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- Chungju 2013, un air de Roudnice 1993 ?
Ce championnat du monde 2013 qui se déroulait du 25 août au 1 septembre 2013 sur le tout nouveau et magnifique plan d'eau de Chungju en Corée-du-Sud aurait-il une ressemblance avec le championnat du monde 1993 qui se déroulait quasiment aux mêmes dates sur, lui aussi un bassin alors inconnu de Roudnice en Tchéquie ? En cette nouvelle olympiade (tout comme en 1993), le renouveau est de rigueur et c'est une équipe réduite à 6 bateaux qui ont été engagés, avec pour objectif de viser des bons résultats pour tous les équipages. Cette dernière semaine d'août fut à la hauteur des ambitions pour nous rappeler un début septembre 1993 avec là aussi de très belles médailles, certes pas en or cette année - Roudnice avait vu 3 médailles d'or - mais cette année au nombre de 4 (3 en argent et 1 en bronze). L'espoir est donc là pour le mondial 2015 qui se déroulera en France à Aiguebelette et surtout en vue des Jeux Olympiques de Rio-de-Janeiro en 2016. Tout a commencé le mercredi avec notre 2 de couple TA - Perle Bouge et Stéphane Tardieu - en catégorie Handi-Aviron qui ramenaient une belle médaille d'argent. Le 2 barré, avec Laurent Cadot et Matthieu Moinaux barrés par Benjamin Manceau, jouaient un rôle de remplaçants de luxe du 8 en remportant de leur côté la médaille de bronze, ceci après une saison difficile. Jérémie Azou relevait la malédiction de l'accident arrivé à son équipier en double, Stany Delayre, et arrivait lui aussi 2ième en skiff poids-léger après avoir serré de très près le triple champion du monde danois. Belle reconversion en 1 mois. Nos vice-champions olympiques du 2 sans barreur Germain Chardin et Dorian Mortelette sont revenus en forme à temps pour gagner à leur tour une très belle médaille d'argent derrière l'équipage "extra-terrestre" néo-zélandais. 4ème fut la place du 4 sans barreur poids-légers, avec Franck Solforosi, Guillaume Raineau, Augustin Mouterde et Thomas Baroukh . Une place qui n'est pas réputée être la meilleure car proche de la médaille de bronze, mais dans le cas présent, qui représente le résultat d'un gros travail collectif et d'une magnifique progression. Le 8, avec Mathieu Androdias, Benoit Brunet, Benoit Demey, Julien Desprès, Benjamin Lang, Sébastien Lenté, Jean-Baptiste Macquet, Thibaut Verhoeren et Benjamin Manceau, enfin se classait magnifiquement à la 6ème place (à moins de 7 secondes de l'or) dans une finale de très haut niveau remportée par le bateau anglais et qui voyait les champions olympiques allemands se contenter "seulement" du bronze. Voilà donc une nouvelle olympiade qui commence et le renouvellement qui est en route. Notre équipe de France l'a aussi démontré cette semaine en rentrant en France avec le sourire, certes la tête pleine de souvenirs, mais aussi remplie d'ambitions pour les saisons à venir. Et si l'on ajoute les 3 médailles (2XPL, 4XPL et 4-PL) des seniors moins de 23 ans lors de leur championnat du monde cette année, nous pouvons espérer voir de beaux bateaux français sur les plans d'eau internationaux l'an prochain et les années suivantes, Rappel : Roudnice 1993, suite à de nombreuses années de disette ponctuées de quelques médailles. 14 bateaux engagés, 7 bateaux finalistes, 3 médailles d'or
- La tête et les jambes
Tout en ramant, nombre de rameuses et rameurs préparent leur avenir professionnel : 70% des membres de l’équipe de France engagés au mondial 2006 d’Eton ont atteint un niveau au moins égal au BAC +3... Ingénieurs ou en école d'ingénieur, les 4 hommes figurant sur ce poster créé par l'AIA symbolisent très fortement la lucidité et l'état d'esprit d'une équipe de France d'aviron qui brille sur l'eau et dans l'univers de l'entreprise. L'association des Internationaux d'Aviron félicite et encourage les ambassadeurs de l'aviron ainsi que tous les rameurs qui mènent de front sport de haut niveau et études. Ce poster fut envoyé fin 2006 à tous les clubs d’aviron Français Téléchargez le poster haute définition (pdf 1700 ko) basse définition (pdf 250 ko)
- A LIFETIME IN A RACE
Améliorez votre anglais tout en lisant l’extraordinaire carrière de Matthew Pinsent, 4 fois champion Olympique (1992-2004). Entraînement, alimentation, argent, médias, défaites... tout y passe. Pour le plus grand bonheur des lecteurs pour 12,20€
- Guide pratique du sportif de haut niveau FFA
La Fédération Française d'Aviron vient d'éditer un document à destination de ses sportifs de haut niveau pour les aider à concilier leur carrière sportive et leur devenir socioprofessionnel. Publié sous forme de livret illustré, ce fascicule regroupe l'ensemble des dispositions se rapportant à la qualité de sportif de haut niveau, à ses obligations et aux aides dont il peut bénéficier tout au long de son parcours sportif et socioprofessionnel. C'est un outil qui se veut fonctionnel dans un souci d'accompagnement du sportif mais également des personnes qui l'entourent. Contacter la FFA pour plus d'informations. Pour lire le guide, cliquez ici
- Les athlètes parlent aux athlètes
La commission des athlètes de haut niveau du CNOSF a publié un guide "Vie d’athlètes" où des champions d’hier et d’aujourd’hui abordent tous les aspects et les problématiques d’une vie de sportif de haut niveau. "Vie d’athlètes" est composé de sept chapitres balayant les principales problématiques du sportif de haut niveau. Les thèmes abordés par de nombreux champions sont les suivants : l’environnement, la performance, la formation, la reconversion, le suivi médical, les revenus et les médias. Le rameur Sébastien Vieilledent, fait partie de la commission qui a conçu ce guide. Note : Téléchargez "Vie d'athlètes" depuis le site du CNOSF
- Fausses pelles de Benoit Decock
