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  • Reconversion des Rameurs Tricolores - Témoignage de Yves Hocdé

    (À écouter en podcast sur Spotify : https://open.spotify.com/episode/6788Zkqpyptd1ZYDrZ5F00?si=xLguxqNzSSukVhnUHNm_uA) Pouvez-vous nous présenter les points-clés de votre parcours de reconversion Un palmarès international, une carrière au service de l'État Yves Hocdé J'ai débuté l'aviron en 1985 au Cercle de l'Aviron de Nantes, où j'ai réalisé toute ma carrière, principalement en quatre sans barreur poids léger. Les deux résultats qui comptent le plus pour moi sont mon titre de champion olympique à Sydney en 2000 et mon titre de champion du monde à Lucerne en 2001, année où j'ai mis un terme à ma carrière sportive. Sur le plan professionnel, j'ai été étudiant, salarié et sportif de haut niveau en même temps, en livrant des pizzas de 1990 à 1997. J'ai ensuite obtenu le concours de professeur de sport en 1997, avant d'enchaîner les fonctions : conseiller technique régional en aviron en Basse-Normandie, conseiller d'animation sportive en Rhône-Alpes en charge du suivi et de la reconversion des sportifs de haut niveau, DTN adjoint des sports de glace pour la préparation des JO de Turin, DTN de la Fédération française de squash, puis inspecteur de la jeunesse et des sports. Depuis, j'ai occupé plusieurs postes de haut fonctionnaire — sous-préfet directeur de cabinet dans la Drôme, sous-préfet de l'arrondissement de Gap, à la préfecture de Police — jusqu'à mon poste actuel de sous-directeur à la DGSCGC et chef du service central des armes et explosifs au ministère de l'Intérieur. Quel dispositif avez-vous mis en place pour anticiper et préparer votre reconversion ? En quoi votre parcours personnel est-il cohérent avec le poste/projet occupé aujourd’hui ou visé ? Comment j'ai préparé cette reconversion L'aviron est pour moi bien plus qu'une passion : c'est un équilibre de vie depuis toujours. N'étant pas un sport professionnel, penser l'après s'imposait naturellement — d'autant qu'une blessure pouvait tout arrêter du jour au lendemain. J'ai donc toujours construit ma vie en menant plusieurs projets en parallèle, tout en me créant des échappatoires. Au lycée, sélectionné pour les championnats du monde junior, j'étais déjà salarié à temps partiel comme livreur de pizzas, pour disposer d'une autonomie financière et d'une expérience professionnelle à valoriser si les études n'aboutissaient pas. Champion olympique Sydney 2000 en 4-PL Le concours de professeur de sport, réussi en 1997, m'a donné un statut de fonctionnaire avec un aménagement de temps de travail pour continuer à m'entraîner — une perspective de stabilité pour l'après-carrière. À l'arrêt de ma carrière en 2001, je suis sorti du monde de l'aviron pour un poste de suivi des sportifs de haut niveau en Rhône-Alpes, une expérience riche en rencontres qui m'a ouvert de nouveaux horizons. Depuis, j'ai suivi trois constantes : élargir mon champ d'activités, rechercher des postes à responsabilités, et rechercher des fonctions à forte dimension managériale. J'ai eu la chance de toujours avoir le choix de mes orientations professionnelles, sans jamais connaître de période sans activité. Quels apports associés à votre carrière de sportive de haut niveau vous ont aidé à développer votre projet ? Et en particulier, précisez les compétences développées pendant votre parcours sportif que vous pouvez mobiliser ou pensez pouvoir mobiliser dans votre projet professionnel. Ce que le sport de haut niveau m'a apporté La définition d'objectifs et la construction d'un programme pour les atteindre restent la clef de voûte de mon activité professionnelle, dans laquelle je m'engage comme le ferait un entraîneur. Le besoin d'articuler mes différents temps de vie — personnel, professionnel, étudiant, sportif — m'a façonné depuis toujours, et cette gestion du temps reste essentielle aujourd'hui pour optimiser mes journées. La détermination, la motivation et l'engagement sont des valeurs que j'ai développées dans le sport et que je cherche à faire partager dans le monde professionnel, où elles n'ont pas toujours la même valeur intrinsèque. J'ai été rameur mais aussi entraîneur, et la gestion des hommes reste une réelle source de satisfaction, en particulier dans la fonction publique où les leviers managériaux ne sont pas toujours les plus adaptés. L'exigence et la culture du résultat, acquises comme sportif de haut niveau, sont des fondamentaux que je cherche à incarner et à transmettre à mes collaborateurs — tout comme le goût de la remise en question permanente pour continuer à progresser. Selon vous, quels sont les principaux points saillants et différenciant de votre parcours de reconversion professionnelle (salariat, entrepreneuriat ) ? Les points saillants de ma reconversion Je pense avoir correctement géré l'articulation entre carrière sportive et carrière professionnelle. Grâce à mon statut de fonctionnaire, je n'ai pas vécu de rupture entre le temps sportif et la poursuite professionnelle : mon métier m'a offert une continuité dans la reconnaissance sociale. Le point le plus saillant reste sans doute mon évolution au sein de la fonction publique, depuis mon poste de conseiller technique sportif en aviron jusqu'à celui d'administrateur de l'État aujourd'hui, avec des fonctions à forts enjeux et responsabilités. Je suis convaincu que mon parcours de sportif de haut niveau m'a armé pour cette évolution. Quels enseignements personnels, quelles recommandations retirez-vous de votre parcours ? Quelles suites voulez-vous lui donner ? Ce que je retiens Yves Hocdé, dans les salons de l'Assemblée Nationale, où il a été nommé Lauréat des Trophées Sport et Management 2026 dans la catégorie "Meilleur parcours de reconversion dans le sport de haut-niveau" par TPS Conseil, ici avec les représentants de l'AIA ainsi que Thierry Louvet. Dans la vie sportive comme professionnelle, les résultats obtenus sont toujours le fruit d'un travail d'équipe ou d'un collectif, même si tout le monde n'est pas exposé à la lumière. J'ai eu, dans les deux parcours, de très belles rencontres avec des personnes qui éclairent, inspirent, accompagnent et soutiennent — elles ont contribué à mes réussites et accompagné mes périodes de doute. L'engagement est l'une des clefs de la réussite. L'épanouissement, la satisfaction, la pression, les émotions et la remise en cause, si fortes dans l'activité sportive, je les retrouve tout aussi pleinement dans l'activité professionnelle : les mêmes énergies de sportif de haut niveau. Je suis aujourd'hui au service du public, tourné vers les autres — c'est un choix de vie. Mon parcours illustre pour moi ce que la République sait produire avec des résultats : l'école, le sport et le travail. Dernière minute : en ce début octobre, depuis cet entretien, Yves Hocdé vient d'être nommé Lauréat des Trophées Sport et Management 2026 dans la catégorie "Meilleur parcours de reconversion dans le sport de haut-niveau" par TPS Conseil lors d'une soirée organisée dans les salons de l'Assemblée Nationale.

  • Les deux aides Rameurs Tricolores sont ouvertes aux candidatures jusqu’au 30 septembre

    Nos bourses et aides accompagnent les jeunes rameuses et rameurs. Parce qu’un projet sportif ne dev rait pas être freiné par des difficultés financières ou par la difficulté de concilier études et haut niveau, les Rameurs Tricolores ouvrent leurs deux campagnes d’aides 2026. Les candidatures sont ouvertes du 1er août au 30 septembre 2026 à minuit. 1) La Bourse sociale Rameurs Tricolores La Bourse Sociale Rameurs Tricolores s'adresse aux jeunes de moins de 23 ans de tous niveaux sportif dont la situation financière est difficile. Elle s’adresse aux rameuses et rameurs français de moins de 23 ans, quel que soit leur niveau sportif, et lorsque leur situation sociale ou financière rend la poursuite de leur pratique très difficile. Cette bourse, d’un montant indicatif de 500 à 600 €, peut contribuer au financement de l’adhésion au club ou d’équipements utiles à la pratique de l’aviron. 👉 Déposer ici votre dossier de candidature : https://www.rameurs-tricolores.fr/bourse-aia-dossier-de-candidature 2) L’Aide au Double Projet Formation et Haut Niveau L'Aide au Double Projet Formation & Haut Niveau s'adresse aux rameuses et rameurs français de moins de 23 ans inscrits sur les listes officielles de haut niveau. Elle s'adresse aux rameuses et rameurs français de moins de 23 ans inscrits sur les listes officielles de haut niveau. D’un montant indicatif de 800 à 1 500 €, elle contribue aux frais liés aux études ou à la pratique de l’aviron, afin d’accompagner celles et ceux qui mènent de front formation et ambition sportive. 👉 Déposer ici votre dossier de candidature : https://www.rameurs-tricolores.fr/aide-double-projet/formulaire-aide-fh Ces aides sont rendues possibles grâce aux adhésions, aux bénéfices issus de la vente du livre, aux dons des particuliers ainsi qu’au soutien d’entreprises mécènes (Incept, Worldline, Newrest, Yellowboat et le Crédit Mutuel) que nous remercions chaleureusement pour leur engagement à nos côtés. N’hésite pas à transmettre cette information autour de toi : dans les clubs, les ligues, les pôles, les établissements de formation et auprès des familles qui pourraient être concernées. Ensemble, continuons à soutenir la relève de l’aviron français.

  • La reconversion des internationaux : des parcours qui inspirent

    (À écouter en podcast sur Spotify : https://open.spotify.com/episode/5aLaXlS7FcQDhNLbhNpAPh?si=UhsqFKWZS_K4loloks32KA) La reconversion des internationaux constitue une étape importante dans la vie des rameuses et des rameurs qui ont connu le haut niveau. Après des années consacrées à la performance, aux entraînements, aux stages et aux compétitions internationales, vient le temps d'une nouvelle étape : construire un projet professionnel, trouver un nouvel équilibre et transformer son expérience sportive en force pour l'avenir. Pendant plusieurs années, les rameuses et les rameurs internationaux poursuivent un objectif : progresser, performer, représenter leur club, puis leur pays. Ils consacrent une partie importante de leur vie à leur sport. Ils apprennent à travailler en équipe, à se fixer des objectifs ambitieux, à gérer la pression, à surmonter les difficultés. Mais un jour arrive une nouvelle étape. La dernière course. Le dernier stage. La fin du maillot bleu. Une nouvelle question apparaît : Comment construire la suite de son parcours ? C'est précisément cette question que l'Association des Internationaux d'Aviron souhaite mieux comprendre avec son projet : « Parcours d'Excellence des Internationaux d'Aviron Français ». L'objectif de cette démarche est de recueillir la mémoire et l'expérience des internationaux français afin de mieux comprendre leurs parcours après le haut niveau, d'identifier les besoins d'accompagnement et de transmettre cette expérience aux générations futures. Car une carrière sportive ne se résume pas aux résultats obtenus sur l'eau. Elle construit aussi une personnalité, des compétences et une manière d'aborder les défis de la vie. La reconversion des internationaux : des parcours qui inspirent En mars dernier, nous vous présentions sur Rameurs Tricolores l'action de la Fondation Mercato, qui accompagne les sportifs dans leur transition professionnelle. Cette initiative rejoignait une conviction forte : préparer l'après-carrière est une étape essentielle du parcours d'un sportif. Depuis, notre projet a franchi une nouvelle étape. Une grande enquête a été lancée auprès des internationaux français. Aujourd'hui, près de 250 rameuses et rameurs ont déjà répondu. Ces réponses constituent une source d'informations exceptionnelle. Elles nous permettent de mieux comprendre la réalité des parcours après le haut niveau : Comment les anciens internationaux ont-ils préparé leur avenir ? Quelles formations ont-ils suivies ? Quels métiers ont-ils choisis ? Quelles difficultés ont-ils rencontrées ? Quelles compétences acquises dans le sport leur ont été utiles ensuite ? Au-delà des chiffres, cette enquête fait surtout apparaître une grande richesse humaine. Chaque parcours est différent. Chaque histoire est unique. Mais des points communs apparaissent déjà. Les premiers témoignages recueillis dans le cadre de notre projet « Parcours d'Excellence des Internationaux d'Aviron Français » montrent que la reconversion des internationaux peut prendre des formes très différentes. En découvrant ces premiers témoignages, une chose est claire : Il n'existe pas une seule façon de réussir sa transition après une carrière sportive. Certains internationaux ont anticipé leur avenir très tôt grâce au double projet, en menant de front études et carrière sportive. D'autres ont construit leur projet professionnel progressivement, parfois après plusieurs expériences avant de trouver leur équilibre. Certains sont devenus entrepreneurs. D'autres ont choisi le management, la formation, la recherche, l'accompagnement ou l'engagement associatif. Les métiers sont différents. Les situations personnelles sont différentes. Mais beaucoup racontent finalement une même histoire : celle d'une expérience sportive qui continue à produire des effets longtemps après la dernière compétition. Le haut niveau apprend à préparer un objectif. Il apprend la patience. Il apprend à travailler avec les autres. Il apprend à se remettre en question. Il apprend aussi que les résultats viennent rarement immédiatement. Ces qualités sont précieuses dans le monde professionnel. Jonathan Coeffic résume son parcours... Jonathan Coeffic résume ainsi ce que son parcours sportif lui a apporté : « La première compétence que je retiens aujourd'hui est la persévérance, qui, appliquée sur une stratégie et un plan réfléchi, amène nécessairement vers la réussite. » Cette capacité à construire un projet dans la durée est une compétence que beaucoup d'anciens sportifs retrouvent ensuite dans leur vie professionnelle. Laurent Beghin insiste également sur cette préparation des objectifs... Laurent Beghin insiste également sur cette préparation des objectifs : « La principale compétence que j'ai développée et acquise lors de ma carrière de sportif de haut niveau a été de savoir me préparer pour un objectif. » Finalement, préparer une grande compétition internationale et construire un projet professionnel répondent souvent à une même logique. Il faut définir une ambition. Construire une stratégie. Accepter les étapes. Et continuer à avancer. Les témoignages recueillis montrent également que la transition après le sport peut parfois être une période de questionnement. Même lorsque la reconversion se passe bien, il faut parfois retrouver de nouveaux repères. Après avoir été sportif de haut niveau pendant plusieurs années, il faut parfois répondre à de nouvelles questions. Qui suis-je en dehors du sport ? Comment valoriser mon expérience ? Quelle direction choisir ? C'est aussi pour cela que ces témoignages sont précieux. Ils permettent de montrer aux générations actuelles que les difficultés rencontrées sont normales. Ils montrent également que les compétences développées dans le sport ont une véritable valeur. Myriam Goudet témoigne de cette évolution personnelle Myriam Goudet témoigne de cette évolution personnelle : « Le sport de haut niveau agit comme un accélérateur, car il nous pousse à aller explorer des parties de nous-mêmes que parfois nous ne soupçonnons pas. » Cette phrase résume bien l'esprit de notre démarche. Nous ne cherchons pas uniquement des parcours exceptionnels. Nous cherchons des expériences. Des histoires de vie. Des enseignements. Une reconversion réussie peut prendre différentes formes. Cela peut être une reprise d'études. Un changement complet de métier. Une création d'entreprise. Une nouvelle orientation professionnelle. Une période de doute qui débouche finalement sur un nouveau projet. Un engagement dans la transmission auprès des jeunes générations. Toutes ces expériences ont de la valeur. Car chaque parcours peut aider un autre rameur ou une autre rameuse à mieux préparer son avenir. À travers ces parcours, nous souhaitons mieux comprendre la reconversion des internationaux, identifier les besoins d'accompagnement et transmettre cette expérience aux générations actuelles et futures. Quelle que soit votre génération, votre parcours nous intéresse. Aujourd'hui, nous souhaitons donc poursuivre cette collecte de témoignages. Si vous êtes international ou internationale d'aviron, quelle que soit votre génération, votre parcours nous intéresse. Vous pensez peut-être que votre histoire est classique. Pourtant, elle peut apporter des réponses à quelqu'un qui s'interroge aujourd'hui sur son avenir. Votre expérience fait partie de l'histoire collective de l'aviron français. Elle peut contribuer à mieux accompagner les générations futures. Pour participer au projet « Parcours d'Excellence des Internationaux d'Aviron Français », il suffit de répondre au questionnaire disponible sur le site Rameurs Tricolores. Derrière chaque sélection en équipe de France, chaque championnat international, chaque victoire ou chaque difficulté, il existe une histoire personnelle. Ces histoires constituent une richesse. Depuis plusieurs mois, nous avons commencé à les recueillir. Nous souhaitons maintenant continuer à les partager. Merci à toutes celles et ceux qui ont déjà accepté de témoigner. Et merci à celles et ceux qui nous rejoindront prochainement dans cette démarche.

