le Huit de la CSFA du concourir en hors course. Autre innovation, ayant eu des incidences sur l’avenir de notre sport, l’entraîneur Casy Coste n’était pas issu du sérail des anciens rameurs,et il imposa des nouvelles méthodes d’entraînement introduisant une part importante de travail au sol ( footing, musculation, et règles de vie). Ces nouveaux types de sélection et d’entraînement connaîtront leur premier grand succès en 1956 , avec le huit ( Massiasse, Houdayer, Vignon, Leguéry, Bas, Duc, Clerc, Marcuzzi, Bar. Vilcoq) qui remporte le fabuleux GRAND CHALLENGE aux régates royales d’Henley, qui représentent à l époque la plus prestigieuse compétition d’aviron , puisqu’il n’existait pas de championnats du monde, seuls des championnats d’Europe auxquels ne participaient que les pays de l’Europe de l’ouest. A partir de cette victoire, l’aviron français adoptera les nouvelles méthodes de sélection et de constitution des bateaux à partir d’individualités et le BJ participa à cette évolution en représentant un formidable centre d’accueil, de perfectionnement, d’entraînement de tous les jeunes appelés ayant un potentiel de réussite dans notre sport et de nombreuses équipes de France se sont enrichies des rameurs du BJ. De 1964 à 1967, le BJ, en tant qu’équipage, sera demandé par tous les organisateurs de régates, et le car du BJ, avec les bateaux fixés sur le toit a sillonné beaucoup de bassins en France et en Europe. L’entraîneur de cette période était un certain Bernard Bourandy dont on a entendu parler par la suite, il était secondé par un non initié à l’aviron, mais très passionné, H.Hélal qui apporta un nouveau regard sur l’entraînement. Le palmarès du BJ peut s’honorer des principaux titres suivants ; - en 1962 : le 4- Vice Champion du Monde à Lucerne - en 1975 : le 8+ Champion du monde militaire à Sabaudia (Italie) entraîné par Y.Petit - en 1978 : le 8+ Champion d’Europe en Suède, entraîné par J.Lesage 1972 - Champions du Monde militaires (Sabaudia - ITA) Les entraîneurs responsables du BJ qui se sont succédés sont ; - 1956/1963 : Casy Coste - 1963/1968 : Bernard Bourandy - 1968/1971 : André Dandine - 1971/1975 : Yvon Petit - 1975/1978 : Jean Pierre Drivet - 1978/1992 : Jacques Lesage - 1992/2000 : Dominique Guidici Lors de la guerre d’Algérie, la section aviron du BJ a payé son funeste tribu avec la mort aux champs d’honneur du skiffeur du Crédit Foncier : Lancelot Au cours des 45 années, environ 1000 rameurs ont effectué leur service national au Bataillon de Joinville Ainsi en décembre 2001, s’arrêtait une magnifique saga, ceux qui l’avaient vécu en conservent un souvenir impérissable. Quand deux copains du BJ se retrouvent, leurs yeux deviennent brillants et les anecdotes prennent le pas sur les performances sportives, car ce fut aussi un creuset où beaucoup de solides amitiés se sont construites. Daniel Forget Merci à J.Lesage ; M.Houdayer ;G.Yodjouglou qui ont enrichi ce texte de leurs souvenirs. Note : Extrait de la dénage N°4 septembre 2005