Publié le 23 oct. 2016 à 15:09 par AIA Rameurs-Tricolores [mis à jour : 23 oct. 2016 à 15:12 ] A lire, "Fausses pelles" de Benoit Decock, un ancien rameur international (*) de la SN Compiègne, aux éditions SALTO. https://www.editions-salto.fr/catalogue-salto/fausses-pelles/ Benoît Decock, par la voix de Pierre, enfant, adolescent puis adulte raconte l’aviron… et même un peu plus : l’exigence de discipline, de rythme et de cadence, la passion et la liberté, l’harmonie avec l’eau, les paysages. L’écriture poétique et décalée évoque des souvenirs teintés tour à tour d’humour, d’autodérision et de gravité : plaisir d’être sur l’eau, courses, victoires, entraînements, amitié, femmes, effort, douleur, émois. Avec Fausses pelles, Benoît Decock peint une fresque impressionniste de portraits hauts en couleur, d’ambiances en demi-teinte, de déconvenues… de fausses pelles ! • ISBN : 979-10-95408-06-2 • Format : 14×21 – 144 pages • Prix de vente public : 16 € • Sortie : 12 octobre 2016 Extrait 1 Avec mes épaules d’ablette, mes cannes de serin flottant dans un short taille douze ans, petit, léger et frais, les grands m’ont vite repéré quand je suis arrivé au club d’aviron. Ils cherchaient un barreur, un petit bonhomme, pour compléter leur équipage et enfoncer suffisamment la coque de leur bateau pour arriver à bonne jauge. Un poids, rien que du lest, qui accessoirement, pourrait diriger l’embarcation le temps d’une sortie. Extrait 2 Je me vois déjà à l’arrivée, brandissant la coupe avec les copains devant une foule en liesse. C’est à ce moment que venu de nulle part, m’arrive un violent coup de poing dans les dents, un peu comme ceux que le gros Totof distribuait à la récré, à la différence près que cette fois l’impact reste collé sur ma figure au point de me faire basculer en arrière. Les pieds coincés dans la barre de pieds, je ne peux pas me dérober face à ce coup qui appuie ensuite sur ma gorge, puis sur mes côtes, à me couper le souffle. Je lutte, mais ce qui pousse est beaucoup trop fort. Contraint à m’allonger, le manche de l’aviron vole au-dessus de mon visage et s’en va derrière moi. C’est une fausse pelle, et une sévère ! Le bateau est freiné. Il s’arrête, presque complètement. Extrait 3 Mon entraîneur rêvait de réconcilier les rameurs et les mariniers. On navigue sur les mêmes eaux, mais il y a un monde qui nous sépare. Il y a ceux qui travaillent et ceux qui s’amusent. Les mariniers ne perdent pas de temps à ralentir pour le passage des promeneurs, et les rameurs râlent ou insultent les péniches qui font trop de vagues. Les échanges de bordées de jurons, tantôt en flamand, tantôt en français, jetés par-dessus bord sont monnaie courante. Mon entraîneur nous demandait de respecter cette profession ; il se sentait du même monde. Assis dans son canot moteur, il leur faisait toujours un signe de la main. Parfois un batelier lui répondait. Il vivait de petits boulots : surveillait dans les internats, rendait de menus services, coupait du bois, bricolait chez les veuves, vidangeait les voitures, braconnait, ramassait des noix ou des champignons qu’il vendait aux restaurants. (*) Benoit Decock fut notamment médaillé d'argent à la Coupe des Nations 1992 en 8+.
- Souvenirs de barreur !
Etre seul, c’est le lot du barreur ! On le dit indispensable, mais c’est pourtant une race en voie de disparition. Combien reste-t-il de bateaux avec barreur ? Ce petit « + » que l’on pouvait lire sur les fiches d’engagements, « 2+, 4+, 8+ » … Seulement 3 des 7 bateaux. Le 4+ est le premier à disparaître. Le 2+ est sûrement le prochain sur la liste (pourvus que non !). Moi j’ai eu la chance d’être barreur. Aux dires de certains, un poids mort. Mais pour moi, la sensation d’être indispensable (par moments) et ce pendant une douzaine d’années. C'est cette chance qui m’a permis de devenir l’homme que je suis aujourd’hui. Oh ! pas quelqu’un de reconnu, un barreur l’est rarement, mais une personne qui sait mener sa barque (sans jeu de mot), une personne qui sait lire dans les autres, car quand tu barres l’esprit est là, là pour toi, pour les rameurs, pour la course, pour la victoire, dans le bateau et dans ton bateau, tu es le roi du monde. Les sensations sont inqualifiables, sensations que tu découvre avec le temps. Au début, tu es content la première fois que l’on ne te dit plus « barreur t’as mangé du serpent !!!», histoire de bien te rappeler que ton seul rôle c’est de tenir le cap pendant que les rameurs te traînent comme un boulet. Ou la première fois qu’une sortie c’est passée sans ces remarques, là je me suis senti un athlète du haut de mes 1m40, fort de mes 40kgs … C’était l’année 1971. Après un an d’aviron, j’étais enfin devenu un sportif comme tous mes potes de classe, certains footballeurs, d’autres gymnastes ou encore coureurs en tout genre. Moi le petit, je me suis dit qu’un jour je serais un grand. Moi le fluet, qu’un jour je serais le plus fort. Deuxième source de contentement : un jour de Mai à Vichy ou un rameur se sentant fatigué, n’arrivant plus à retrouver son souffle, te crie « hé ! barreur, t’es pas un poids mort … » Quoi ? aurait-on besoin de moi dans cette galère ? Mais qu’est-ce qu’il veut ce gars ? « hé ! barreur dit quelque chose ! », heu ! bon, heu ! : « on respire, on renvoie les mains, on lève la tête, allez plus vite la prise d’eau, on lève les mains » … des mots entendus au fil de l’eau, qui d’habitude venaient du bateau suiveur de l’entraîneur, qui, une chance pour toi, n’est pas à tes cotés ce jour là. Oh ! tu n’es pas devenu entraîneur du jour au lendemain, mais on vient de te solliciter. Alors là, tu jubiles, enfin moi j’ai jubilé, et surtout je me suis concentré sur la fin de cette première vrai compétition. Dire au mieux ce que j’avais entendu, répéter les termes techniques et surtout apponter comme si je manœuvrais un porte avion, histoire de me faire un peu remarquer. Voila mes premières sensations, le reste n’est plus que progression dans ma technique personnelle, à chacun de ressentir les choses, de les analyser et les retranscrire au mieux pour donner à son bateau cette osmose, qui rend ce sport si beau à regarder, voir ces pelles qui tombent ensemble dans l’eau, le geste fluide des rameurs, leurs accélérations. Quand tu te retrouves allongé à la proue d’un huit, que tu sens la force de poussée de ton équipage, que la pointe se lève, que l’eau file sous toi, et bien même s’il fait seulement 2 ou 3°, que l’on est en plein hiver, que l’eau te glace les os, et bien toi, tu es sur un nuage. Pour moi le summum est d’arriver à se faire oublier, de devenir léger comme une plume, de faire corps avec mon bateau, de penser pour les tonnes de muscles qui ont toute confiance