Mexico 1968 : Jean-Pierre Drivet au cœur de l’olympiade
- Rameurs Tricolores

- il y a 23 heures
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Jean-Pierre Drivet, célèbre rameur chambérien et acteur de l’aviron français des années 1960, nous propose, par un document (joint) de 7 pages, un regard direct et précieux sur son expérience aux Jeux Olympiques de Mexico (1968). Spécialiste du deux et du quatre sans barreur, il y évoque son parcours, notamment aux côtés de Roger Chatelain. Un témoignage vivant qui éclaire de l’intérieur les exigences de son époque et invite à découvrir l’intégralité de son récit.
Quatre années pour quelques minutes
Il y a des Jeux Olympiques que l’on regarde. Et il y a ceux que l’on vit. Ceux de Mexico, en 1968, appartiennent sans conteste à la seconde catégorie pour Jean-Pierre Drivet, qui nous livre un témoignage brut, sincère, presque haletant, à l’image de l’effort consenti.
Car une olympiade ne dure pas quinze jours. Elle s’étire sur quatre années. Quatre années d’entraînement, de remises en question, de sacrifices. Le récit commence d’ailleurs bien avant Mexico, dans le froid piquant de Font-Romeu, où les rameurs français tentent de s’acclimater à l’altitude. Le décor est splendide, mais la réalité est rude : vent glacial, fatigue, angines. Le corps encaisse, le mental suit.
Le grand départ et le choc mexicain
Puis vient le départ. Un voyage long, presque irréel, entre avions militaires, escales inattendues et décalages horaires qui troublent les repères. L’arrivée à Mexico marque un choc. La chaleur, l’humidité, l’altitude surtout. Et déjà, les contrastes : bidonvilles et quartiers luxueux se succèdent sans transition. Le regard du sportif se fait observateur malgré lui.
Le village olympique, cœur battant des Jeux
Au village olympique, une autre dimension apparaît. Celle de la fraternité. Toutes les nations, toutes les langues, toutes les cultures se croisent. Les échanges sont simples, parfois maladroits, souvent joyeux. Un écusson contre un autre, quelques mots mêlés, et beaucoup de rires. Ici, le sport rassemble.
Ramer, encore et toujours
Mais l’essentiel reste ailleurs. Dans l’eau. Dans l’effort. Dans cette obsession qui prend toute la place : ramer. Toujours ramer. Le quotidien se résume à cela. Le bateau, le lit, la table. Et l’attente.
Puis, soudain, la course. Sept minutes. Rien que sept minutes pour juger quatre années. Le texte devient nerveux, presque haché. On sent la tension, la douleur, le souffle qui manque à 2 400 mètres d’altitude. Chaque coup d’aviron compte. Chaque mètre arrache.
Aux portes de la finale
La qualification en série apporte une bouffée d’espoir. Les encouragements tombent, les télégrammes arrivent. La France regarde. On y croit. Puis vient la demi-finale. Le combat est intense, mais la marche est trop haute. Quatrième place. Pas de finale.
La déception est là. Franche. Sans détour. Mais elle ne brise pas tout. Elle nourrit autre chose. Une envie de revenir. D’aller plus loin. « Munich peut-être », glisse-t-il, déjà tourné vers l’avenir.
L’après-course, entre découverte et relâchement
Le reste du séjour prend alors une autre couleur. Moins tendu, plus léger. Les athlètes deviennent touristes. Ils découvrent le Mexique, ses paysages, sa culture, ses excès aussi. Oaxaca, Monte-Alban, Acapulco… Entre émerveillement et surprises, le regard s’ouvre.
Le retour, avec l’expérience en tête
Et puis vient le retour. La France. Les repères. Le quotidien. Avec, en tête, cette expérience unique, faite d’efforts extrêmes, de rencontres et d’émotions brutes.
Ce témoignage ne cherche pas à embellir. Il dit les choses comme elles viennent. Avec simplicité. Avec vérité. Et c’est précisément ce qui lui donne sa force.