  • Reconversion des Rameurs Tricolores - Témoignage de Myriam Lamolle

    (À écouter en podcast sur Spotify : https://open.spotify.com/episode/7I6IHQbX3YIjCYYmbF1AyF?si=nBdq-0r0Rzar7YviVUNEiw) Merci de nous présenter les points-clés de votre parcours de reconversion. A l'IMT Mines Albi... Je suis aujourd'hui directrice-adjointe du Centre Génie Industriel de l'IMT Mines d’Albi, professeure d'université en informatique, vice-présidente de l'Association des Internationaux d'Aviron, et entraîneur bénévole à l'Aviron Club Albigeois. Mon parcours de reconversion a été facilité par l'ouverture du pôle France Aviron à Toulouse en 1993, au moment même où je démarrais ma thèse en informatique. Membre du pôle France de 1993 à 2000, j'ai décroché sélection en équipe de France dès 1993, participé aux Jeux Olympiques d'Atlanta en 1996, décroché une sixième place aux championnats du monde en 2 de couple poids léger en 1997 avant de devenir championne de France toujours en 2 de couple en 1998 — la même année que j'obtenais mon doctorat en informatique à l'Université Paul Sabatier. Ma carrière professionnelle s'est ensuite construite étape par étape : maître de conférences en 2000, cheffe de département, puis directrice de l'IUT de Montreuil, membre du conseil d'administration de l'Université Paris 8, et aujourd'hui directrice adjointe recherche à l'IMT Mines Albi, où je viens d'être acceptée dans l'incubateur de l’IMT pour créer une start-up. J'ai aussi présidé l'Association des Internationaux d'Aviron de 2015 à 2025. Quel dispositif avez-vous mis en place pour anticiper et préparer votre reconversion ? En quoi votre parcours personnel est-il cohérent avec le poste/projet occupé aujourd’hui ou visé ? J'ai commencé l'aviron très tôt, dans un club où les entraîneurs n'avaient pas la notion des moyens à mettre en œuvre pour faire une carrière de haut niveau. J'ai donc toujours eu un double parcours sport/formation assez équilibré, qui m'a permis de participer aux championnats de France tout en réussissant le concours de l'École Normale d'instituteur. Myriam Lamolle en 1X poids léger. Ma vraie carrière de sportive de haut niveau a commencé en 1992/1993, grâce à l'ouverture du pôle France Aviron à Toulouse — une opportunité que je ne pouvais pas laisser passer. Le directeur du pôle, Jacques Tarborski, m'a fait comprendre l'engagement nécessaire pour atteindre la performance. Sachant que ce sport amateur ne me permettrait jamais d'en vivre, je me suis fixée deux objectifs en parallèle : devenir enseignante-chercheuse en université, et intégrer l'équipe de France pour les Jeux d'Atlanta 1996. J'ai donc commencé un doctorat en informatique au moment même de mon entrée au pôle. Mon directeur de recherche s'est montré très compréhensif sur mes aménagements d'horaires et mes absences pour participer aux stages, à une époque où la visio n'existait pas encore. Le directeur du pôle, de son côté, adaptait mes entraînements à mes horaires du laboratoire de recherche. Les deux parties m'ont fait entièrement confiance pour gérer un planning chargé, avec deux entraînements par jour — Toulouse ayant l'avantage de réunir l’université, le pôle et le CREPS à quinze minutes les uns des autres, à vélo. L'année olympique a été plus compliquée à gérer, avec davantage de stages ; j'ai alors priorisé ma préparation sportive, en m'engageant à me consacrer pleinement à ma thèse l'année suivante. Quels apports associés à votre carrière de sportive de haut niveau vous ont aidé à développer votre projet ? Et en particulier, précisez les compétences développées pendant votre parcours sportif que vous pouvez mobiliser ou pensez pouvoir mobiliser dans votre projet professionnel. Ma carrière de sportive de haut niveau m'a beaucoup apporté par les rencontres qu'elle a permises — en particulier avec Eberhard Mund, capitaine des équipes de France, qui m'a fait prendre conscience des moyens à mettre en œuvre pour atteindre ses objectifs. J'y ai acquis la ténacité, la rigueur, l'adaptabilité, le sens de l'organisation et du collectif, l'écoute des autres et la prise de décision argumentée — des compétences que j'utilise encore aujourd'hui dans ma carrière professionnelle. Selon vous, quels sont les principaux points saillants et différenciant de votre parcours de reconversion professionnelle (salariat, entrepreneuriat ) ? J'ai eu un parcours atypique : je suis devenue sportive de haut niveau à un âge où l'on pense plutôt reconversion. J'étais parfaitement consciente que mon appartenance à l'équipe de France ne durerait pas une dizaine d'années, ce qui m'a poussée à penser tout de suite à l'après. J'avais déjà bifurqué de mon projet initial — devenir institutrice — vers l'enseignement supérieur, conseillée par mon directeur d'École Normale pour compléter l'enseignement par la recherche et l'innovation. Mon directeur d’équipe de recherche, le Professeur Pierre Bazex, m'a lui aussi toujours orientée vers la recherche appliquée, ce qui m'a mise en relation avec des entreprises et leurs départements recherche et développement ; j'encadre aujourd'hui régulièrement des doctorants en thèse « CIFRE ». Quels enseignements personnels, quelles recommandations retirez-vous de votre parcours ? Quelles suites voulez-vous lui donner ? À chaque étape de ma progression, sportive comme professionnelle, j'ai essayé d'anticiper et d'écouter les personnes autour de moi. Si j'ai un conseil à donner aux sportifs de haut niveau, c'est bien celui-là : « anticiper ». On ne sait jamais à quelle échéance on va arrêter sa carrière — parfois brutalement, à cause d'une blessure — et se former en parallèle du sport permet de garder un équilibre, y compris si l'objectif sportif n'est pas atteint. Le sport de haut niveau développe des soft skills très appréciées en entreprise : organisation, rigueur, adaptabilité, esprit collectif. Je m'en sers encore aujourd'hui pour manager mon équipe de recherche. J'ai aujourd'hui deux projets qui me tiennent à cœur. Le premier, autour de mon engagement à l'Association des Internationaux d'Aviron : en premier lieu, proposer des bourses aux juniors et espoirs en devenir, pour les accompagner à la fois vers l'équipe de France et vers leur futur métier — l'importance d'anticiper sa reconversion est au cœur de cette action. Le second est la création de ma start-up en informatique, avec des collègues de l'IMT Mines d’Albi, dans le cadre de l'incubateur et suite à l'obtention du prix « Up to Start ». Merci, Myriam

  • SportEasy et BRED Banque Populaire : Une belle nouvelle pour l’Association des Internationaux d’Aviron !

    Notre association a eu le plaisir d’être distinguée dans le cadre de l’opération menée par SportEasy et BRED Banque Populaire, qui ont choisi de récompenser notre dynamisme et l’engagement de notre réseau. Grâce à cette sélection, l’Association des Internationaux d'Aviron recevra un soutien financier de 1.000 €, ainsi que 50 gourdes personnalisées qui accompagneront nos actions auprès des internationaux et de la communauté de l’aviron français. 50 gourdes personnalisées... Un grand merci à SportEasy et à BRED Banque Populaire pour cette reconnaissance qui valorise le travail de notre équipe, la vitalité de notre réseau et les projets que nous portons au service des rameurs tricolores ! Précision importante : cette récompense est une marque d’encouragement, sans aucun engagement bancaire de notre part. Nous tenons d’ailleurs à remercier chaleureusement notre partenaire historique, le Crédit Mutuel de Nogent-sur-Marne, pour son accompagnement fidèle et essentiel dans la durée. Cette distinction vient simplement renforcer les moyens dont nous disposons pour faire grandir nos initiatives. Chaque soutien compte. Chaque geste nous permet d’aller plus loin.