en toi, et en plus d’user de stratégie pour couler l’autre, l’autre c’est le barreur qui te tire la bourre, celui dont tu couvrais la voix par tes hurlements pour casser sa cadence, casser l’effort qu’il mettait à diriger son équipage, et qu’aujourd’hui dans le feutre de la sonorisation, tu essaies pas tous les moyens de dominer, voir de le ridiculiser, le temps d’une course. Car il n’y a rien de violent dans ce sport, rien de mauvais, juste un duel entre personnes aussi fortes les unes que les autres. Il faut être très costaud pour endurer un tel effort, faire avancer une galère qui au fil des temps s’est amincie, mais reste quand même, qu’il faut lui tirer dessus… Ce fichu aviron. Barreur c’est çà, enfin c’est ce que moi j’ai ressenti, même si malgré les victoires, je suis devenu l’illustre inconnu d’aujourd’hui. La vie est ainsi faite : Le barreur est rarement sur les photos, son nom ne s’imprime guère dans les journaux. J’ai pour ma part un seul et unique article dans un journal local. J’ai donné des dizaines de médailles à de jeunes rameurs, mes des coupes glanées ici et là, 2 ou 3 tenues officielles distribuées au grès des rencontres. Le barreur est tellement peu dans la lumière que moi Pascal B… j’ai même réussi à ne pas figurer sur les photos du BJ 79/80 et 80/81, car en retard pour la première et déjà parti pour la deuxième. A tous les rameurs qui, comme moi, ont passé leurs plus beaux moments sur l’eau et qui, malgré le boycott des JO de 1980, sont toujours fidèles au poste, je dis merci de m’avoir donné toutes ces sensations. Et à toi futur barreur : c’est la meilleure place dans le bateau, ne l’oublie jamais : Ils ont besoin de toi. Pascal Bourdot (ex barreur international) Palmares de Pascal Club d'origine : AS Corbeilles Essone Sélectionné en équipe de France et au Bataillon de Joinville Multiple fois finaliste des Championnats de France, des Internationaux de France, d'Allemagne, des Pays-bas, de Belgique entre 1973 et 1980
- Un premier moment de liberté - Christine Gossé
Article tiré du n° 670 du magazine "Ramer" (F.F.S.A) « J’étais benjamine. Ce devait être en 1976. Dans mon petit club du C.N. Haute-Moselle à Pont-Saint-Vincent, je ramais avec les garçons car il n’y avait pas de filles de mon âge. Un jour, je vois au tableau « Régate à Saint-Michel ». J’en parle à mes parents. Ils rigolent et me disent : c’est Saint-Mihiel. Je ne connaissais pas cette commune et n’avait pas idée de ce qu’était une régate. Je faisais de l’aviron pour me marrer et parce que j’aimais l’eau. Les dirigeants m’ont demandé si je voulais en être. Je n’étais pas du tout préparée, mais je me débrouillais pas mal. On est partis dans une 504, vitesses au volant. J’ai ramé en skiff, sur 750 mètres je crois, et gagné largement. Je me souviens du plaisir de monter dans un bateau sur la Meuse, de s’aligner contre d’autres filles et d’y aller. On m’a remis une médaille ronde avec un rameur incrusté dessus. J’étais mordue. J’avais aimé l’ensemble de la journée. On avait pique-niqué. Au retour, on s’était tous arrêtés dans un café. J’avais bu un Orangina, joué au baby. C’était un rituel quand on se déplaçait. On se retrouvait tous âges confondus pour discuter de la régate et partager de bons moments. Pour la gamine que j’étais, c’était un premier moment de liberté, une première journée seule, sans les parents, qui s’était passée comme une fleur. J’ai tout de suite enchaîné. » Merci à la FFSA (Yannick, Vanessa) pour nous avoir transmis ces textes et images publiés dans la revue "Ramez n°670" Christine Gossé • Née le 26 octobre 1964 • 3e aux J.O. d’Atlanta 1996 (deux de pointe) • Entraîneur National
- Il était une fois... Le Bataillon de Joinville
Voici le récit de l’une des plus étonnantes initiatives du sport et de l’armée de notre pays, qui, pendant 45 ans, ont sélectionné 20.000 jeunes gens, choisis dans l’ensemble des disciplines sportives, pour leur aménager un service national, obligatoire à l’époque, dans des conditions exceptionnelles. Ces institutions ont réussi le fragile équilibre entre la part indispensable du militaire, notamment pendant la période de la guerre d’Algérie, et le maintien des athlètes au maximum de leurs possibilités de performances, beaucoup d’entre eux découvrant même à cette occasion les techniques les plus modernes d’un entraînement rationnel. Certains affirment même que c’est grâce au Bataillon de Joinville que le sport français est passé d’un amateurisme sympathique, mais désuet, à une dimension qui le faisait entrer dans le groupe des nations les plus performantes. De Mario GRANERI et Jean MORENTE - Préface Robert FASSOLETTE Prix : 15€ Pour en savoir plus : http://www.bordulot.fr/detail-il-etait-une-fois...-le-bataillon-de-joinville-118.html
- Antoine Jesel, un chemin de vie peu commun...
Antoine Jesel (Aviron de Joinville) médaillé de bronze aux mondiaux d'Amsterdam 2014 a été récompensé du Trophée des Espoirs récemment lors de la 11ième cérémonie des Trophées par l'Association des Anciens de l'INS. Son parcours de vie lui a valu ce très bel article "Un chemin de vie peu commun" dans le dernier Mag Aviron (numéro 18) que nous remercions vivement pour nous avoir autorisé à publier cet article. ANTOINE JESEL Médaillé d'argent en double LTA (jambes, tronc, bras) à Amsterdam cet été, Antoine Jesel aurait pu ne pas rebondir dans le monde de l'aviron. Mais le courage et la persévérance ont été les maîtres mots de son parcours. Un chemin de vie peu commun qu'il nous a raconté. Si Antoine Jesel a fait ses premières armes sur l'eau, c'est à la voile qu'il a commencé, à Beaucaire. "J'étais tout jeune sur mon Optimist, se souvient-il, un jour Adrien Hardy m'a percuté en skiff. Je me suis dit que ça devait être sympa ce sport où on peut percuter les autres". Il s'essaie alors à l'aviron et a tout de suite accroché. De Beaucaire, il part en deuxième année cadet à Avignon. "J'habitais dans un petit village et c'était plus pratique pour moi, même si je devais prendre train, bus, vélo et rollers pour aller au club, et Marc (Boudoux, NDLR) me faisait traverser en canot moteur pour aller sur l'île de la Barthelasse. Ça me fait rire d'entendre les parents se plaindre que leurs enfants sont trop souvent à l'aviron, j'y