  • Sébastien Clert, carrière prometteuse, désillusion et rebond

    (vous pouvez écouter cet article sur Spotify ici : https://open.spotify.com/episode/0WWVKnVjH9nKRlqap7p27W Sébastien Clert Sébastien Clert a choisi les études au détriment de sa carrière prometteuse en aviron. Un choix difficile, à un moment difficile. Aujourd'hui, il raconte son parcours et souhaite accompagner les plus jeunes pour leur montrer que tout est possible. S'appuyer sur son histoire, analyser ses convictions limitantes et en faire une force pour aider les autres. Voici l'histoire de Sébastien Clert. Sébastien, comment es-tu arrivé à l'aviron ? J'ai commencé l'aviron à l'âge de 11 ans, en benjamin, au club de l’Émulation Nautique de Bordeaux. Je cherchais un nouveau sport après avoir arrêté la natation. Dès la première année, j'ai eu l'opportunité de barrer un quatre barré sénior lors des championnats de France d'aviron sprint à Mâcon. Le virus était pris... Les copains, les régates et les premières victoires en minime m'ont donné l'envie de poursuivre. Peux-tu nous dire ce que l'aviron t'a apporté dans ta vie ? Beaucoup de choses. Parmi les évidentes, l'apprentissage de l’effort et du dépassement de soi. Le plaisir dans l'engagement et dans la discipline. Apprendre également à se fixer des objectifs et à mettre en œuvre des moyens et actions pour les atteindre. Et bien sûr, la vie de groupe : comment vivre en équipe, en apportant sa pierre à l'édifice et en faisant confiance à l'autre pour en faire autant... Cela développe l'esprit d'équipe et la solidarité. Mes coéquipiers de jeunesse sont des amis solides de ma vie d'adulte. Parmi les apports plus profonds, l'aviron m'a apporté une intime connaissance de moi, de ma personnalité dans l'épreuve et m'a fait développer une résilience psychologique notamment face à l'échec. J'ai appris à rebondir en gardant ma confiance. Mais aussi, à mettre mon énergie au profit d'une équipe et au profit d'un projet. En résumé, l'aviron m'a apporté une famille fidèle et solidaire, des amis pour la vie, partout en France et au-delà. Strathclyde, 1996 (Clert, Lefort) Comment es-tu arrivé en équipe de France ? Naturellement, par l'entrainement régulier et les résultats avec le club. En étant champion de France cadet (U16), j'ai été convoqué à un premier regroupement U18. Nous avions eu cette chance de partir en Allemagne, dans les montagnes bavaroises pour une semaine de ski de fond et de préparation physique avec d'autres juniors allemands. Ce premier rapport "international" a été fondateur pour moi du goût du voyage et de la rencontre par le sport. Puis les stages et les sélections ont continué, passant toujours par Cazaubon et Aiguebelette en bateaux courts. En Junior première année (U17), notre deux sans barreur, champion de France cadet, a terminé 4e en finale du championnat du monde Junior. Cela a été la découverte de la haute performance. Le Canada, vainqueur, avait à sa nage le recordman junior du 2000m indoor de l'époque, futur vice-champion olympique 2008 en 2 sans barreur avec le Canada. J'ai pu voir l'écart avec les tous meilleurs mondiaux et en même temps, constaté que notre programme d'entrainement d’Eberhard Mund était plus qu’efficace pour nous amener au top de notre potentiel pour la dernière course de la saison. En junior deuxième année, l'ambition avait grandi après l'expérience précédente. Vainqueur des Tests nationaux et vainqueur des régates internationales, je suis associé cette fois en 4 avec barreur avec les meilleurs français. Nous terminons 3e et médaille de bronze. Bizarrement, de monter sur le podium a été une grande frustration car la couleur n'était pas la bonne... Les Roumains et les Allemands étaient pour autant de valeureux adversaires. Cela a nourri ma motivation pour le passage en senior. En première année senior, une place de 5e en finale des tests nationaux à Cazaubon, sans pression et avec la fougue de la jeunesse, m’ont ouvert les portes du collectif Senior dès ma première année. Cela m'a mené dans le 8+ français toute la saison de Coupe du monde (Duisbourg, Munich, Hazewinkel) et avec Sydney 2000 en perspective pour notre génération. Hazewinkel, 1997 (Yoan Lefort, Sébastien Clert, Elie Vervueren, Benoit Mérindol,Yann Laborde, barreur. Je participe aux Championnats du Monde à Cologne, finalement en 4+, contre les légendes anglaises et australiennes de la discipline, 4e en finale B, un sacré baptême, et un super souvenir avec un collectif en Pointe étoffé, avec un mélange de « vieux » et de jeunes U23. L’ambiance et l’émulation étaient super. Puis, au gré des blessures, j’ai effectué deux saisons dans le collectif U23 :1998 - 4e en 8+, puis en 1999 - 3e et Bronze en 4-, face à la Slovénie et à la Roumanie, futurs médaillés olympiques. Je réalise un dernier pied de podium en finale du championnat du monde universitaire, deux ans plus tard, pour venir clore mon parcours sous les couleurs de l'équipe de France. La non-qualification à Sydney, sans que je sois engagé à la régate de qualification de Lucerne, m'a amené à réfléchir à mon avenir et à revoir mon engagement dans le sport de haut niveau. Justement, quand as-tu pensé à ton après-carrière sportive et comment l’as-tu organisée ? L'aviron est un sport qui exige un engagement total dans l'entrainement, chaque jour, deux fois par jour, et cela reste une pratique « amateur », par laquelle on ne peut pas vivre, matériellement. Et j’ai eu cet investissement dès l’âge de 15 ans. Mais j'ai fait le choix de consacrer mon énergie à mes études à un moment où l’important était de construire un futur autour d'un métier. Comme je l'ai dit, dans mon cas, la transition n'a pas été douce. Ma perception d'avoir raté la qualification olympique a été source de doute. Perte de confiance, en moi, en ma capacité à assumer l'investissement nécessaire. Et aussi, à ce moment, une conviction limitante que c'était soit sport de haut niveau, soit études et avenir professionnel. Et que je ne pourrai pas cumuler les deux. Je pense que si j'avais eu un accompagnement psychologique à cette époque, j'aurais pu mieux cerner mon projet et mon organisation. J'ai totalement basculé dans les études pour valider mes diplômes, et l’entrainement est passé au second plan. Mais j’avoue qu’il m'en reste un léger goût d'inachevé. La fin des études et mes débuts dans ma carrière professionnelle dans l'ingénierie ont été un soulagement et le début de l’après-carrière. De la construction de bâtiments universitaires, de logements, d'équipements sportifs et culturels, de cathédrales. Et maintenant, que fais-tu professionnellement ? Depuis maintenant sept années, j'accompagne des managers et des sportifs à potentiel, en accession haut niveau et/ou professionnels, sur le volet de l'optimisation de la performance. Mes interventions et accompagnement se basent sur les sciences du sport et la psychologie. Préparateur mental, coach mental, optimisateur de la performance... et aussi instructeur de méditation Pleine Conscience, si puissant pour la régulation attentionnelle et émotionnelle. Avant cela, après mes études, j'ai travaillé dans l'ingénierie et l'architecture pendant plus de 15 ans. De la construction de bâtiments universitaires, de logements, d'équipements sportifs et culturels, de cathédrales (ça ce n’est arrivé qu’une seule fois) 😀. Une anecdote : j'ai pu participer au concours d'architecture de la base nautique et de la tour d'arrivée de la base de Libourne qui a accueilli de nombreux championnats de France et régates internationales depuis. Mais notre projet, classé second à l'époque, était trop cher ! Ces années d'architecture ont enrichi ma pratique de la gestion de projet, de la fixation d'objectifs et fortement de la dynamique d'équipe et du management de performance. Quel est l'héritage de l'aviron dans ton activité professionnelle aujourd'hui ? L’organisation du travail en mode projet, avec « ambition/échéances/moyens/évaluation » comme process, l’attrait pour le travail en équipe avec l’esprit du « NOUS » et du collectif très ancré. Et une forme de ne jamais lâcher, de toujours s’accrocher... À présent, j'ai décidé d'utiliser mon expérience au profit des nouvelles générations, en m'adressant directement aux individus et aux équipes qui veulent performer durablement. Mener de front haut niveau sportif et formation est souvent difficile en aviron. Quels sont tes conseils pour y arriver ? Rien que de parler de cette difficulté aide à la vigilance. Mes conseils seraient de : bien connaître et cerner son projet et le sens donné à l’action ; conscientiser ses intentions de réussite, ses attentes et le chemin pour y arriver ; s’organiser et planifier ses semaines, ses mois et ses saisons, dès le début d’une année, en ayant bonne connaissance des périodes chargées, des périodes moins denses pour gérer son énergie et ses priorités ; planifier les vacances et la récupération. C’est très rigoureux mais c’est une recette vers l’excellence. Hazewinkel, 1997 (Merindol, Vervueren, Clert, Lefort) Quelle place occupe l'aviron pour toi aujourd'hui ? Après quelques années sans pratiquer à cause d'une blessure au dos, je pratique en master, surtout en aviron de mer. Le plaisir de glisser sur l’eau est intact, mais aussi nécessaire 1 à 2 fois par semaine pour moi. Je suis devenu élu au sein du comité directeur, puis président de mon club, l'Aviron Arcachonnais, depuis 4 ans. C’est une autre façon de faire vivre ma passion et de transmettre à différents publics, notamment les scolaires et les jeunes de l’école d’aviron. J’agis plus pour la promotion de l’aviron comme un support d’épanouissement, d’inclusion, de longévité et de santé. Tu travailles dans la préparation mentale (*) actuellement, quels conseils donnerais-tu aux rameuses et rameurs, pour intégrer cette dimension ? Une rameuse ou un rameur aujourd’hui ne peut pas se limiter à un bon physique et à une bonne technique. La performance ne peut passer que par un bien-être de l’être humain et ce volet mental permet de renforcer ce bien-être. Le monde de la haute performance est rude : connaissance de soi, alignement des valeurs, santé mentale, résilience au service de la performance sportive et du bien-être sont indispensables. Il ne faut pas attendre de se sentir mal ou en décalage avec le contexte du Haut niveau, ni se dire de serrer les dents en souffrant d’une forte anxiété de réussite. Ce sont des compétences à développer dès l’adolescence. As-tu eu un regret, un échec qui t'a fait rebondir durant ta carrière sportive ? L’échec olympique m’a fait rebondir et a motivé ma discipline pour mes 5 années d’études universitaires. Un mal pour un bien. Pour finir, as-tu une anecdote à nous partager de tes années de rameur ? Tellement de bons souvenirs.... En 1998, pendant la Régate Royale d'Henley dans le « Grand Challenge » en 8+. En demi-finale, nous affrontons l’équipage anglais, en 1 contre 1. Battre les Anglais chez eux, dans ce cadre mythique, avec notamment Olivier Moncelet et Bertrand Vecten, en pointe de bateau et devant une foule de plus de 50 000 spectateurs mise au silence par notre victoire d’une courte longueur… C’était assez mémorable pour un jeune rameur international de 19 ans. (*) Préparation mentale, mindfulness et accompagnement scientifique pour les sportifs, les entraîneurs et les organisations de performance : https://scop.best/

  • Les trois mousquetaires

    En 1960, l’aviron français a effectué sa grande mutation. (vous pouvez écouter cet article sur Spotify ici : https://open.spotify.com/episode/3pVY43X4ZujB8o9o83HnEW (1 juillet 2026) L'équipe de France d'aviron 1962 Les trois mousquetaires Pierre Sauvestre, Jean Tarcher et Ernest Cherrier o­nt créé une équipe de France composée d’une sélection d’individualités et non d’équipages de clubs. Jamais auparavant cette idée n’était parvenue aux dirigeants de notre fédération qui préféraient défendre soit leur club, soit leur région sans concevoir cette nécessité. Nous nous sommes donc retrouvés entre arcachonnais, lyonnais, nantais, parisiens, marseillais, troyens, libournais, rouennais, savoyards pour nous fondre dans cette nouvelle équipe. 2X Duhamel -Monnereau Un double, un quatre barré, un quatre sans barreur, un huit o­nt été les bateaux phare de cette courte période, (1960/1962) ; mais ce qui est étonnant, c’est que ce groupe soit resté très lié dans l’amitié, dans le plaisir de se retrouver sans pour autant revivre son passé, simplement pour être ensemble. Tous les deux ans, depuis 1972, nous nous réunissons pour découvrir les beautés du lac du Bourget mais aussi Evian, Marseille, Nantes Arcachon, Libourne, Troyes, Paris. Ces week-ends de retrouvailles o­nt été sportifs et festifs les premières années, moins sportifs les suivantes, mais toujours dans une franche rigolade entre des bains un peu forcés pour certains et des soirées dansantes autour d’une bonne table et de bons vins que sélectionnaient les organisateurs de la soirée. Il n’est pas rare que certain dimanche matin o­n se retrouve le « cul » dans un bateau, non pas pour un 2 000 mètres mais pour faire quelques bouillons dans l’eau afin de nous prouver que notre prise d’eau n’a pas complètement disparue ! Le 4+ 1962 sur la Marne Amitié sportive Les femmes participent à nos joies. Elles font partie de l’équipe. Elles nous organisent à chaque fois le déjeuner du dimanche et elles savent créer pour nous des plats régionaux et des desserts colossaux. Comme elles o­nt partagé nos succès et nos défaites, elles partagent aujourd’hui nos week-ends d’amitié. Pour recevoir nos invités, chacun d’entre nous anime ces rencontres. L’exceptionnalité de ce trajet sur une quarantaine d’année est le fruit de l’amitié sportive. Les différents stages que nous avions fait nous avaient appris à nous connaître et à nous apprécier. Restent aujourd’hui encore très présents nos amis disparus : nos 3 mousquetaires, Gaston Mercier et sa femme Rolande, Jean-Pierre Drivet, Georges Morel, Guy Nosbaum, Michel Viaud, tous incontournables dans la rigolade, participent encore dans nos coeurs à ces instants qui nous rapprochent. L’effort de chacun d’être présent pour ces retrouvailles est le gage de l’estime qui nous unit. Le 4- de 1962 sur la Marne Les bateaux aux JO de Rome 1960 : 4+ Médaille d’argent : Guy Nosbaum (Marne), Claude Martin (Marne), Jacques Morel (Arcachon), Robert Dumontois (Lyon), Barreur Jean-Claude Klein (Marne) 2X 4ème : René Duhamel (Rouen), Bernard Monnereau (Rouen) 8+ 4ème : Christian Puibaraud (BS), Jean-Louis Bellet (BS), Bernard Meynadier (Libourne), Joseph Moroni (Le Perreux), Emile Clerc (Evian), Gaston Mercier (Encou), Jean Ledoux (BS), Michel Viaud (CA Nantes), Barreur Alain Bouffard (CA Nantes) (toujours meilleure performance dans ce bateau) 1er Championnat du Monde Lucerne 1962 (tous les bateaux médaillés) : 4+ Médaille d’argent : Jean Ledoux, Emile Clerc, André Sloth (BS), Pierre Maddaloni (Marseille), barreur Alain Bouffard 4- Médaille d’argent : André Fevret (Troyes), Philippe Malivoir (Troyes), Roger Chatelain (Chambéry), Jean-Pierre Drivet (Chambéry) 2X Champions du Monde : René Duhamel, Bernard Monnereau (Rouen) 8+ Médaille de bronze : Christian Puibaraud, Jean-Louis Bellet, Jacques Morel, Joseph Moroni, Robert Dumontois, Georges Morel, Bernard Meynadier, Michel Viaud, barreur Alain Bouffard. Jean-Louis BELLET et Alain BOUFFARD Note : Extrait de la dénage N°3 publiée en mai 2005

  • Enquête « Parcours d’Excellence » — Votre histoire compte

    Grande enquête nationale sur le parcours des internationaux français d’aviron Vous avez porté le maillot de l’équipe de France d’aviron ? Aujourd’hui, pour la première fois, l’Association des Internationaux d’Aviron lance une grande étude sur les trajectoires des rameuses et rameurs tricolores : parcours scolaire, carrière sportive, vie professionnelle. Cinquante ans d’aviron français passés au crible — et vous en êtes un acteur essentiel. Pourquoi participer à notre Enquête « Parcours d’Excellence » ? Mettre en lumière la compatibilité entre parcours académique, carrière sportive internationale et parcours professionnel, Inspirer les jeunes générations, Renforcer la cohésion du réseau, Comment ça marche ? Le questionnaire, accessible sur téléphone et sur ordinateur, demande environ 20 minutes (il peut être interrompu puis repris ultérieurement). Les réponses sont strictement confidentielles et l’analyse sera entièrement anonymisée. Après analyse, une synthèse globale sera partagée avec tous les répondants, sans aucune donnée nominative. Les résultats seront dévoilés lors des Championnats de France d’aviron indoor en janvier 2027. Nous invitons l’ensemble des internationaux à participer pour contribuer à une étude pionnière dans le sport français, et ainsi faire rayonner les parcours qui ont façonné l’aviron tricolore. Faites circuler l’information ❗️ De nombreux anciens internationaux ne sont plus en contact avec les structures fédérales ni avec le monde de l'aviron. C’est pourquoi cette enquête repose aussi sur la force du réseau des rameuses et des rameurs. Un message 📩 , un appel 📞, un partage suffit parfois à toucher une personne supplémentaire. Chaque réponse compte. Chaque relais compte. Merci pour votre participation et pour le temps que vous consacrez à cette démarche collective. Votre contribution est précieuse, structurante, et essentielle pour faire progresser l’aviron français. Nota : Vous êtes dirigeant dans un club, vous pouvez imprimer et afficher l'image ci-jointe pour partager notre enquête. Téléchargez le fichier PDF de l'affichette pour l'afficher au club...

  • Messieurs, êtes-vous prêts ? ... Partez !

    (vous pouvez écouter cet article sur Spotify ici : https://open.spotify.com/episode/5u79LGGPLu8MoYf5ZEaqGv) Plus de 30 ans que j'écris, parle, filme, commente, décortique, analyse le foot, plus de 30 ans que l'on me parle de foot, m'apostrophe au sujet du foot, me demande si le PSG sera demain et toujours en Ligue 1, si Benzema est supérieur au même âge à Platini ou Zidane, si les Bleus deviendront au mois de juin prochain à nouveau champions d'Europe, si Estelle Denis compte avoir un troisième enfant avec Raymond Domenech... Ce sont là, je le reconnais, des questions fondamentales, quasi existentielles devant lesquelles j'essaie le plus souvent de mettre un sourire accompagné d'une formule de politesse. Quand, parfois, o­n m'interroge sur mon passé de joueur de football, j'avoue mon embarras. J'étais nul ballon aux pieds, incompétent, indigent. J'aurais tant voulu, mais je n'ai jamais pu. De fait, mon cher père, qui avait pour son fils de la compassion et l'envie qu'il se développe le corps et l'esprit grâce à l'activité physique, m'a poussé dans un bateau ; de ces frêles esquifs qui glissaient sous nos fenêtres, au bord de la Marne. SN Perreux, au milieu des années 60. Ça devait être le printemps. Grâce aux conseils avisés de l'entraîneur et président du club, Bernard Batillat, je me suis porté sur l'avant, et j'ai assuré mon premier coup d'aviron. Le bateau tanguait un peu. Bientôt, il filerait, et quatre, cinq années défileraient, merveilleuses, de régates en régates, de voyages en voyages, de copains en copains, à deux, à quatre ou à huit, avec ou sans barreur. « Messieurs, êtes-vous prêts ? ... Partez ! » Plus de 30 ans après, je n'en suis toujours pas revenu. Dans la tête, au fond de la mémoire, des images imprimées à jamais, des ampoules au creux des mains et accrochées au cœur, des cris de joie à l'instant d'une victoire, des envies de rendre l'âme au moment d'un bord à bord haletant, mais la volonté, toujours, quitte à en fermer les yeux, de continuer jusqu'à l'arrivée et d'entendre avec ravissement le coup de klaxon, de sortir les pieds enserrés, de les plonger dans l'eau froide, et de reprendre son souffle et de jeter un œil sur la berge où toute la famille était réunie. Oui, car l'aviron, c'est d'abord une question de famille, un endroit clos, une oasis au sens littéral du terme : petite région fertile grâce à la présence d¹eau, dans un désert. Les rameurs, au contraire des footballeurs, n¹appartiennent qu'à eux- mêmes, étant vu qu'ils ne dérangent personne et surtout pas les représentants des médias qui les ignorent. Pourquoi ? C'est ainsi. Dans un monde du sport où le merchandising est poussé à outrance, où les états d'âme des champions dits universels o­nt au moins autant d'impact dans l'opinion que leurs performances sur le terrain, où les télés se disputent à coups de milliards les droits de retransmission des grands événements, l'aviron se situe en marge, à la ligne d'eau numéro 7, celle où le courant est le moins fort, qui est bordée de silence et d'intimité mais encore d'amitié vraie et de toujours. C¹est l'aviron qui nous mène, nous mène, nous mène dit la chanson. Elle n'en finira jamais de résonner en moi. Dominique GRIMAULT International junior 1966 et France B 1967

  • Parole de rameuse : Séoul, ma joie et ma déception

    (vous pouvez écouter cet article sur Spotify ici : https://open.spotify.com/episode/7egTLweV3LokVTq0d4QbnV) Enfin ! J’y suis ! Après deux sélections olympiques refusées (Moscou en 80 et Los Angeles en 84), le 4 de couple, dont j’ai assuré la sélection durant ces deux dernières olympiades, est présent à Séoul et moi avec ! Monique Coupat à Séoul Je reçois cette nouvelle avec un immense bonheur. Je sais que c’est la fin de ma carrière alors je ne veux surtout pas rater ce dernier rendez-vous international. Et quoi de plus beau que de finir en participant aux Jeux Olympiques, Jeux dont j’ai tant rêvé et pour lesquels je me suis tant entraînée. Deux ans auparavant, lors des Championnats du Monde à Nottingham, l’équipage Lafon, Gossé, Julien, Coupat assure la sélection de la coque pour Séoul en terminant 5ème de la finale. En cette année olympique, ce même équipage brille lors des différentes régates internationales. Ces résultats nous laissent beaucoup d’espoir pour accéder à la finale Olympique. Stage terminal à Bellecin dans le Jura. Des sorties pas toujours très bonnes, des tensions qui commencent à monter entre nous…. Et à la fin du stage, après les parcours handicaps, les entraîneurs annoncent les équipages sélectionnés et à notre grande surprise, la non sélection du 4 de couple masculin. Départ pour Séoul 15 jours avant la date officielle des Jeux. À l’aéroport nous retrouvons les cavaliers de l’équipe de France d’équitation (avec leurs chevaux qui voyagent dans la soute avec les lads), et l’équipe de France de Voile. Je ressens une grande fierté : enfin je pars, mon rêve se réalise ! Très long voyage et l’arrivée à Séoul. Les journalistes attendent les athlètes et nous répondons à quelques interviews en anglais. Nous montons dans le bus qui nous emmène sur notre lieu d’entraînement qui est à environ 1 heure de route de Séoul. Le stage se déroule sur un petit lac situé aux abords d’un charmant village dans lequel se trouve l’hôtel que nous occupons. Les nuits sont difficiles avec le décalage horaire et le matin, de bonne heure, nous sommes réveillés par les marches en chanson des militaires américains qui ont leur base à proximité de l’hôtel. Les entraînements En arrivant sur le bassin d’entraînement, j’étais loin de m’imaginer que j’allais vivre un cauchemar. De pire en pire ! On ne savait plus ramer ! Il a fallu reprendre les fondamentaux, comme des débutantes.... Moments de doutes, de questionnements. C’est le DTN, Bernard Leroy qui s’y colle ! Finalement, à l’issue de ces deux semaines d‘entraînement, le bateau commence à avoir un peu plus d’allure mais il y a encore quelques problèmes techniques non résolus (qui n’étaient pas présents lors du stage terminal en France). Le souci est que, pendant que l’on travaillait pour retrouver notre coup d’aviron et la cohésion, le programme physique n’a pas été réalisé. Un gros manque qui allait nous coûter cher. Départ pour Séoul. Quelle émotion en arrivant devant l’entrée du village ! J’en ai les larmes aux yeux. J’avais attendu tellement longtemps pour défendre mes chances dans un évènement de cette ampleur, après avoir subit les décisions injustifiées de nos dirigeants et entraîneurs ! Ce jour est enfin arrivé ! J’y suis ! Après avoir passé la sécurité, nous sommes accueillis avec une petite cérémonie par les officiels et les bénévoles du village. Nous prenons possession de nos appartements et puis nous nous conformons aux exigences réglementaires à savoir, pour nous les filles, faire le test de féminité ! Nous partons à la reconnaissance du village et surtout du lieu de restauration. Des cuisiniers français étaient présents pour assurer nos habitudes alimentaires. Mais les équipes étrangères avaient vite repéré le restaurant français et s’y rendaient en nombre. Bien souvent, il ne restait plus nos plats préférés dans les présentoirs. ! Le village accueillait toutes les délégations et toutes les disciplines sportives, excepté la voile qui était en bord de mer. Excellente organisation des transports pour se rendre sur chacun des sites de compétition qui étaient pratiquement tous dans la ville de Séoul. Séoul 1988, l'affiche Cérémonie d’ouverture Nous n’avons pas eu le droit d’y participer. Les éliminatoires débutaient le lendemain pour nous. Énorme déception ! C’étaient mes premiers et derniers Jeux ! Nous avons regardé la cérémonie à la télévision dans notre appartement. J’aurai tellement aimé y participer. Les courses Le bassin de compétition est à environ 40 minutes du village. Nos sorties en bateau sont irrégulières en qualité : les problèmes techniques et le manque de motivation sont toujours présents. De plus, une forte tension (qui s’était installée petit à petit depuis le stage terminal), ne permet pas la cohésion de l’équipe. Prêtes Éliminatoires. Bon départ et dans le 1er 500m nous sommes bien positionnée. Et puis rapidement le bateau perd de la vitesse, ça se dégrade techniquement et je ne sens pas de volonté de repartir. On subit la course. Résultat : dernières. Quelle déception ! J’espère que l’on va se reprendre, que ce résultat va nous faire réagir. Repêchages : nous avons le meilleur repêchage que l’on peut espérer. Durant l’année, nous avions battu facilement toutes les équipes présentes dans cette course, excepté la Roumanie. Cette course est pour nous ! Et bien non ! Même scénario que pour les éliminatoires ! Au bout de 500 m, le bateau s’arrête, plus personne !!!! De ma position au 4, je relance de la voix, je pousse plus fort et plus vite sur les jambes, en accélérant encore plus vite l’arrière. Je crie encore, mais pas de réaction….le bateau ne décolle pas. Et je vois les belges, que nous avions battues de 10 secondes à Lucerne, qui nous passent et qui gagnent leur place en finale. Immense déception. Je me sens tellement frustrée de ne pouvoir accomplir ce pour quoi je me suis tant entraînée et qui était à notre portée ! Larmes…. De retour au parc à bateau j’ai honte ! on prend enfin le temps de parler, de crever l’abcès. Mais c’est trop tard. « on aurait dû mettre la remplaçante dès le départ » ! Je ne sais plus quoi penser. Je suis tellement déçue ! Etre venue là pour faire ça ! A ce moment de la compétition, il n’est plus possible de changer qui que ce soit dans le bateau à moins d’une maladie ou d’une blessure. Maintenant il faut absolument terminer en gagnant la petite finale. Pour nous, les courses se suivent et se ressemblent. C’est en finissant dernières de ces Jeux que nous quittons la compétition et c’est sur cette note bien amère que je termine ma carrière…. Quelle tristesse. La semaine suivante, et c’est ça la magie des Jeux, j’ai pris plaisir à aller soutenir différentes équipes de France et assister aux compétitions dans plusieurs disciplines : volley-ball, Basket, tennis, athlétisme, escrime et j’ai eu la joie d’assister au couronnement de l’équipe de France d’escrime par équipe à l’épée. Beau souvenir également de la cérémonie de clôture dans le stade où les sportifs de tous pays se rassemblent pour fêter la fin des Jeux et le transfert de la flamme olympique à la Ville de Barcelone. C’était un grand moment d’émotion. Je garde en moi ce sentiment d’inachevé mais aussi d’une carrière bien remplie avec certes des peines mais surtout beaucoup de joie, de partage, d’émotion lors des victoires qui ne sont vécus que dans le sport et qui restent inoubliables. Monique Coupat