allais par tous les moyens". En dernière année junior, il finit champion de France en quatre de couple et décroche une médaille de bronze, toujours en quatre de couple, à la coupe de la jeunesse à Cork en Irlande ; comme quoi, la motivation pour aller ramer paye. Professionnellement, c'est l'audiovisuel qui l'attire : intermittent du spectacle, il devient second assistant réalisateur. En 2004, alors âgé de 23 ans, la vie d'Antoine Jesel bascule. Rentrant de tournage en République Tchèque, alors qu'il vient tout juste de récupérer sa moto et qu'il traverse un carrefour, un conducteur anglais au volant d'une voiture de location s'engage sans raison, lui coupe la priorité ; il tente de l'éviter mais est éjecté à quinze mètres, sur le trottoir. Conscient, il se voit alors assis, la jambe en sang, mais sombre dans le coma. Quinze heures de chirurgie en urgence sont nécessaires pour tenter de sauver sa jambe. Pendant six mois, il reste allongé sur un lit d'hôpital sans pouvoir en sortir, la jambe immobilisée. "J'avais l'impression d'être un poisson dans un bocal, la vie continuait dehors sans moi". Après vingt trois opérations, de multiples greffes d'os et de peau, un an de rééducation en fauteuil dans un centre, il finit par remarcher, mais cela lui aura pris deux ans. Le courage, c'est son expérience sportive qui lui a apporté. "Je l'ai pris comme une échéance, l'esprit de compétition m'a aidé à me reconstruire physiquement". Antoine n'avait qu'une idée : remonter en bateau. C'est à l'Aviron Marne et Joinville qu'il le fait finalement en 2005, non sans mal : son genou est bloqué et l'empêche de plier la jambe, une opération va lui permettre de le libérer. Un autre problème est sa cheville qui elle aussi est bloquée. Ne pouvant rien y faire médicalement, c'est sur sa planche de pied qu'il va travailler. "J'ai apprécié le système Shimano quand il est sorti, note Antoine, mais j'ai dû l'adapter". Reprenant la compétition en 2008, Charles Delval, alors dans le collectif paralympique, entend parler de lui et de son accident. "On se connaissait comme adversaires, commente Antoine, il me propose alors de rentrer dans le projet. Il m'a remis le pied à l'étrier et m'a beaucoup aidé". Sélectionné aux bateaux courts, il entre en équipe de France. Les Jeux paralympiques se profilent, à Londres ! L'Angleterre, un souvenir prégnant : "C'était une évidence, un Anglais m'avait renversé. Je voulais me reconstruire mais dans la colère, il me manquait une brique. Je voulais comprendre ce qui s'était passé, ce jour-là, savoir pourquoi il avait démarré dans ce carrefour : au tribunal, il n'était pas venu alors que j'avais fait le déplacement contre l'avis de mes médecins. Sa peine avait été légère, car on ne connaissait pas l'étendue des séquelles dont j'allais souffrir". Antoine fouille dans le dossier de son accident, retrouve ses coordonnées et tente de le joindre, mais sans laisser de messages. L'échéance sportive arrive : il se décide finalement à envoyer au chauffard britannique des billets pour les épreuves d'aviron aux Jeux. "Je lui ai écrit un mot à l'arrière d'une carte postale du quatre barré, je me suis fléché sur la photo, c'était une revanche pacifique". A Londres, Antoine y repense, mais il veut vivre son expérience paralympique à fond. Ce n'est qu'à la fin des courses que l'un des bénévoles qui accompagne l'équipage lui demande s'il est bien le rameur dont on parle sur Twitter. "Je prends mon téléphone et là je vois les posts, le blog que l'Anglais avait écrits, la photo qu'il a prise depuis la tribune : il était venu voir la course. C'était une émotion énorme, mais c'était aussi un de mes buts". Les Jeux touchent à leur fin, Antoine hésite mais finit par le contacter : les deux hommes se donnent un rendez-vous dans un pub à Londres. "Je ne savais pas comment ça allait se passer, la rencontre a été forte. Ce n'était pas le chauffard que j'imaginais, mais un père de famille, amateur de musique, quelqu'un de normal et il s'est expliqué : il a paniqué de se retrouver face à un sens unique, avec des commandes inversées par rapport à ses habitudes. Quand les gendarmes l'ont trouvé, il essayait de revenir mais il était pris dans le flot de la circulation. Il sentait bien lui aussi que cette histoire n'était pas finie, mais il se sentait coupable qu'il pensait inapproprié de revenir vers moi. Je l'ai trouvé sincère. Les larmes sont montées, et on a bu des bières !" Assumant ses actes, il propose à Antoine de publier les deux visions de leur histoire, scellant ainsi le pardon de l'athlète français à son égard. Après s'être reconstruit physiquement, Antoine Jesel a ainsi pu se reconstruire moralement. "Tout avait pris un sens, j'avais comblé un vide mais j'ai mis du temps à m'en remettre. C'était une victoire, pas forcément sur un podium, et ça m'a permis de réaliser qu'il me restait encore de la colère et de pouvoir passer à autre chose". L'histoire d'Antoine, au-delà de l'émotion qui ne peut laisser personne indifférent, est une formidable leçon de persévérance, un exemple de combat mais aussi une belle leçon de vie : "J'ai compris qu'un accident pouvait arriver à n'importe qui, à n'importe quel moment, et qu'il est difficile de vivre avec les conséquences que l'on soit victime ou responsable. Qui peut dire entre autres qu'il n'a jamais grillé une priorité ? Je ne peux plus tout faire comme avant, mais il y a toujours une solution pour s'adapter. Cette adaptation n'est pas un choix, mais une nécessité que l'on m'a imposée, c'est ce qui est parfois difficile à accepter. Mais ce n'est pas insurmontable si on est bien entouré, et de ce point de vue là, j'ai beaucoup de chance !" La médaille de bronze à Amsterdam, en août 2014, est arrivée comme une concrétisation des efforts, après des Jeux un peu ternes sportivement. "Je laisse tous mes mauvais souvenirs derrière moi". Le rameur se prépare bien entendu pour Rio et espère une sélection, mais c'est une échéance bien différente qui l'attend sous peu : la paternité ! Il va maintenant devoir jongler entre son travail de monteur, toujours dans l'audiovisuel, sa carrière sportive à l'aviron et son rôle de papa. Fabrice Petit Pour plus d'informations sur Mag Aviron cliquer ici sur le lien.