  • Les Jeux mondiaux universitaires de Budapest (1949)

    Une grande victoire française Guy Nosbaum et Claude Martin racontent dans le Journal "L'Aviron" du 9 décembre 1949, leur participation aux Jeux mondiaux universitaires de Budapest de 1949. Cette participation a été l'occasion de faire éclore une paire de rameurs qui auront marqué l'aviron français avec un titre de champions d'Europe 1953 et de nombreuses participations internationales allant jusqu'aux JO de Rome 1960 avec la médaille d'argent en 4+. Guy Nosbaum et Claude Martin racontent dans le journal "L'Aviron" leurs mondiaux universitaires 1949 Un récit sur Budapest… Voilà ce qu’on nous a demandé. Comment faire ? Par où débuter ? On en a tellement à raconter sur un voyage si admirable ! Enfin, faisons pour le mieux.   10 août. — Départ gare de l’Est, 51 heures de voyage ! C’est impressionnant, mais on s’habitue, ou plutôt on dort, ce qui est plus philosophe.   Les repas sont froids : sardines, jambon, fromage, confitures et vin à volonté (aussi bizarre que cela puisse paraître pour des sportifs). Vrais délices de Capoue d’ailleurs, car, arrivés à Budapest, de l’eau partout, dans le Danube et sur la table, rien que de l’eau — la bière valant environ 100 francs le demi. Très dur à supporter, le coup de l’eau, si bien que les cheveux (de véritables rescapés) de notre boute-en-train, le barreur, M. Decour, dit « Tango », se lèvent d’indignation.   Dès la première gare frontière, accueil délirant et spontané (?) des Hongrois : Marseillaise, Chant de la Résistance, Vive Staline, Vive Thorez (qui est-ce, nous sommes nous demandés ?), à quoi nous répondons par notre hymne à nous : « Les… choses de mon grand-père », qui est très apprécié.   Guy Nosbaum et Claude Martin avec leur barreur Daniel Forget seront Champions d'Europe 1953 en 2+ Partis le mardi soir, nous arrivons à Buda — et non à Pest — le vendredi à 1 heure du matin. Nous sommes logés sur l’île Sainte-Marguerite, dans un hôtel splendide, tel le Ritz à Paris. Dans notre chambre : téléphone, cireur, valet de chambre, baignoire, eau chaude, eau froide. Tout le confort, quoi.   Le vendredi après-midi, nous allons choisir notre bateau, escortés (sic) d’un interprète (qui ne voudra plus nous quitter par la suite et qui, à l’heure actuelle, doit sûrement pratiquer l’aviron tellement il avait l’air de s’y intéresser).   À la société F.T.C., le bateau est de construction hongroise, c’est-à-dire totalement différent des nôtres (inclinaison de la barre de pieds, rails plus longs sur l’avant). De plus, il est trop léger pour nous ; on ne peut dégager, tellement on l’enfonce. Notre moral en prend un sérieux coup. Néanmoins, on nous annonce qu’une autre société met deux bateaux à notre disposition. Ce sont des Pirsch, donc forme et installation suisses (à la fois porteur de l’avant et coupant la lame). L’un est encore un peu trop léger pour nous. Pourtant nous faisons un parcours. Le samedi matin, nous essayons le troisième qui est parfait (il ne vaut quand même pas notre Dossunet, il est plus lourd). Les cuirs de nos avirons (que nous avions amenés de Paris) étant trop fins pour les systèmes, les dirigeants hongrois nous en font choisir deux parmi leur réserve. Mais nous sommes désolés : leurs manches sont énormes — nous ne pouvons faire le tour avec nos mains. « Qu’à cela ne tienne », nous dit une « huile » hongroise, parlant couramment le français. Là-dessus, les deux avirons sont emmenés au menuisier qui nous les rape jusqu’à ce qu’ils nous conviennent. Quelle amabilité ? Qui, en France, sacrifierait ainsi deux avirons à des étrangers ? Maintenant, tout semble aller pour le mieux. Samedi après-midi, une sortie, un 1 200 mètres. Dimanche matin, on apprend qu’il n’y a que trois équipes en ligne — donc pas d’éliminatoires. De plus on nous prévient que des bachots de départ sont mis à notre disposition. Quelle marque de prévenance ! On prend des départs : le courant est d’une telle violence qu’il est impossible de remuer sa pelle le premier coup. C’est le bateau qui démarre, et non les pelles qui « passent » dans l’eau. Spécialement pour nous, Français, on laisse un… bachot pour l’après-midi, avec un homme dedans pour nous tenir.   Le lundi matin, tirage au sort : 1 France, 2 Hongrie, 3 Pologne. Nous sommes donc du côté de l’île Sainte-Marguerite et passons ainsi devant notre hôtel. Notre course est à 17 h 30. Peu avant, nous apprenons que Nagy-Farkas est l’équipe nationale hongroise. Nous « encaissons », mine de rien. Martin ne me dit pas un mot, moi non plus, mais on n’en pense pas moins. Nagy fait dans les 1 m 85 et Farkas 1 m 87. Nous montons au départ. La Pologne est forfait. Donc pas de rémission, la grosse bagarre. La place de second nous est interdite.   Le bassin est houleux. D’une part, un courant très fort – 6 à 7 km – tel que peuvent se l’imaginer ceux qui ont couru sur le Danube ; et, d’autre part, un terrible vent contraire. De telle sorte que les lames nous handicaperont beaucoup.   Ainsi, nous comptions mettre moins de 7 minutes ; mais avec un bassin déchaîné, nous mettrons un temps normal de 2 000 : 7 minutes 42.   Départ donné très vite, en français Nous ramons à 39-40. Aux 10 coups, 1 longueur d’avance, au 20ᵉ, 1 longueur. Le train 34-36. Aux 1 000 m, toujours 1 longueur d’avance. Les Hongrois tapent 10 coups sur 10 coups. Aux 1 200 m, nous baissons la cadence à 30-32. Ils nous remontent. Nous sommes bord à bord aux 1 400 m. Nous nous sentons en pleine forme. Nous montons à 36. Aux 1 500 m, nous reprenons une 1/2 longueur jusqu’aux 1 800 m.   Enfin, nous enlevons. Eux n’enlèveront qu’aux 2 000 m. 3/4 de longueur nous séparent à l’arrivée.   Nous sommes contents à pleurer. Cela valait quand même la peine de s’entraîner deux fois par jour pendant trois semaines. L’entraînement de M. Cherrier avait porté ses fruits.   Quant à M. Decours, il nous barra de main de maître, et quel maître ! Nous avons rarement vu une telle ligne d’eau, surtout par un courant si violent. De plus, pour décontracter les hommes avant une course, il n’y en a pas deux tels que lui ! Vive Decours et merci encore !   Guy Nosbaum et Claude Martin avec leur barreur Daniel Forget seront Champions d'Europe 1953 en 2+ Le lendemain seulement, à la piscine nationale, où se disputait la natation, nous montions sur le podium au son de la Marseillaise. Nos trois couleurs grimpaient au mât. Cela seul récompense de tous les sacrifices et de toutes les souffrances. La médaille n’est rien en comparaison.   On peut dire quelques mots du style hongrois : très long sur l’avant, très long sur l’arrière, d’où plus de fatigue, double de la nôtre, mais moins de détente et plus de fatigue surtout sur l’avant. Ils sont un peu « Fairbairn » dans le sens qu’ils poussent leur bouillon sur l’arrière, mais ils se servent très peu de leurs jambes.   Leur train durant la course n’a pas dépassé 28. D’autre part, en Hongrie, on voit beaucoup de 3 de couple, 4 de couple, skiffs et doubles-sculls avec une barre, et peu de 6 de pointe. Par exemple, on a vu un quatre de couple revenir d’une « setakocsizàs » (1) de 200 kilomètres sur le Danube. C’est ainsi qu’ils s’entraînent là-bas !   Le reste de notre séjour, nous ne le raconterons pas ! Il fut merveilleux. Nous repartions le lundi suivant. Ayant couru les premiers de la délégation, nous étions les seuls à visiter Budapest de fond en comble (c’est une façon de parler).   Nos impressions à son sujet ? Ville très détruite. Reconstruction extrêmement rapide : les seuls ponts de 300 m étant complètement détruits en 1945. Budapest compte actuellement 6 nouveaux ponts exactement semblables aux anciens. Néanmoins, les habitants de la ville ont l’air soucieux et pauvres. Ce pays a été terriblement atteint par la guerre.   En résumé, voyage absolument splendide et unique à notre époque : le rideau de fer est, en général, assez hermétique, ce qui n’a pas empêché Thiam Papa Gaio de passer sans passeport, dans un filet à bagages…   Nous ne remercierons jamais assez l’O.S.S.U. et la Fédération d’Aviron de nous avoir sélectionnés pour une si magnifique épreuve.   Quant à nos entraîneurs de la Marne, MM. Cherrier, Lecuir·ot, Delahaye, remercions-les de nous avoir suivis avec tant d’assiduité et de patience.   Remercions enfin les organisateurs et rameurs hongrois qui n’avaient rien d’assez beau pour nous, Français.   Guy NOSBAUM et Claude MARTIN.   (1) « Setakocsizàs » veut dire « promenade en calèche».

  • Françoise Whittington une pionnière

    Voilà tout juste 50 ans, en 1976, aux Jeux olympiques de Montréal, l’aviron féminin entre pour la première fois au programme olympique. La France n’engage alors que deux embarcations : le skiff d’Annick Antoine (7e) et le deux de couple composé de Françoise Whittington et Josiane Rabiller (9e) après avoir échoué de peu aux portes de la finale. Cet article de Marc Ventouillac, est consacré au parcours de Françoise Whittington, l’une des premières rameuses olympiques françaises. Ces Jeux marquent le point de départ de l’histoire olympique de l’aviron féminin français et laissent la trace de pionnières. Après la fin de sa carrière aux Jeux Olympiques de 1976, il y a cinquante ans, Françoise Whittington a coupé les liens qui l’unissaient au monde de l’aviron. Mais il ne faut pas la pousser beaucoup pour qu’elle reconnaisse l’importance que ce sport a joué pour elle : « L’aviron a été fondateur pour moi, même si je ne suis pas restée proche de ce milieu, dit-elle. Il a été fondateur au niveau de l’acceptation de l’effort qui permet de se transcender et d’arriver au résultat escompté. L’aviron, c’est le dépassement de soi, et ce sentiment, je l’ai retrouvé tout au long de ma vie. Tout ça, je l’ai appris grâce à l’aviron… ». Françoise Whittington aujourd'hui. Françoise Whittington a disputé les Jeux olympiques de Montréal, ses premiers et derniers, mais c’était surtout la première fois que les femmes étaient admises à ramer sur un bassin olympique. Une consécration d’un parcours commencé en 1968, quand elle avait 16 ans et qu’elle a poussé la porte du club de Cognac, celui des frères Vandernotte (médaillés olympiques en 1936), de Bernard Bruand ou de Thierry Louvet. Elle faisait déjà de l’athlétisme, mais le club ne fonctionnait pas en hiver, aussi elle a suivi une amie qui pratiquait déjà l’aviron. À l’époque, il y avait une dizaine de filles au club. « Il y avait une ambiance très conviviale », insiste Françoise Whittington. Les résultats sont arrivés assez rapidement avec une place de 2e aux championnats de France cadettes en deux de couple. Première médaille d’une longue série avec, dès 1970, un titre de championne de France en quatre de couple. Le bac en poche, elle décide d’entamer des études pour devenir prof d’EPS. « En 1972-1973, comme j’avais déjà quelques résultats, je me suis retrouvée à l’Insep, dit-elle. On était une petite promotion dans laquelle il y avait Guy Drut (champion olympique 1976 du 110 m haies). L’Insep avait une base nautique pour ramer sur la Marne. On s’entrainait tous les jours, on faisait déjà de la musculation, mais on ne s’entrainait pas deux fois par jour. ». La finale ratée pour 29 centièmes Sélectionnée pour les Championnats du monde de Nottingham 1975 en deux de couple avec Corinne Le Moal (future finaliste olympique en skiff aux Jeux de Barcelone en 1992, connue aujourd’hui sous le nom de Corinne Meadmore, une des fidèles de l’AIA), elle termine 6e de la finale. Un bateau avec lequel elle disputera les Jeux de Montréal, mais avec une autre coéquipière, Josianne Rabiller. « On avait appris avant les Jeux que l’objectif de la fédération était de qualifier deux quatre (couple et pointe) femmes pour Montréal, se souvient la Cognaçaise. Je n’étais pas dans un de ces bateaux, mais dans un double. La qualification devait se jouer lors des régates de Lucerne. Les deux quatre n’y sont pas parvenus, mais nous, on a décroché notre sélection en terminant à la troisième place. ». C’était la première fois que les femmes étaient admises aux Jeux olympiques en aviron. L’aviron a longtemps traîné une réputation de sport misogyne, mais Françoise Whittington ne garde pas cette image. « Je n’ai aucun souvenir que cela m’ait gênée, pourtant, j’étais féministe… ». Le grand moment de sa carrière... Montréal 76 a été le grand moment de sa carrière. « J’en garde un très bon souvenir. », continue celle qui était alors entraînée par Henri Helal. « Cela a été pour moi un très grand plaisir de découvrir la grande diversité des Jeux olympiques, à tous les points de vue, culturel, physique, gastronomique, tout était différent. En compétition, on s’est classé neuvièmes. On avait raté la qualification pour la finale olympique de 29 centièmes. ». Françoise Whittington ne garde pas de souvenir des autres courses en tant que telles. Sinon celle du huit Allemand de l’Ouest. Pas tant pour son résultat (4e) que pour son chef de nage, Reinhard Wendemuth, qui deviendra son compagnon. Les Jeux terminés, Françoise range ses pelles. « J’étais prof. d’EPS depuis 1975 », explique-t-elle. « J’ai voulu continuer une année de plus pour aller aux Jeux, mais je n’avais pas l’intention d’aller au-delà. Je n’avais pas envie, je souhaitais me consacrer à d’autres activités, la musique (elle joue du saxophone), les voyages, j’avais envie de découvrir d’autres sports, j’ai fait du volley, du tennis. Je suis peu restée dans le milieu, sinon quand je revenais en Charente et que j’allais au club… ». Pas étonnant, c’est une des particularités de l’aviron : les athlètes sont très attachés à leur club, bien plus que dans d’autres sports. Et en ce sens, Françoise Whittington n’a pas échappé à la règle. Marc Ventouillac Palmarès international de Françoise Whittington : 1976 – Jeux olympiques – 2X – 9e 1975 – Championnats du monde seniors – 2X – 6e 1974 – Championnats du monde seniors – 2X – 10e

  • Mexico 1968 : Jean-Pierre Drivet au cœur de l’olympiade

    Télécharger le document de 7 pages Jean-Pierre Drivet, célèbre rameur chambérien et acteur de l’aviron français des années 1960, nous propose, par un document (joint) de 7 pages , un regard direct et précieux sur son expérience aux Jeux Olympiques de Mexico (1968). Spécialiste du deux et du quatre sans barreur, il y évoque son parcours, notamment aux côtés de Roger Chatelain. Un témoignage vivant qui éclaire de l’intérieur les exigences de son époque et invite à découvrir l’intégralité de son récit. Quatre années pour quelques minutes Il y a des Jeux Olympiques que l’on regarde. Et il y a ceux que l’on vit. Ceux de Mexico, en 1968, appartiennent sans conteste à la seconde catégorie pour Jean-Pierre Drivet, qui nous livre un témoignage brut, sincère, presque haletant, à l’image de l’effort consenti. Car une olympiade ne dure pas quinze jours. Elle s’étire sur quatre années. Quatre années d’entraînement, de remises en question, de sacrifices. Le récit commence d’ailleurs bien avant Mexico, dans le froid piquant de Font-Romeu, où les rameurs français tentent de s’acclimater à l’altitude. Le décor est splendide, mais la réalité est rude : vent glacial, fatigue, angines. Le corps encaisse, le mental suit. Le grand départ et le choc mexicain Puis vient le départ. Un voyage long, presque irréel, entre avions militaires, escales inattendues et décalages horaires qui troublent les repères. L’arrivée à Mexico marque un choc. La chaleur, l’humidité, l’altitude surtout. Et déjà, les contrastes : bidonvilles et quartiers luxueux se succèdent sans transition. Le regard du sportif se fait observateur malgré lui. Le village olympique, cœur battant des Jeux Au village olympique, une autre dimension apparaît. Celle de la fraternité. Toutes les nations, toutes les langues, toutes les cultures se croisent. Les échanges sont simples, parfois maladroits, souvent joyeux. Un écusson contre un autre, quelques mots mêlés, et beaucoup de rires. Ici, le sport rassemble. Ramer, encore et toujours Mais l’essentiel reste ailleurs. Dans l’eau. Dans l’effort. Dans cette obsession qui prend toute la place : ramer. Toujours ramer. Le quotidien se résume à cela. Le bateau, le lit, la table. Et l’attente. Puis, soudain, la course. Sept minutes. Rien que sept minutes pour juger quatre années. Le texte devient nerveux, presque haché. On sent la tension, la douleur, le souffle qui manque à 2 400 mètres d’altitude. Chaque coup d’aviron compte. Chaque mètre arrache. Aux portes de la finale La qualification en série apporte une bouffée d’espoir. Les encouragements tombent, les télégrammes arrivent. La France regarde. On y croit. Puis vient la demi-finale. Le combat est intense, mais la marche est trop haute. Quatrième place. Pas de finale. La déception est là. Franche. Sans détour. Mais elle ne brise pas tout. Elle nourrit autre chose. Une envie de revenir. D’aller plus loin. « Munich peut-être », glisse-t-il, déjà tourné vers l’avenir. L’après-course, entre découverte et relâchement Le reste du séjour prend alors une autre couleur. Moins tendu, plus léger. Les athlètes deviennent touristes. Ils découvrent le Mexique, ses paysages, sa culture, ses excès aussi. Oaxaca, Monte-Alban, Acapulco… Entre émerveillement et surprises, le regard s’ouvre. Le retour, avec l’expérience en tête Et puis vient le retour. La France. Les repères. Le quotidien. Avec, en tête, cette expérience unique, faite d’efforts extrêmes, de rencontres et d’émotions brutes. Ce témoignage ne cherche pas à embellir. Il dit les choses comme elles viennent. Avec simplicité. Avec vérité. Et c’est précisément ce qui lui donne sa force. Pour lire le document, cliquer ici...

  • Quand les médaillés d'or et le favori se rencontrent

    (vous pouvez écouter cet article sur Spotify ici : https://open.spotify.com/episode/1nCFHVbtSmZKjiT88QSV4A ) Dans une nouvelle série d’articles célébrant certaines des finales olympiques et paralympiques les plus spectaculaires depuis 2000, Martin Cross, champion olympique en quatre avec barreur en 1984, actuellement journaliste et commentateur, sélectionne les meilleures courses, revivant l'expérience avec les athlètes impliqués. Jean-Christophe Rolland et Michel Andrieux champions olympiques en 2- (Sydney 2000) (photo FF Aviron) En juillet 2021, pour son premier entretien, il est revenu sur la finale du deux sans barreur de Sydney avec nos champions français, Jean-Christophe Rolland, Michel Andrieux et les battus de cette course, les Britanniques Greg Searle et Ed Coole. Cette finale du samedi 23 septembre 2000 est restée dans les mémoires pour l’audace et l'incroyable courage de l'équipage français. DANS LA FINALE OLYMPIQUE DE DEUX SANS BARREUR 2000, C’EST LA TACTIQUE QUI A RENDU CETTE COURSE À PART. Quelques finales olympiques, comme celle du quatre masculin aux Jeux de 2004 à Athènes, deviennent emblématiques, car la course a été incroyablement serrée, et la victoire des Britanniques sur les Canadiens est remarquable par un écart des plus faibles. D’autres, comme la finale du deux barré à Barcelone en 1992, sont inoubliables du fait du fabuleux sprint final des Britanniques qui entraina la remise en question de la domination Italienne a priori indéboulonnable. La finale du pair-oar de Sydney est différente du fait principalement de la décision prise par la paire française en milieu de course. Dans un moment d’inspiration unique, d’un genre que l’on n’avait jamais vu avant et que l’on n’a plus vu depuis, ils ont commencé leur enlevage avant le panneau des 1 000 mètres. Cette tactique a placé cette course dans un domaine à part. L’épreuve était jusque-là menée par l’impressionnante paire britannique de Greg Searl et Ed Coode. Les favoris britanniques, non seulement ont perdu leur leadership, mais encore plus cruellement, ont dû renoncer à la moindre médaille, dépassés par les Américains et les Australiens.   Ed : on a eu un gros stage sur la Gold Coast. C’était une paire spéciale. Nous avions des vitesses de bateau terribles en compétitions, là-bas. Nous estimions que nous étions la paire à battre au niveau mondial.   Greg : nous n’avons été associés que tardivement, du coup nous n’avons pas eu assez de temps dans cet armement. Nous étions en permanence à la recherche la régularité. On a gagné à Henley, mais après, nous avons été incapables d’atteindre la finale à Lucerne.   J.C. : en ce qui nous concerne, nous avons été associés avec Michel un bon bout de temps, depuis 1991. Mais pour cette saison olympique, après avoir perdu derrière la paire yougoslave à Munich, nous étions inquiets sur le fait de pouvoir combler cet écart sur une période aussi courte. Pour autant, on a toujours eu comme but d’être au pic de forme pour l’objectif de l’année, que ce soit pour les championnats du monde ou pour les Jeux. Je me rappelle qu’au stage préolympique, nous nous attachions à rester dans notre bulle et à ne pas laisser la pression qui affectait notre entourage nous impacter. « Ce sera la course la plus dure de notre vie et ce qui fera la différence, ce sera le mental : jusqu’où nous avons envie de gagner »   Greg Searl Greg : on est partis en Australie et on trouvait que nous avions un plan de course basique, et c’est pourquoi, J.C., tu nous as fichus en l’air avec quelque chose qui n’était pas une course basique. En finale, on a fait ce qui était normal et que nous réalisions assez bien. Je me rappelle qu’avant la course, j’avais des doutes sur notre vitesse en fin de course. A l’entraînement, on n’arrivait pas à nous détacher dans le dernier 500 de la paire des remplaçants. Et on était toujours distancés par le 4x féminin dans le dernier 500. Je me rappelle aussi avoir été inquiet quand vous reveniez sur nous en demi-finale.   J.C. : c’est après la demi-finale qu’on a construit notre stratégie pour la finale. On savait qu’on ne mènerait pas depuis le départ, mais que l’on avait une bonne fin de course. L’avance que vous aviez en demi-finale était assez significative. On a fait ce qu’il fallait pour revenir, mais ça a été seulement sur les deux derniers coups. On savait que pour la finale, vous partiriez de fait encore plus vite pour détenir le plus gros écart possible dans le final et on avait décidé de ne pas vous laisser plus d’une longueur d’avance. Mais l’écart que vous aviez aux 500 mètres était déjà trop important et nous a imposé de réagir.   Ed Coode Ed : avec un recul de 20 ans, j’ai regardé de nouveau cette finale, la nuit dernière, et j’ai trouvé qu’on ramait plutôt bien. On aurait peut-être eu besoin d’un cycle olympique supplémentaire en pair-oar. Il n’y a pas beaucoup de cas de paire arrivant aux Jeux avec six mois d’existence et qui gagne. Mais on avait pour but de gagner ; on ne peut pas aller dans une finale olympique en pensant qu’on ne va pas gagner. Greg était champion olympique et j’étais champion du monde l’année précédente, et nos temps de référence à l’entraînement et en course étaient bons.   Greg : j’ai aussi regardé à nouveau la course hier soir, et si vous regardez nos temps aux différents 500 avec 1’35”, 1’40”, 1’40” et 1’38” , c’est plutôt beaucoup mieux que ce que nous avions prévu pour des conditions calmes. Si on a trébuché, c’est qu’il y avait une différence : vous méritiez de gagner ce jour-là parce que vous avez fait quelque chose de réellement sidérant.   J.C. : pendant le footing d’échauffement, j’ai dit à Michel : C’est la dernière fois que l’on court ensemble. On doit prendre des risques et provoquer quelque chose. On doit le faire maintenant. On savait qu’on ne pouvait pas vous prendre au départ, mais juste avant le passage à mi-course, vous aviez plus d’une longueur de jour d’avance, 2’07” je crois, et de fait, c’était plus d’une longueur, ce qui a entraîné l’accélération brutale qu’on a faite. Si vous aviez été un peu moins rapides dans le premier 1 000, on n’aurait pas réagi comme ça. Donc, on a passé 30 coups et ça a été tellement efficace que Michel a juste dit : « Continue ! ». Cette course a été différente des peut-être 200 précédentes que nous avions faites. Notre troisième 500 était toujours le plus lent. Et dans cette course notre temps sur ce 500 a été le plus rapide. Sans précédent et atypique ! En fait on a pris la tête trop tôt… Mais une fois arrivé à ce stade, il est difficile de se calmer, il a donc fallu gérer ça jusqu’à la fin de la course.   Ed : je me rappelle J.C. et Michel revenant sur nous si rapidement que ça nous a désarçonnés. Ils ont réalisé une course tactique de référence. C’est la chose dont nous n’avions pas besoin.   J.C. : Dans le dernier 500, il a juste fallu qu’on tienne. Avant la course, j’avais dit à Michel que ce serait la course la plus dure et redoutable de notre vie, et que ce qui ferait la différence avec nos rivaux serait le mental : combien on avait envie de gagner ! Pour aller plus loin que ce que nous aurions fait habituellement, on appellerait le nom de nos fils, qui étaient au bord du bassin. Victor, mon fils avait 14 mois à l’époque. J’étais complètement cuit et je dois humblement avouer que c’est Michel criant « pour Victor » qui a créé le déclic et qui m’a porté jusqu’au dernier coup de pelle.   Greg : Si on a trébuché, c’est qu’il y avait une différence : vous méritiez de gagner ce jour-là parce que vous avez fait quelque chose de réellement sidérant. Dans les mauvais moments, je pense que réellement on aurait dû avoir la médaille d’argent. Je ne pensais pas qu’on devait perdre en face des Australiens et des Américains. Qui sait si ce que vous avez fait a fait la différence de 30 cm entre la seconde et la quatrième place ?   J.C. : Je n’encouragerais pas à reproduire notre stratégie. On ne peut pas planifier quelque chose comme ça. Honnêtement, je ne voudrais pas me retrouver de nouveau au départ. Une chose qui m’étonne est (que) les gens parlent encore, plus de 20 ans après, de cette course. Des sportifs qui n’étaient pas nés à cette époque m’ont parlé de cette course, et je sais que des entraîneurs parlent de cette course pour illustrer l’importance de la force mentale pour créer un déclic.   Greg : Pour illustrer un peu notre amertume, on a dû revenir de Sidney sur un vol dans un avion rempli de médaillés qui voyageaient en classe affaires. Moi j’ai dû aller à l’arrière de l’avion. À Heathrow, il y avait beaucoup de monde qui attendait, moi j’ai juste filé en prenant ma valise.   Ed : Cette course a eu un impact réel sur moi. C’est sympa d’entendre J.C. dire qu’il ne voudrait pas se retrouver au départ, car c’est bien le sentiment qui m’a submergé après. Je voulais juste refaire une finale olympique de nouveau. Ça m’a fait comme si je n’avais rien réalisé. Il fallait attendre une nouvelle fois quatre ans, et cette émotion, je l’ai ressentie chaque jour pendant les quatre ans qui ont suivi.   Greg : La meilleure sensation, c’est quand je gagne. La pire, quand je termine quatrième…   J.C. : Pour moi les meilleures émotions ont été celles que l’on a partagées après la course. On avait un groupe conséquent avec la famille et les amis. « CETTE COURSE A CERTAINEMENT CHANGÉ MA VIE ! »  Le jour où j’ai repris à la centrale nucléaire, ça été fantastique. Je ressens encore cette émotion aujourd’hui. Il y avait presque tout le monde, peut-être 1 000 personnes, qui avaient partagé mon parcours, et de voir mes collègues en pleurs : « Wow ! » Juste « wow ! » Cette course a certainement changé ma vie. Pas comme homme, je suis resté ce que je suis. Mais ma manière d’être, la manière de me conduire dans ma carrière a été construite par mon parcours d’athlète, et c’est une partie fantastique de ma vie. C’est pour cela que j’ai décidé de rendre au sport, qui m’a tant apporté. Je suis ce que je suis maintenant, jusqu’à un certain point du fait de cette course. Si on avait été cinq ou sixièmes, je ne sais pas ce qu’il serait advenu de ma vie.   Greg Searl explique que c’est en reparlant de cette course qu’il a décidé de repiquer pour les Jeux de Londres.   (Extrait de notre livre « Génération Mund, le long chemin qui a mené l’aviron français au sommet de l’olympisme »)