- Bref historique du bassin de Bled
Charles Imbert, ex rameur international et ex entraineur national, avait publié dans la Revue des entraineurs une série d'articles sur les plans d'eau d'aviron. Ces bassins d'aviron furent le lieu de nombreux championnats où s'affrontèrent nos rameuses et nos rameurs pendant plusieurs décennies. Premier article de la série : le bassin de Bled (article publié en 2013) Sans doute moins connu que le mythique bassin du Rotsee, où se déroule chaque année un événement majeur, Bled a organisé quatre championnats du monde entre 1966 et 2011, soit autant que Lucerne. Avant de laisser la place aux bilans de cette saison, nous vous proposons une rétrospective succincte de ces différents championnats. Cette brève analyse des manifestations organisées à Bled, nous permet de percevoir quelques aspects de l’évolution de l’aviron mondial La Slovénie et Bled La Slovénie, qui a obtenue son indépendance le 25 juin 1991, est l’un des plus petits et aussi l’un des plus jeunes pays européens. Il est entré dans l’Union Européenne en mai 2004 et a été le premier, parmi les dix nouveaux États membres qui ont rejoint l’Union cette année là, à introduire l’euro comme monnaie officielle en janvier 2007. La Slovénie est située au carrefour de quatre paysages européen bien différents - les Alpes, la plaine Pannonienne, les montagnes Dinariques et la Méditerranée. Ces caractéristiques inoubliables et uniques du pays sont dues à l’imbrication de ces paysages. Ljubljana en est la capitale. Les débuts de l’aviron en Slovénie remontent à l’année 1887, lorsque le premier club d’aviron fut fondé dans la ville côtière de Piran. Seulement un an plus tard, le SC Libertas a été fondé dans les environs de Koper. Les compétitions d’aviron sont apparues un peu plus tard dans la capitale, Ljubljana, ainsi qu’à Bled. La tradition d’aviron slovène a été enrichie par de nombreux succès inter- nationaux, en particulier le titre olympique de Cop et Špic en double à Sydney et 4 titres de champion du monde. Istok Cop à lui seul a obtenu 3 médailles olympiques et 12 aux championnats du monde. La population de la Slovénie se situe autour de 2 millions d’habitants dont environ 5200 vivent à Bled. À propos du lac de Bled Il y a deux ans Bled a célébré le centenaire de la première régate organisée sur le lac. Le premier événement majeur organisé à Bled fut le championnat national yougoslave en 1930. Bled a accueilli les championnats du monde de la FISA en 1966, 1979 et 1989. Bled a également organisé un championnat d’Europe en 1956 et un championnat du monde juniors en 1971. ... Pour lire l’article complet (format PDF), cliquer ici sur le lien…
- Compte-rendu de l'assemblée générale ordinaire 2018
L'Assemblée Générale Ordinaire 2018 de l’Association des Internationaux d'Aviron a eu lieu le jeudi 4 avril 2019 à 19h dans les locaux de l’Aviron Marne Joinville, 97, quai de la Marne à Joinville le Pont (94430). 23 personnes étaient présentes ou représentées lors de cette réunion. Le quorum était donc atteint. • Approbation du procès-verbal de l’Assemblée Générale de 2018 • Rapport moral de la présidente Myriam Lamolle • Pensée aux disparus : Marc Bouissou (vice-champion Olympique en 1952 à Helsinki en 4-) Rapport moral de la Secrétaire Générale, Catherine Guilleret. • Rapport moral de la présidente Myriam Lamolle • Les principales actions réalisées en 2018 ont été les suivantes : ◦ L’action très importante de communication sur les supports rameurs tricolores des réseaux sociaux et sur le site internet. • Mise en application de la loi RPGD à partir de mai 2018 sur notre site Internet et nos outils de communication. ◦ A noter la diminution du nombre de destinataires de nos mailings compte tenu du fait que le plus grand nombre des abonnements n’ont pas été renouvelés automatiquement (exigence suite à la mise en place de la loi RGPD sur la sécurité des données). • Deux Bourses Aspirant Champion de 500 € chacune ont été attribuées à des jeunes espoirs. ◦ La distribution de bidons "Rameurs tricolores" ont été distribués aux rameurs des équipes de France. Cette action a été facilitée par la FFA que nous remercions. ◦ Une soirée festive a été organisée co-organisée avec Julien Desprès lors des championnats de France bateaux courts à Cazaubon. ◦ Deux dossiers ont été déposés aux Gloires du Sport, mais ils n'ont pas été choisis par le comité des GDS : ▪ Eberhard Mund ▪ Équipage Rolland-Andrieux ◦ La réalisation d’un livre de photos du projet Génération Eberhard Mund a été produit (voir ici), en attente de la sortie d'un livre plus riche et plus complet grâce à la contribution de Charly Imbert. ◦ Remplacement de notre publication "papier" La Dénage par une lettre d'information par mail périodique ◦ Notre modèle économique est à faire évoluer. Il est proposé qu’une réflexion en ce sens soit menée ◦ Participation aux réunions de la FISF ◦ Statistiques de fréquentation du site et des réseaux sociaux • Rapport financier du Trésorier Général, Alain Bouffard • Rapport du Vérificateur aux Comptes • Vote des rapports approuvés dans leur ensemble à l’unanimité. • Présentation du budget pour 2019 • Montant des cotisations 2019 : maintien à 24€ • Actions à venir ◦ Refonte complète de notre site Internet www.rameurs-tricolores.fr pour une présentation plus moderne et surtout plus adaptée aux mobiles. ◦ Activer le suivi des membres pour augmenter le nombre d'adhésions ◦ Actions à organiser pour les mondiaux Indoor 2020 de Paris (équipes mixtes de différentes générations, repas des internationaux, ...) ◦ Réflexion sur les actions pour les mondiaux Masters 2021 à Libourne • Présentation de Sporteki par Henri Hélal (*) (*) Henri Helal présente la plateforme SPORTEKI (https://www.sporteki.com/) de mise en relation entre athlètes de haut niveau (actuels et anciens) et toute personne ou entité qui peut leur rendre service (dont des entreprises). C’est gratuit, fermé et ne permet pas d’être sollicité sans son accord. Aujourd’hui environ 650 athlètes et 60 entreprises sont inscrits.