  • L’AIA fait ramer vos impôts… dans le bon sens !

    À l’AIA, votre adhésion ne se limite pas à un geste symbolique : elle agit concrètement pour les jeunes générations de rameurs. Chaque adhésion a un impact concret. Elle permet de transmettre la mémoire de l’aviron français, de partager notre passion et d’accompagner les jeunes rameuses et rameurs dans leur progression et leur parcours sportif. En 2026, votre engagement prend une nouvelle dimension. Votre adhésion, un levier fiscal efficace Depuis janvier 2026, votre adhésion à l’AIA peut ouvrir droit à une réduction fiscale de 66 %, dans les conditions prévues par la réglementation (articles 200 et 238 bis du Code général des impôts). Cette évolution est rendue possible par la nature même de l’AIA : aucune contrepartie matérielle. Pas de licence, pas d’accès à des installations. L’adhésion repose uniquement sur un engagement et un soutien. Concrètement : 28 € versés (adhésion seule) = 9,52 € réellement payés ; 80 € versés (adhésion + don) = 27,20 € réellement payés ; 100 € versés (adhésion + don) = 34,00 € réellement payés. À quoi sert votre soutien ? Votre contribution finance directement les actions de l’AIA : ·       la mise en valeur de l’histoire et des internationaux de l’aviron français ·       les actions de transmission auprès des jeunes générations ·       le soutien aux jeunes rameurs dans leur double projet sportif et professionnel ·       le développement et le rayonnement de la communauté des internationaux Chaque euro versé alimente des projets concrets, utiles et visibles. Donnez plus, sans dépenser plus Pour un budget maîtrisé, vous pouvez : renforcer ces actions ; toucher plus de jeunes sportifs ; amplifier l’impact de l’AIA. Donner 80 € revient moins cher qu’une adhésion à 28 € avant 2026. Pourquoi cela fonctionne ? Une adhésion ouvre droit à un avantage fiscal uniquement sans contrepartie. C’est le choix de l’AIA. Être membre, c’est : partager une histoire ; porter des valeurs ; soutenir un projet collectif. C’est un engagement. Passez à l’action Aujourd’hui, vous pouvez faire plus pour les jeunes rameurs, sans effort supplémentaire. Adhérez, complétez par un don si vous le souhaitez, et recevez automatiquement votre reçu fiscal. 👉 https://www.rameurs-tricolores.fr/adhesion

  • Fondation Mercato : accompagner la reconversion des sportifs

    Dans le cadre de nos orientations pour 2026, nous souhaitons renforcer notre action en faveur de la préparation de l’après-carrière des athlètes , un enjeu important pour de nombreux sportifs. Si la démarche vous intéresse, prenez contact avec nous ( contact@rameurs-tricolores.fr ), ce qui nous permettra d'appuyer votre dossier. C’est dans cet esprit que nous mettons ici en lumière l’initiative de la Fondation Mercato , qui propose un dispositif original d’accompagnement des sportifs vers le monde de l’entreprise. La Fondation Mercato a été lancée en septembre 2025 et accompagne déjà environ 25 sportifs dans leur reconversion/transition professionnelle. Elle s'appuie sur un réseau de plus de 600 recruteurs partout en France (le réseau du Mercato de l'Emploi : entreprise créée par la Présidente de la Fondation, Jenny Gaultier). Chaque sportif accompagné peut donc avoir un recruteur/une recruteuse dans sa zone géographique, ce qui facilite grandement les passerelles entre le monde du sport et le bassin d'emploi local.  Pour lancer cette Fondation, nous sommes partis de plusieurs constats :  Des chiffres assez alarmants :  8 sportifs de haut niveau sur 10 vivent une période de transition difficile, voire de dépression pour certains Seulement 27% des sportifs de haut niveau se sentent accompagnés ou informés sur leur après-carrière 80% des athlètes olympiques vivent avec moins de 900€ par mois 40% des athlètes olympiques n'ont pas le bac Les sportifs ont des compétences incroyables grâce à leur sport (leadership, esprit d'équipe, résilience, gestion du sport...). Ils ne s'en rendent pas toujours compte et ils ne savent pas toujours les valoriser dans d'autres domaines de la vie.  Quelles sont les étapes du programme de reconversion Nous sommes donc là pour aider les sportifs à connaitre leurs compétences et à trouver leur voie, à travers un accompagnement d'environ 20 heures (cela varie en fonction des profils), composé de plusieurs phases. Cet accompagnement est 100% gratuit, humain, très structuré et personnalisé. Cela va du sportif toujours en pleine carrière ou en pleine activité qui souhaite anticiper sa fin de carrière et d'ores et déjà se tourner vers l'après, au sportif qui vient de terminer sa carrière et qui veut se reconvertir, en passant par le sportif qui a terminé sa carrière depuis plusieurs années, qui a choisi une voie mais qui veut découvrir autre chose et explorer d'autres chemins. Nous créons des trinômes sportif/recruteur/mentor : une alliance unique qui fait ses preuves.  Accompagner 1000 athlètes par an d'ici à 2030 Le mentor a un rôle de "fond", c'est un ancien sportif qui a lui-même connu la reconversion et qui est donc légitime pour en parler. Il accompagne le sportif (sans forcément participer à tous les échanges) avec un autre regard que le recruteur, en lui donnant des conseils sur la reconversion (par exemple sur la partie mentale) et en partageant son propre parcours, ses propres difficultés. Pour en savoir plus : Fondation Mercato : Un tremplin inédit pour la reconversion des sportifs professionnels (cliquer sur ce lien) Fondation Mercato : pour que la lumière continue de briller sur nos champions (cliquer sur ce lien) Des initiatives comme celle de la Fondation Mercato contribuent concrètement à mieux préparer la transition entre carrière sportive et vie professionnelle. Pour plus d’informations sur ce dispositif ou pour être mis en relation avec ses responsables, vous pouvez nous contacter : contact@rameurs-tricolores.fr

  • Nouveau comité directeur 2026 : continuité et renouveau

    Suite à l’Assemblée Générale élective du 31 janvier dernier, l’Association des Internationaux d’Aviron ouvre une nouvelle étape de son développement. Le nouveau comité directeur 2026 a été élu, associant expérience, continuité et renouveau. L'équipe du comité directeur de l'AIA Après près de dix années d’engagement à la présidence, Myriam Lamolle a choisi de passer le relais. Installée désormais en province, elle laisse une association structurée et active. Nous la remercions sincèrement pour son engagement constant. La présidence est reprise par Bertrand Vecten, qui connaît bien la fonction pour l’avoir exercée d’octobre 2004 à octobre 2016. Son retour traduit une volonté claire : poursuivre le développement de l’association avec méthode et détermination. La fin d’année 2025 a également été marquée par le départ de trois membres du comité directeur. Isabelle Danjou et Véronique Larmande, que nous remercions pour nous avoir accompagné ces dernières années, ont choisi de se retirer pour des raisons de disponibilité. Alain Bouffard, quant à lui, a quitté ses fonctions pour des raisons liées à l’âge, après avoir assuré la trésorerie de l’association pendant plus de vingt-cinq années. Son engagement, sa rigueur et sa fidélité ont profondément marqué la vie de l’AIA. Nous lui exprimons notre reconnaissance sincère pour ce travail exemplaire. Au sein du bureau exécutif, plusieurs évolutions accompagnent ce nouveau mandat. Christine Lallement transmet la trésorerie à Sylvie Matthews, épaulée par Rémi Di Girolamo en tant que trésorier adjoint.Catherine Guilleret poursuit sa mission de Secrétaire générale, avec à ses côtés Marie Le Nepvou comme secrétaire adjointe. Les vice-présidences évoluent également. Patrick Bosdeveix, Myriam Lamolle et Anne Nottelet-Tollard composent désormais l’équipe autour du président. Le comité directeur s’élargit avec l’arrivée de deux nouveaux membres : Gaelle Buniet et Jonathan Coeffic. Leur engagement porte à seize le nombre total de membres pour l’année 2026. Cette dynamique collective constitue un atout solide pour les années à venir. Les priorités 2026 L’année 2026 sera placée sous le signe de l’action concrète. Première priorité : renforcer la visibilité de nos bourses solidaires . L’objectif est d’informer davantage les dirigeants de clubs afin de susciter plus de candidatures et d’identifier des jeunes (sans exigence de niveau sportif minimum demandé) dont la famille rencontre des difficultés financières. Ces bourses ont vocation à apporter un soutien direct pour leur permettre de poursuivre leur pratique sportive dans de bonnes conditions. Cette aide sociale se distingue de notre dispositif d’accompagnement au double projet , qui vise à soutenir les athlètes dans l’articulation entre leur carrière sportive et leur parcours scolaire ou professionnel. Deuxième axe : préparer activement la candidature d’un ou plusieurs dossiers pour les Gloires du Sport 2027 . Il s’agit de valoriser notre patrimoine sportif et de mettre en lumière des parcours d’exception. Troisième chantier : structurer un accompagnement à la reconversion des athlètes  en fin de carrière. Avec l’implication de Jonathan Coeffic, l’association souhaite développer un soutien concret pour faciliter la transition vers une nouvelle vie professionnelle. Une nouvelle commission voit également le jour en 2026 : Mécénat et recherche de fonds pour les jeunes . Elle sera animée par Bertrand Vecten, Myriam Lamolle et Jonathan Coeffic. L’objectif est de diversifier nos ressources afin de soutenir durablement les générations futures. Les commissions existantes poursuivent leur travail sur la communication, les réseaux sociaux, les bourses, l’aide au double projet et les Gloires du Sport. Les Trophées Rameurs Tricolores de l’année sont en cours d’évolution et feront prochainement l’objet d’annonces spécifiques. Cette nouvelle équipe s’inscrit dans la continuité des valeurs qui fondent notre association : solidarité, engagement et transmission. Les bases sont solides. Le cap est fixé. 2026 sera une année de structuration et de développement.   Les membres du comité directeur 2026 sont :   Comité exécutif : Président :   Bertrand Vecten Vice-présidents : Patrick Bosdeveix Myriam Lamolle Anne Nottelet-Tollard Secrétaire générale :   Catherine Guilleret Secrétaire adjointe : Marie Le Nepvou Trésorière générale :   Sylvie Matthews Trésorier adjoint : Rémi Di Girolamo   Membres du comité directeur : Gaelle Buniet Jonathan Coeffic Henri-Pierre Dall'Acqua Vincent Ezratti Daniel Forget Christine Lallement Inène Pascal Michel Prudhon   Vérificateur aux comptes Thomas Baroukh   Les commissions Communication et réseaux sociaux Patrick Bosdeveix Inène Pascal Bourses et Aides au Double Projet Henri-Pierre Dall'Acqua Gaelle Buniet Jonathan Coeffic Marie Le Nepvou Gloires du sport Daniel Forget, Mécénat et recherche fonds pour les jeunes (nouveauté 2026) Jonathan Coeffic, Bertrand Vecten, Myriam lamolle Trophées Rameurs Tricolores de l'année En cours d‘évolution Pour voir le trombinoscope du comité directeur (cliquer ici)

  • Interview de Jean-Christophe Bette 20 ans après Cologne 1998

    (à partir du 1 mars, vous pourrez écouter cet article sur Spotify ici : https://www.rameurs-tricolores.fr/podcast ) Avec sa médaille d'or olympique, ses 6 titres de champion du monde, un titre de champion d'Europe, 5 médailles d'argent et 2 de bronze, le palmarès impressionnant de Jean-Christophe Bette le place aujourd'hui à la 3ième place en nombre de médailles de l'histoire de l'aviron français derrière Jérémie Azou et Gaston Delaplane. Il se raconte 20 ans après son premier titre de champion du monde. Reconversion professionnelle chez EDF En 1998 à Cologne (Allemagne) vous avez remporté avec panache le titre de champion du monde en 2-PL. Aujourd'hui, que signifie pour vous ce titre mondial ? Encore aujourd’hui je garde un souvenir impérissable de ce moment. Moment qui a été tout aussi mémorable pour de nombreuses personnes qui me sont chères et qui étaient présentes ce jour comme bien sûr mes parents mais aussi tous les fidèles du club de Compiègne. Cela restera un titre à part pour moi car tout simplement c’est le premier. On ne peut pas dire que l’on s’y attendait avec Vincent même si au fil des courses de ces championnats, on effaçait petit à petit nos complexes vis-à-vis de nos ainés et on se sentait capable d’aller chercher cette première place. Plus personnellement, cette médaille m’a fait prendre conscience que beaucoup de choses étaient possibles et en particulier pour les Jeux Olympiques. Cela a été pour moi l’un des socles de ma confiance qui m’a suivie pendant de longues années après. Quand avez-vous rangé vos avirons tricolores ? J’ai commencé l’aviron en 1989 à Compiègne où je suis toujours licencié (même si je ne rame plus). J’ai été champion de France pour la première fois en 1993 en 4+ cadet, à l’époque c’était de jeunes seniors du club tel que Bertrand VECTEN qui nous conduisaient aux régates… J'ai ensuite pu participer et gagner la Coupe de la Jeunesse à 2 reprises sans réussir à intégrer le groupe A chez les juniors. En 1996 j’ai choisi de rejoindre le pôle France de Lyon et c’est à ce moment que je fis connaissance avec Vincent et que notre paire s’est construite. Nous participons ensemble aux Championnats du Monde -23 en 4-PL à 3 reprises en terminant une fois 2ème et deux fois 1er avant notre 1ère participation aux championnats du Monde en 1998 avec le succès que l’on connait. En 1999 la saison s’annonce compliquée, Vincent est écarté du groupe et je suis appairé à Jean-Baptiste DUPY pour les Championnats du Monde en 2-PL où nous finissons 4ème. Pour la suite, la blessure en cours de saison de Jean-David BERNARD me donnera l’opportunité de prouver ma valeur au sein du 4-PL pour le JO et de remporter le titre Olympique. Sur la lancée, je termine 3ème en 4-PL et 1er en 8PL aux championnats du Monde 2001. 2002 et 2003 seront des années compliquées avec une non-qualification pour les JO de 2004. Puis 2005 et la construction d’un nouveau 4-PL performant avec lequel je gagnerai un titre de champion du Monde et 2 de vice-champion avant de terminer 4ème aux JO de 2008. Pour terminer, retour au 2-PL avec Fabien TILLIET où nous remportons deux titres de champion du Monde et une 3ème place. En 2012 je décide de raccrocher les pelles et je ne suis jamais remonté en bateau depuis. C’était une décision mûrement réfléchie et assumée car j’avais envie de passer à autre chose. Cologne 1998 - Champion du Monde 2- poids-légers avec Vincetn Montabonel Quels conseils donneriez-vous aux rameurs venant de remporter un grand succès international ? Jusqu’à présent, notre sport a su construire des hommes (dans le sens large du terme) avec une tête bien faite et représentant des valeurs pleines d’humanisme. Je n’ai pas de conseil particulier à donner à part peut-être celui d’en profiter et de le partager. Quand avez-vous pensé à votre après-carrière sportive et comment l’avez-vous organisée ?  J’y avais pensé un peu lors de la reprise de la saison après les JO de 2008, mais n’étant pas encore prêt à arrêter, j’avais tout projeté pour un arrêt en 2012 quoi qu’il se passe. Côté professionnel je n’avais pas trop de souci à me faire car j’occupais déjà un poste chez EDF que je devais prendre à plein temps et côté sportif, j’avais pleins de projets que me tenaient à cœur et que je n’avais pas eu le temps de réaliser pour mon autre passion, la montagne. J’ai donc tout organisé pour me rapprocher des montagnes ce que j’ai pu faire dès 2015. Ramez-vous toujours ? Si non, pratiquez-vous un autre sport ? Non, comme je l’ai dit précédemment, je ne suis pas remonté dans un bateau depuis 2012 et cela ne me manque pas. Je pratique, en plus du vélo, tout sport de montagne comme le trail running, le ski de fond et plus assidûment le ski-alpinisme. Devenu spécialiste du Rail Running Êtes-vous investi dans votre club ? Non, principalement par le fait que j’habite loin de mon club. Et aujourd'hui, que faites-vous de la vie ? (métier, famille, sport...). L'aviron a-t-il influencé votre orientation professionnelle ? Ma vie s’articule toujours autour de la pratique du sport qui est quotidienne. De préférence en extérieur et en montagne. J’ai choisi à l’époque d’intégrer l’entreprise EDF car cela me permettait de continuer le sport et d’avoir un métier, aujourd’hui ce choix me permet en plus d’avoir un métier qui me plait, en lien lui aussi avec la montagne et l’eau (je travaille au Groupement de Maintenance Hydraulique Alpes). Pensez vous que la pratique de l’aviron a développé chez vous des qualités, des compétences ou des comportements particuliers qui seraient indispensables à la réussite ? Quels seraient-ils et comment vous en êtes vous servi après, dans votre vie professionnelle ? La pratique de l’aviron m’a construit c’est certain, d’une part par la confiance en moi que cela m’a permis d’acquérir mais aussi par l’appréhension du relationnel humain qui me sert dans la vie de tous les jours et au travail aussi. Mener de front haut niveau sportif et formation est souvent difficile en aviron. Quels sont les 2 ou 3 conseils que vous donneriez aux jeunes rameurs et rameuses qui, comme vous, ont choisi cette voie ?  Je dirai que le plus difficile c’est de trouver sa voie, de savoir pourquoi on fait tout cela et pourquoi en s’investit autant. Une fois que l’on a répondu à ces questions, on peut tout faire ! Jeux Olympiques de Sidney 2000 - Champion Olympique en 4- poids-légers Racontez une anecdote, une histoire, un entraînement, une course, un fait qui vous a marqué. Une chose qui ne se fait plus maintenant d’après ce que j’en sais, et qui m’avait bien plu à l’époque : le bizutage par les rameurs PL pointe du groupe A. Nous étions regroupés ensemble sur le même lieu de stage à Temple sur Lot et les rameurs du groupe A qui étaient au même nombre que nous les B nous avaient concoctés un programme sympa. Chacun avait un parrain pour la soirée et après un quiz-apéro c’était direction resto en ferme-auberge. Certains comme moi n’ont pas tenu jusqu’au plat principal… Je garde vraiment un très bon souvenir de cette soirée, qui malgré ce que l’on peut en penser, a permis de casser certaines frontières entre le groupe A et B et su créer une belle émulation chez les PL par la suite. Palmarès international de Jean-Christophe Bette  1998 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     1ier 1999 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     4ième 2000 Jeux Olympiques SHPL 4-                          1ier 2001 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     3ième 2001 Championnat du Monde seniors SHPL 8+    1ier 2002 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     6ième  2003 Championnat du Monde seniors SHPL 4-   14ième  2004 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     5ième  2005 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     1ier  2006 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     2ième  2007 Championnat du Monde seniors SHPL 4-     2ième  2008 Jeux Olympiques SHPL 4-                          4ième  2009 Championnat d'Europe seniors SHPL 4-       1ier  2009 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     1ier  2010 Championnat d'Europe seniors SHPL 2-       1ier  2010 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     1ier  2011 Championnat du Monde seniors SHPL 8+    4ième  2012 Championnat du Monde seniors SHPL 2-     3ième (Propos recueillis par Bertrand Vecten)

  • 2014-Un équipage pour la première coupe du monde trans-océanique

    Notre ami Patrick Favre, recordman de France de la traversée de l'Atlantique en double à la rame avec Julien Bahain début 2013 , recherche 12 à 16 personnes pour préparer la première Coupe du Monde Trans Océanique. Pour cela, il organise un week-end de sélection courant octobre pour créer son équipage. LE PROJET Ouvert à tous, hommes et femmes, valides et handicapés, de nationalité indifférente Skipper : Patrick Favre. Le seul skipper au monde à avoir traversé l’Atlantique plus de 3 fois à la voile (2000/2002/2003) et à la rame (2006/2009/2012/2013).  Site Internet : https://www.rameocean.fr. Médias : une société de production américaine Patrick Favre recherche une équipe de 16/20 rameurs pour 2 traversées de l’Atlantique à la rame, en avril 2016 et en novembre 2016. Important : Vous trouverez les éléments dans le document joint ci-dessous pour vous inscrire au week-end de sélection les 11/12 Octobre 2014 et/ou 18/19 octobre 2014 . LE PLANNING :  Week-end de sélection : 11/12 Octobre 2014 et/ou 18/19 octobre 2014Entrainement sur le bateau : Eté 20151ère traversée : Avril 20162ème traversée : Novembre 2016 1ère Coupe du Monde des bateaux à rame océanique d'équipage. Pour en savoir plus, cliquer ici sur le lien ci-dessous ou aller sur www.rameocean.fr (propose une adresse email pour s'inscrire).

  • Exceptionnel, l'AIA distribue 7 bourses en 2021 !

    Pour la 1ère fois, notre comité a eu le plaisir de sélectionner 7 dossiers à financer, ce qui est vraiment exceptionnel . En effet, parce que le nombre d'adhésions et les dons (*) ont progressé de façon importante en 2021 , notre enveloppe de Bourses AIA s'en est trouvée augmentée elle aussi et nous avons pu apporter une aide de 500 € à 7 jeunes rameuses et rameurs en situation sociale/économique difficile pour les accompagner dans leur pratique de l'aviron. Les nouvelles aides de cet été portent à 54 le nombre de rameuses et rameurs soutenus depuis 2005 par l'AIA, ceci pour un montant total de 31.800 €. " En cette période difficile, nous sommes bien conscients de l'utilité d'une telle action qui vise à permettre à de jeunes espoirs de tous niveaux de continuer à pratiquer notre beau sport aux valeurs si fortes ". 10 dossiers nous sont arrivés au 30 juin 2021, dossiers que notre comité a étudiés cet été avec beaucoup d'intérêt. Nous, Rameurs Tricolores, sommes particulièrement fiers de voir des anciens boursiers aujourd'hui sur les plus hautes marches des podiums européens et mondiaux ! Leurs bons résultats ne contredisent pas l'objectif de notre bourse qui s'adresse à tous les niveaux de pratiquants, qu'ils visent à devenir de futurs champions ou pas, pourvu qu'ils répondent aux critères ci-dessous. Le bienfondé que tous les boursiers ont démontré depuis 2005 nous encourage tous à redoubler d'effort pour pérenniser cette action en 2022. Amis anciens rameurs, ou pas, soyez ici remerciés pour vos adhésions et vos dons à notre Association des Internationaux d'Aviron. Les candidats à cette bourse doivent être : âgés de moins de 23 ans, de nationalité française, en situation sociale/économique difficile. Les dossiers de rameurs inscrits sur un pôle espoir sont également recevables. Pour 2022, nous espérons pouvoir renouveler notre Bourse AIA pour aider encore plus de jeunes rameuses et rameurs. (*) Les dons reçus par l'Association des Internationaux d'Aviron peuvent bénéficier d'une déduction fiscale . Cette évolution fiscale aura incité nos donateurs à nous faire confiance et ainsi permis d'augmenter notre enveloppe d'aides. Aussi, faites nous confiance en adhérant ou en faisant un don (cliquer sur ce lien) .

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