- Erik Orsenna "L'origine de nos amours"
Eric Orsenna, académicien et fils de notre regretté Claude Arnoult, ex Vice-Président de la FFA et ex Président du Cercle Nautique de Versailles, vient de faire paraître son roman délicieux « L’origine de nos amours » aux éditions Stock. Vous y retrouverez le monde de l’aviron qui fut permanent dans l’extraordinaire chemin de vie de Claude qui fut un dirigeant, toujours apprécié par les rameuses et les rameurs des équipes de France d’aviron de l’époque. Daniel Forget "L'origine de mes amours" Erik Orsenna (Editions Stock) Collection : La BleueParution : 09/03/2016 288 pagesFormat : 215 x 138 mm EAN : 9782234078925 Prix: 19.00 € « Un jour, je me suis remarié. Le lendemain, mon père quittait son domicile. Entre les deux événements, personne dans la famille n’a fait le lien. Et pourtant, mon frère est psychiatre. J’avais ma petite idée mais j’ai préféré la garder pour moi. Mon père, je le connaissais mieux que personne. Pour une raison toute simple : nous avions divorcé ensemble. Lui de ma mère, moi de ma première femme.Lui le lundi, moi le mercredi, de la même fin juin 1975. Et rien ne rapproche plus qu’un divorce en commun. Alors je savais que les coups de tête n’étaient pas son genre. Il suivait des plans, toujours généreux dans leur objectif, mais le plus souvent déraisonnables. Cet été-là, nous avons commencé à parler d’amour, mon père et moi. Nous n’avons plus cessé. » Erik Orsenna
- Adhérez, renouvelez votre cotisation ou faites un don à l'AIA
En 2018, ce sont deux rameuses et rameurs qui ont obtenu une bourse de 600 euros visant à les aider à continuer la pratique de notre beau sport qu'est l'aviron. Depuis 2005, l'AIA a attribué 31 bourses de 500 à 600 euros, soit au total plus de 19.000 euros . Jusqu'en 2016, ces bourses étaient financées par la Fédération des Internationaux du Sport Français (FISF) sur proposition de l’Association des Internationaux d’Aviron (AIA). Courant 2017, du fait de l'abandon de cette bourse par la FISF, l'AIA a décidé d'auto-financer chaque année plusieurs dossiers de demande, en la rebaptisant " Bourse Aspirant Champion ". Aujourd'hui, cette "Bourse Aspirant Champion" est la meilleure opportunité d'aider à votre tour un jeune en devenir. Comme vous vous en doutez, cela n'est possible que par les dons et les cotisations de nos adhérents et de nos sympathisants. Nous n'avons pas réalisé nos exploits seuls. Tous, à un moment ou à un autre, nous avons bénéficié d'un coup de pouce d'un ami, d'un proche, d'un ancien de notre club pour avoir du matériel, trouver un stage d'étude, un aménagement horaire, un premier job. Transmettre est la plus belle action de l'homme. Plus nous serons nombreux, plus nos actions seront efficaces. Venez rejoindre l'AIA ou faites un don. Que vous ayez été rameuse ou rameur international, barreuse ou barreur international, entraîneur international, arbitre international ou que vous soyez sympathisant, comme nombre d'entre nous vous pouvez rejoindre notre Association des Internationaux d'Aviron en adhérant à l'association et/ou en faisant un don. Votre participation nous permettra d'aller encore plus loin dans nos actions. J'adhère et/ou je fais un don Vous êtes adhérent et vous n'avez pas encore renouvelé votre cotisation pour cette année, vous pouvez le faire en cliquant ci-dessous. Je renouvelle ma cotisation et/ou je fais un don Vous êtes sympathisant et vous souhaitez faire un don pour accompagner l'Association des internationaux d'Aviron dans ses projets et notamment pour participer au financement de la Bourse Aspirant Champion, cliquez ci-dessous. Je fais un don à l'AIA (les règlements se font via la plateforme sécurisée et cryptée de notre partenaire HelloAsso, et c'est selon votre choix par CB, par virement SEPA ou par chèque)
- Votez pour Lucine Ahyi
VOTEZ pour LUCINE "LA DETERMINEE" et offrez lui la victoire scolaire et sportive organisée par son école pour les sportifs de haut niveau. Six élèves sont 6 nominés pour cette année. Pour voter, cliquez sur ce lien : https://www.cens44.fr/trophee-des-sportifs/lucine-ahyi-la-determinee/ VOTEZ POUR LUCINE LA DETERMINEE, MERCI BEAUCOUP POUR ELLE ... Vote ouvert jusqu'au 25 janvier 2019 Lucine Ahyi avait bénéficié de la Bourse Aspirant Champion 2017 de notre Association des Internationaux d'Aviron visant à l'aider à persévérer dans l'aviron malgré les difficultés de la vie. Elle a depuis cumulé plusieurs titres du plus haut niveau (Championne de France juniores en skiff, Championne d'Europe juniore en 2X, finaliste mondiale en 2X juniores) confirmant ainsi le bénéfice que nos aides aux jeunes en difficultés peuvent leur apporter. Pour tout savoir sur la Bourse Aspirant Champion de l'Association des Internationaux d'Aviron, cliquez sur le lien ci-après. La Bourse ne cible pas uniquement les champions ou futurs champions, mais tous les jeunes. Elle peut être demandée via notre formulaire jusqu'au 30 juin en cliquant ici.
- La triplette du renouveau en 1961
« Je vous parlerais d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître » En ce temps-là, les bateaux étaient de bois, les leviers des avirons ne se réglaient pas encore, et l’empirisme présidait aux programmes d’entraînement. Les championnats du monde n’existaient pas et les finales des championnats d’Europe n’avaient que 5 lignes d’eau. Il faut noter que les championnats d’Europe accueillaient les USA, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Union soviétique. L’aviron international subissait la domination d’un entraîneur « prophète » Karl Adam de Ratzbourg. La situation de l’aviron français, dans la fin des années 50, n’était pas brillante et elle se termina par « l’annus horribilis » de 1959, où les Championnats d’Europe se déroulaient à Mâcon et dont les résultats pour les équipes de France furent catastrophiques. Les équipes de France étaient constituées sur des bases de bateaux de clubs et les stages se limitaient à 2 à 3 semaines avant le championnat. L’objectif espéré des équipages français, à cette époque, était seulement d’entrer en finale. Il faut dire que notre sport ne faisait pas exception et tous les sports français étaient en difficulté, à tel point qu’aux JO de Rome en 1960 la France reviendra avec seulement 5 médailles tous sports confondus (2 d’argent et 3 de bronze). En 2016, la France en a obtenu 42 !! Devant cette situation le Général de Gaulle, lui même, déclencha un grand programme pour redresser le sport français. Le dessinateur Faizant afficha en première page du Figaro le dessin célèbre, résumant la situation en montrant le général De Gaulle, en survêtement, prêt pour conquérir les podiums. Le général De Gaulle fit appel à un Délégué Général du sport français, un militaire le Colonel Marceau Crespin. Il n’y avait pas de Ministre des sports, le premier fut Maurice Herzog mais seulement en 1963. À la fin 1959, la FFSA, sous l’instigation de son Président Christian Querre, constitua la « triplette » Pierre Sauvestre, Jean Tarcher et Ernest Cherrier. C’est à partir de cette période que les équipes de France furent construites par des individualités, de clubs différents. Dès les Jeux de Rome, les effets se firent sentir puisque parmi les 2 médailles françaises d’argent figuraient Michel Jazy et notre quatre barré (Guy Nosbaum, Claude Martin, Robert Dumontois et Jacques Morel, barreur Klein). Le 8+ et le double scull Duhamel - Monnereau finissaient à la 4 ème place. En une seule saison, le redressement était engagé. Devant ce succès, M. Crespin officialisa à la Direction de l’Equipe de France un homme à poigne : Pierre Sauvestre. Il le fit pour montrer aux autres sports français qu’avec un patron on pouvait se redresser rapidement. Pierre Sauvestre compléta sa triplette avec Jean Tarcher et Ernest Cherrier. L’objectif des équipages devint le podium. En 1962 lors des premiers Championnats du monde de l’histoire qui se déroulaient à Lucerne, l’aviron français se plaça au niveau de 3 ème nation au classement derrière l’Allemagne et l’URSS. Médaille d’or Duhamel Monnereau 2 médailles d’argent le 4+ et 4- Le 8+, médaille de bronze, encore, à ce jour le seul 8+ français qui soit monté sur le podium des Championnats du monde. Le huit était constitué de rameurs de 6 clubs différents, le 4+ médaille d’argent l’était de 4 clubs et le 4- médaille d’argent de 2 clubs différents. La triplette était construite de 3 personnalités très originales et très complémentaires. S’enrichir de ses différences est générateur de cohésion solide. Il y avait le patron, Pierre Sauvestre la force du verbe, Jean Tarcher la force tranquille et Ernest Cherrier la force par la programmation. Pierre Sauvestre est issu du CN Vichy au sein duquel il conquit, en 1937, son premier titre de champion de France avec Alphonse Bouton en 2 +. Il poursuivit sa carrière de rameur à la SN Basse Seine, il obtint 13 titres de champion de France et il fut membre de l’équipe de France au sein du 8+ aux JO de Londres en 1948. Il prolongea sa passion pour l’aviron, en devenant l’entraîneur de la SNBS et il fit, de ce club, la référence du 8+. Ce fut la cause pour laquelle on lui confia la Direction de l’Equipe de France. Il était bénévole, car il était professionnellement représentant en produits de beauté féminins dans toute la France. Lors des stages préparatoires aux grands championnats qui se déroulaient à la SN Marne, on attendait l’arrivée de Pierre, qui, à bord de sa voiture grand sport, sillonnait la France, mais il faisait en sorte d’être à l’heure le soir, pour assumer sa mission d’entraîneur. Les contrôles radar n’existaient pas encore sur le réseau routier. Au-delà de sa superbe carrière au sein de notre sport, c’est le personnage qu’il faut admirer. Il faut avoir assisté à l’ultime séance de motivation d’une équipe juste avant la montée en bateau pour se rendre au départ. Pierre, souvent cigare à la bouche, se lançait dans des invectives qui ouvraient la porte à toutes les possibilités. Le trac et les inquiétudes de chacun se transformaient en une envie irrésistible de vaincre. Jean Tarcher : la force tranquille, il avait une très belle carrière sportive au CN Paris et avait été membre du 8+ français vainqueur aux Championnats d’Europe de 1931 qui se tenaient sur la Seine à Courbevoie. C’était le technicien du coup d’aviron, il pouvait suivre une équipe pendant de longues sorties et sans jamais s’exprimer. Par contre au retour, dans le vestiaire, il faisait un compte-rendu technique remarquable, en dégageant tous les coups d’aviron mal appliqués. Il avait un sens inné de la constitution des équipages. Ces qualités, sur sa fin de carrière, il les mis au profit de l’aviron espagnol à Bañolas, période au cours de laquelle l’équipe d’Espagne a brillé sur les bassins internationaux. Ernest Cherrier : la force de la programmation, il n’a jamais ramé, il était enseignant de culture physique. Il s’est intéressé à l’aviron avec Nosbaum Martin qu’il mena au plus haut niveau. Il était particulièrement efficace pour mettre au point des programmes d’entraînement, et il faut reconnaître que, pour l’époque, il réussissait à amener ses équipages au meilleur niveau le jour J. Il conservait des datas sur tous les rameurs, ayant un potentiel. Le personnage était cocasse, tenue vestimentaire rustique, casquette et short, un vélo qui n’avait jamais du être neuf et un organe vocal d’une puissance telle qu’il pouvait couvrir tout un bassin de course d’aviron. En fait si on considère les caractéristiques de ces 3 personnages, on pourrait en faire la définition d’un coach idéal. Le miracle se trouve dans le fonctionnement de cette triplette constituée de 3 forts egos qui se sont soumis au collectif. Ils concrétisaient l’oxymore suivant « l’ego collectif ». L'aviron français d'après la guerre jusqu'à la fin du 20ième siècle connut 3 « grandes périodes » qui ont toutes pour point commun la présence d'un patron à la tête des équipes de France : - M. Jean Cottez :1952 Jeux Olympiques d’Helsinski (une en or, Salles Mercier barreur B Malivoire) une en argent (Pierre Blondiaux, Jacques Guissart, Marc Bouissou, Roger Gautier). - M. Pierre Sauvestre et sa triplette : 1962 Championnats du monde à Lucerne (4 médailles). - M. Eberhard Mund :1993 Championnats du monde à Roudnice en Tchéquie (3 médailles d’or en moins de 2 heures dont le 2- féminin Hélène Cortin et Christine Gossé, première médaille d’or mondiale féminine pour l'aviron français. M. Mund permit l’éclosion d’une période fructueuse pour les équipes de France, affirmée jusqu’aux JO de Sydney de l’an 2000 (2 médailles d’or : Jean-Christophe Rolland Michel Andrieux en 2- et le 4- poids légers Laurent Porchier, Jean-Christophe Bette, Yves Hocdé et Xavier Dorfman et une médaille de bronze pour le 2XPL Pascal Touron et Frédéric Dufour). La triplette de Pierre Sauvestre a permis à l’aviron français d’entrer dans le concert de l’aviron international moderne et il faut reconnaître la qualité des athlètes de cette période. Les feux du 20ème siècle se sont éteints et une nouvelle ère ouvrait le 21ème siècle, mais la règle qui restera, immuable, pour notre sport collectif constitué d’individualités, sera : « Au chef il faut des hommes et aux hommes il faut un chef ». Daniel Forget Photos : Dessin Michel FaizantErnest Cherrier, Georges Demaison (FFSA, Jean Tarcher et Pierre Sauvestre)
- Jean-Claude Barathay nous a quitté.
La nouvelle de la disparition de Jean-Claude Barathay, en ce mois d'octobre 2018, nous attriste profondément et sincèrement. C’est une personnalité attachante du monde de l’aviron, unanimement respectée qui nous quitte et qui va nous manquer. Avant d’être l’éducateur passionné et l’entraîneur expérimenté que l’on a tous en notre mémoire récente, Jean-Claude fut un compétiteur valeureux qui remporta à deux reprises en 1976 et 1977, le titre en huit senior avec le Cercle de l'Aviron d'Evian, son club de toujours. Michel Mazzuchetti, Hervé Mathonnet, Patrick Raymond, Serge Fornara, Jean Marc Vesin, Christian Charles, Céline Jalk, Daphné Socha, Maxime Ducret et bien sûr « Samy », son fils qui lui aura offert tant de satisfactions; quelle pléiade de champions ayant porté brillamment les couleurs des équipes de France et qu’il aura formé avec patience et compétence. Citer quelques uns de ses rameurs est certainement le plus bel hommage à lui rendre. Charles IMBERT International de 1970 à 1984 Ex entraîneur national
- L'aviron est un beau sport. Merci de l’avoir recommandé.
Vendredi dernier (5/10/18), j’ai eu le bonheur de rencontrer avec un grand monsieur du sport français. Il n’a pas eu une carrière de champion, ni d’entraîneur ni même de dirigeant, il n’en demeure pas moins une célébrité du sport tricolore. En effet, ce médecin du sport a soigné de nombreux sportifs français et étrangers au cours de ces 30 dernières années. Mais Laissez-moi vous raconter mon histoire. J’avais 10-11 ans et je me plaignais de mon genou. Le médecin de famille qui me dirige vers un spécialiste à Paris. Une fois le rendez-vous pris, nous nous préparons pour aller voir ce docteur parisien, sans vraiment savoir de qui il s'agissait vraiment. Arrivé dans son cabinet, Il m’ausculte, réfléchit, hésite un peu et finit par dire à maman : "Si c’était mon fils je ne l’opérerai pas. Il est en pleine croissance et cela pourrait s’arranger avec le temps. Par contre, voici une dispense de sport pour l’année scolaire. Revenez me voir l’an prochain." Un an plus tard, Même discours et nouvelle dispense de sport. "Revenez me voir l’an prochain." Enfin en juin 1985, après deux années sans faire de sport au collège, il lève la dispense et me recommande fortement de pratiquer un sport. "Tu choisis entre le vélo, la natation ou l’aviron." Mystérieusement il ajoute ceci : "Il y a un club d’aviron à Compiègne. C’est un beau sport." Le lendemain, je prenais ma première licence d’aviron au SN Compiègne et 11 ans plus tard je décrochais une médaille d’argent aux Jeux Olympiques d'Atlanta en quatre sans barreur avec mes trois équipiers au terme d’une course assez extraordinaire sur le lac Lanier. Entre temps, j'ai réalisé que ce médecin du sport spécialiste du genou n'était autre que le Professeur Saillant en personne. Même si on peut aisément supposer qu'il ait suivi les Français aux JO, il est peu probable qu’il ait fait le lien entre le petit garçon qu’il avait ausculté entre 1983 et 1985 et cette médaille olympique en 1996. Aujourd’hui j’ai pu le remercier en affirmant qu’un bout de cette médaille lui revenait. Vous aviez raison Professeur, l'aviron est un beau sport. Merci de l’avoir recommandé. Bertrand Vecten Vice champion Olympique et du monde 96-97 en quatre sans barreur
- Elodie Ravera-Scaramozzino et Hélène Lefebvre parmi les très grandes.
Avec ce titre de Championnes d'Europe, Elodie Ravera et Hélène Lefebvre rejoignent le groupe très fermé des rameuses françaises médaillées d'or en championnat international TC : Christine Gossé-Hélène Cortin : 2 fois Championnes du Monde (1993-1994) en 2- Celia Foulon, Audrey Galy, Marie Le Nepvou et Marjolène Rossit : Championnes du Monde en 4- en 2004 Sans omettre la Régate Internationale Féminine (début des années 50) devenue ensuite Championnat d'Europe Janine Tabuis : en skiff en 1951 Simone Carbonnel-Guillerbert et Micheline Leabeau-Gallerand : en 2X en 1951 La vidéo de la finale : https://sport.francetvinfo.fr/aviron/championnats-europeens-aviron-laviron-apporte-la-troisieme-medaille-dor La vidéo de la remise de médailles : https://sport.francetvinfo.fr/aviron/championnats-europeens-aviron-la-troisieme-marseillaise
- Note Info74 - Damien PIQUERAS - A propos de la reconversion des rameurs.
Nous remercions le Comité Départemental d'Aviron de Haute-Savoie de nous autoriser à publier ce très intéressant éditorial paru dans sa note d'information n°15 du mois de juin 2018 et proposé par Damien Piqueras (international poids-légers double champion du monde en 4X et récemment retraité). La question de l'accompagnements athlètes vers leur reconversion et de cette reconversion est clairement soulevée. Je n’ai jamais eu la plume fine, et pour moi écrire un édito est une vraie épreuve ( je crois que je préfère encore faire un test ergo .) Toutefois si, après 8 mois un peu déconnecté du monde de l’aviron, je devais parler de ce sport, ce serait pour sensibiliser les jeunes, les entraineurs et aussi des professionnels à la « reconversion » des rameurs. Pour moi celle-ci se prépare dès l’entrée dans les études supérieures. Les entraineurs de club se confrontent de plus en plus à des jeunes rameurs qui font le choix des études après le bac, au détriment de la compétition et du haut niveau. Un peu comme si ces deux mots étaient antagonistes... Je ne vais pas vous citer le parcours professionnel de l’ensemble des rameurs de l’équipe de France sur ces dernières années ( j’aurai peur d’en oublier), mais il y avait de tout : kinés, ingénieurs, ergothérapeute, entraineur, médecin, école de droit, de commerce, technicien supérieur... bref, rare sont ceux qui n’ont pas passé quelques heures à réviser durant les stages. Preuve que ce double projet est possible. Oui mais voilà, les cadets, juniors, n’y sont aujourd’hui pas assez sensibilisés. Si nous souhaitons les voir évoluer en sénior, il faut le plus tôt possible leur expliquer les démarches à suivre pour intégrer un cursus « aménagé » et arriver à leur faire comprendre que cela est clairement un plus dans le monde professionnel. Je pense parfois la question si ce ne serait pas les parents des rameurs qu’il faudrait sensibiliser à ces possibilités. Quoi qu’il en soit, avec du recul je trouve (pour l’avoir vécu) que l’on n’est pas assez informés sur ces éléments. Puis vient le temps de parler de l’intégration du rameur (pendant sa carrière) dans le monde professionnel. C’est là un sujet compliqué sur lequel il faudra se pencher dans les années à venir sous peine de voir un à un les meilleurs internationaux ranger les pelles. L’aviron et les études m’ont énormément apporté et m’ont permis de vivre des expériences mémorables et je souhaite que d’autre gamin puisse un jour vivre les mêmes. Pour mieux connaître Damien Piqueras, international poids-légers : PALMARÈS 2017 1er en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Sarasota (USA) 2016 2e en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Rotterdam (Pays-Bas) 2015 1er en quatre de couple poids léger (LM4x) au Championnat du Monde à Aiguebelette (France) 2014 16e en skiff poids léger (LM1x) au Championnat du Monde à Amsterdam (Pays-Bas) 2013 2e en deux de couple poids léger (BLM2x) au Championnat du Monde des moins de 23 ans à Linz (Autriche) 2012 2e en quatre de couple poids léger (BLM4x) au Championnat du Monde des moins de 23ans à Trakai (Lituanie) 2011 2e en deux de couple poids léger (BLM2x) au Championnat du Monde des moins de 23ans à Amsterdam (Pays-Bas) 2009 10e en quatre de couple (JM4x) au Championnat du Monde Junior à Brive-la-Gaillarde (France) La note Info74 n°15 (Juin 2018) du Comité Départemental d'Aviron de Haute-Savoie, cliquer ici. (Merci au comité départemental d'aviron 74 pour nous avoir donné son accord)



















